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Répertoire erroné ? Stanislas de Barbeyrac aux « Lundis de l'Athénée »

Stanislas de BarbeyracStanislas de Barbeyrac. Photographie © DavGemini.

Paris, 19 février 2018, par Frédéric Norac ——

On dit généralement qu’un chanteur qui sort d'un rôle à du mal à se couler dans une vocalité différente. C’est peut-être ce qui explique l’impression mitigée laissée ce récital de Stanislas de Barbeyrac. Le chanteur était encore la semaine dernière le Chevalier de La Force dans la reprise des Dialogues des Carmélites de Poulenc au Théâtre des Champs-Élysées. Sa belle voix centrale et puissante de ténor lyrique le promet aux grands rôles du répertoire français comme le prouve cet Air de la Fleur de Carmen qu’il donne en second bis, après une Sérénade de Don Juan de Tchaikovsky où il semble avoir retrouvé toute son énergie et la franchise de son émission, et auquel il communique une réelle intensité malgré quelques notes de passage pas encore parfaitement maîtrisées.

Mais que dire de la première partie ! Après une « Adélaïde » où la voix se chauffe, mais laisse entendre des aigus ouverts, sa Bien aimée lointaine de Beethoven (An die Ferne Geliebete) paraît longuette, scolaire et peu variée. Le ténor accroché à sa partition manque de liberté dans l'expression et son  articulation allemande, correcte certes (il est un Tamino respectable), n'a pas la clarté que l'on pourrait souhaiter.

On espère quand arrivent Les Nuits d'été qu'avec le retour à langue maternelle, le miracle va se produire. Mais là encore, outre qu'il lui faut lutter pied à pied avec le souvenir ineffable de versions de référence que tous les amateurs ont dans l'oreille, c'est la complexité et l'étendue des tessitures d'une mélodie à l'autre qui le met à mal. L'aigu piano est sous pression, la voix manque de souplesse et le résultat de poésie.

Heureusement, il y a Poulenc et ses Banalités où soudain le chanteur semble se retrouver chez lui, de plain-pied. Tessiture parfaitement adaptée, expressivité, dynamisme, tout concourt , y compris une fusion totale avec le piano d'Alphonse Cemin (qui jusque-là ne faisait que l'accompagner), pour nous emporter dans cet univers ésotérique de la poésie d'Apollinaire si merveilleusement traduite par Poulenc, dont il restitue parfaitement toutes les nuances, même si, disons-le, le texte n'est pas toujours parfaitement compréhensible.

Les bis peuvent alors s'enchaîner avec un chanteur décontracté, rayonnant, ayant retrouvé sa vraie personnalité, généreuse, terrienne, au timbre coruscant,  jusqu'à cet air des Cloches de Corneville chanté les mains dans les poches et presque « les doigts dans le nez » !

Frédéric Norac
19 février 2018

 

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