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Auditorium du Louvre, 16 novembre –– FrédéricNorac.

Pot-pourri XVIIIe : Rameau et la Nature par l'Ensemble Les Surprises

l'Ensemble Les Surprises au festival d'ambronay 2018.

La nature occupe une place de choix dans l'opéra de la fin du dix-huitième siècle et, surtout, dans l'opéra-ballet. Sans doute faut-il y voir par rapport à l'esthétique du Grand Siècle, le reflet d'un changement de culture et de modes de vie, le signe musical de ce que traduira la pensée d'un Rousseau et que l'émergence des jardins à l'anglaise et de « hameaux » de plaisance, comme celui de Marie-Antoinette à Versailles, concrétiseront dans les dernières décennies du siècle.

Louis Bestion de Camboulas a conçu ce programme autour de l'idée des quatre éléments, de la musique de Rameau et de ses contemporains. Y figurent naturellement des extraits des ballets Les Eléments, celui de Destouches de 1721 et celui plus avancé dans le siècle de Rebel (1737), cités pour évoquer en une sorte de prologue, le chaos originel. Dans un continuum très réussi, à la fois dans son homogénéité et dans sa variété, le programme conçu autour de l'Eau, l'Air, le Feu (réservé à Jean-Philippe Rameau) et la Terre, intègre des pièces des compositeurs déjà cités auxquels se joignent Francoeur, Dauvergne (avec une très belle marche de son Hercule mourant) et se conclue par la Chaconne d'Alcyone de Marin Marais. A dire vrai, l'analogie de ces pièces, dominées en règle générale par les rythmes de danse, avec les Eléments qu'elles sont censées évoquer, ne nous a pas parue évidente mais l'ensemble ne manque pas intrinsèquement de charme et d'originalité et peut s'entendre pour lui-même. En bon lyricomane, on regrette un peu que ces quatre mouvements ne soient pas contrepointés par une intervention vocale qui replacerait les pièces dans la perspective des œuvres lyriques dont elles viennent et dont au fond elles constituent le divertissement.

Reste que l'on admire sans réserve la précision et la virtuosité des instrumentistes de l'Ensemble Les Surprises dans un répertoire qui en demande beaucoup, notamment aux bois et singulièrement aux trois flûtistes, éblouissants dans l'ensemble du programme et notamment dans la scène d'orage de Platée. Mais les cordes ne sont pas en reste, d'autant que la formation en petit effectif les expose particulièrement. D'évidence depuis la recréation d'Issé cet été au festival de Montpellier, l'ensemble s'est affirmé comme un authentique spécialiste de la musique du XVIIIe siècle français avec un sens du rythme, de la couleur et une identité sonore vraiment très séduisante.

Frédéric Norac
16 novembre 2018

 

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