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Paris, Théâtre Déjazet, 1er décembre 2018 —— Frédéric Norac.

Quand Molière rencontre Offenbach : L'École des femmes : comédie-ballet lyrique

L'école des femmesL'École des femmes. Photographie © Théâtre Dejazet.

Nicolas Rigas est une personnalité hors du commun. Baryton d’excellent niveau, il est également un comédien accompli, mais aussi, metteur en scène et même directeur de théâtre, en l’occurrence celui du Petit Monde, une institution parisienne qui depuis 1919 fait vivre le théâtre classique dans des spectacles populaires ou destinés à la jeunesse.  Il a eu l’idée de mixer ses deux univers, théâtre et opéra, dans cette production de L’École des femmes en intégrant à la pièce de Molière des airs extraits des Contes d’Hoffmann (ceux d’Olympia et d’Antonia pour Agnès, ceux de Dappettuto pour Arnolphe, sans oublier la barcarolle pour l’ultime rencontre des amoureux) complétés par le vaudeville final du Barbier de Séville, et quelques intermèdes instrumentaux pour rythmer la pièce (violon, violoncelle et flûte). Mais ce n’est pas tout, pour ajouter une note farcesque à l'ensemble, il a confié les rôles de Georgette et d’Alain, les deux serviteurs, à deux étonnants acrobates qui transforment leurs querelles en véritable match de catch et se font subir quelques jolis vols planés. N’allez pas chercher dans cette production une approche intellectuelle de la pièce de Molière. La lecture ici est au premier degré et sans affèterie, parfois même un rien boulevardière, mais l’alexandrin y coule avec naturel tout en gardant au texte - intégral - une parfaite intelligibilité. Les gags parfois un peu appuyés marchent à fond et la modernité de la pièce se défend très bien toute seule, sans avoir besoin d’une dramaturgie sophistiquée. Dans le rôle d’Arnolphe, Nicolas Rigas se démène sans répit et passe d’un registre à un autre, colère, autosatisfaction, désespoir, sans perdre jamais pied. Lui répond la cruelle candeur de l’Agnès d'Antonine Bacquet et la fougue juvénile de l’Horace de Martin Loizillon. Le Chrysalide bonasse a l’air de sortir de la Trilogie de Pagnol. Le tout fait un spectacle enlevé, sympathique et grand public qui prouve que les grands textes classiques peuvent  faire des spectacles faciles d'accès et tout à fait réjouissants.

Représentations jusqu'au 31 décembre 2018.

Frédéric Norac
1er décembre 2018

 

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