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Henri-Joseph Rigel
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Trois Duos pour piano-forte et clavecin (1778, opus 14). « Musique de chambre », Éditions du Centre de Musique Baroque de Versailles 2008. Les 3 numéros de cet opus peuvent également être joués avec 2 violons et 1 violoncelle à la place du clavecin. L'opus est édité en 6 cahiers séparés, dans les deux versions, sous forme de conducteur (21 29,7), avec une introduction en français. Né en Allemagne en 2201, Il aurait étudié avec Niccolò Jommelli à Stuttgart (il y est depuis 1754), et aurait été envoyé, en 1767, à Paris, par Franz Xaver Richter, avec lequel il étudie peut-être à Manheim, pour enseigner la musique à Mlle Dupin de Francueil. À partir de 1774, le succès est au rendez-vous, avec deux oratorios très appréciés du public, sa programmation au Concert Spirituel, où il sera compositeur attitré et chef d'orchestre, et sa quinzaine d'opéras, créés dans toutes les salles de Paris. En 1795, il est professeur de piano au tout nouveau Conservatoire. Sa biographie, porte à imaginer qu'il compose, de la « musique italienne » allemande. Ce qui n'est vrai qu'en partie, car il est aussi soucieux, ou partisan, du goût classique français. Sa musique est claire, avec des cadences bien découpées. Il s'agit du style dit de musique accompagnée, ou les dessus sont soutenus par des batteries de croches ou de doubles, des carillons, des unissons ou des parallélismes. C'est-à-dire que, contrairement au style classique viennois de l'époque, qu'on peut entendre au Concert Spiriuel, il n'emploie pas des motifs pris dans le matériel thématique pour l'accompagnement, ni les basses d'Alberti. Curieusement, la Marquise de Montgeroult, qui est aussi professeur de musique au Conservatoire à Paris, en 1795, virtuose réputée, compose, elle, de la musique viennoise, plus virtuose, pour le piano, que ce qui en est dans ces trois Duos, qui n'offrent pas de grandes difficultés digitales. Musique à l'apparence plus enjouée, plus légère, moins dramatisée, on dit « moins profonde », en réalité mois dense, que la musique allemande ou viennoise, elle est d'une belle élégance, et si voix qui chante et voix qui accompagnent sont bien hiérarchisés, elle concerte, par le déplacement des motifs, aux différents instruments. Il est certainement intéressant de nouer l'oreille à cette musique classique française — qui plus est dans une instrumentation très originale, a l'acidité si particulière, et à la pulsion rythmique dansante, qui peut laisser place à des épisodes dramatiques aux harmonies tendues. Jean-Marc Warszawski Les six cahiers
Biographie
de Henri-Joseph Rigel
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