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 Le Concert Spirituel

Un concert spirituel, est un concert de musique sacrée, en relation avec une fête religieuse. Mais c'est aussi le nom d'une entreprise de concerts publics parisiens, la première du genre, qui a œuvré de 1725 à 1790.

Le Concert Spirituel n'apparaît pas spontanément dans le paysage musical parisien du xviiie siècle, animé par une activité de concerts privés et à souscription, dans les grands salons, comme ceux de l'ambassadeur d'Angleterre, du duc d'Aumont, du prince de Conti, d'Antoine Crozat, à partir desquels Madame de Prie1 fonde le Concert Italien en 1724 (60 abonnés payant 400 livres annuellement), installé au Louvre, puis aux Tuileries à partir de 1726, avec deux concerts à souscription par semaine. Mais le Concert Spiritule va les éclipser.

À Paris, l'Académie royale de Musique (l'Opéra) détient le privilège de théâtre de musique, mais doit fermer environ 35 jours pas an, en raison du calendrier liturgique.

Anne Danican Philidor (1681-1728), hautboïste à la Chapelle royale, obtient de pouvoir organiser des concerts publics payants, les jours pendant lesquels, l'Académie royale doit fermer ses portes.

Ce palliatif aux journées chômées et sans entrées d'argent, va devenir une importante institution musicale. Le Concert spirituel, est confiné, aux termes des premiers règlements, à des concerts de musique spirituelle, particulièrement les motets à grand chœur, sur des textes latins. Mais les différentes directions qui se succèdent pendant soixante-cinq ans, font reculer les restrictions, et inscrivent 456 compositeurs et 1253 œuvres aux programmes de l'institution. Si le grand motet français est à l'honneur, le Concert Spirituel est aussi un tremplin exceptionnel pour de nombreux compositeurs et virtuoses, français et étrangers, et pour la constitution d'une tradition publique.

Le Concert Spirituel est domicilié à la Salle des Cent-Suisses, dans le pavillon central du château des Tuileries. C'est une grande salle de 19 mètres de long sur 17 de large, et de 9 mètres de hauteur de plafond. Elle est réaménagée et décorée pour accueillir les concerts. Une estrade pour accueillir le chœur est installée, ainsi qu'un orgue. Une soixantaine de musiciens et choristes peuvent prendre place.

Le Concert Spirituel est inauguré le 17 mars 1725, avec un concerto de Noël d'Arcangelo Corelli (1653-1713), et deux motets de Michel Richard Delalande (1657-1726).

On y emploie les musiciens et les chanteurs de l'Académie royale : les solistes de l'Opéra, comme la soprano Marie Antier (1687-1747), la créatrice, en 1733, du rôle de Phèdre dans Hippolyte et Aricie de Jean-Philippe Rameau, et Catherine Lemaure, à l'Académie depuis 1723, y participent dès les premières années, puis l'organiste et soprano Marie Fel (1713-1794) qui débute à l'Opéra en 1734, dans le rôle de Vénus dans  Philomèle de La Coste, le ténor Pierre Jélyotte (1713-1787),  Joseph Legros (1739-1793), également ténor, qui débute à l'Opéra en 1764, les sopranos Sophie Arnould (1740-1802) et Rosalie Levasseur (1749-1826). Les artistes italiens également, dès 1726 : la basse Giovanni Battista Palmerini, qui fait une grande carrière vers les années 1720, puis la castrat Domenico Annibali (1705-1779) ou la soprano Maria Monza, dont le père dirige le célèbre théâtre d'opéra du Gänsemarkt, à Hambourg.

À la fin de l'année 1727, alors que Philidor s'apprête à passer son privilège à Jean-Joseph Mouret 2, Michel de Lanny et Pierre Simard, qui investissent leurs fonds propres, la musique profane apparaît aux programmes.

En 1734, l'Académie royale prend directement le contrôle du Concert Spirituel.

En 1748, la direction revient à Joseph Nicolas Pancrace Royer 3 et le violoniste Gabriel Capperan, un nouvel orgue est installé. On privilégie, comme au tout début, la musique religieuse des grands compositeurs français et étrangers.

En 1751, l'orchestre se compose de 16 violons, 2 altos, 6 violoncelles, 2 contrebasses, 5 flûtes et hautbois, 3 bassons, 1 trompette, timbales, orgue, et 45 choristes. Plus tard, deux cors sont adjoints à l'orchestre.

On y entend des œuvres de Jean-Philippe Rameau, Michel Richard Delalande, Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville. Le Stabat Mater de Giovanni Battista Pergolesi  (1710-1736), en 1753, et le castrat Caffarelli (1710-1783), le 5 novembre 1753. En 1755, Mondoville, est directeur adjoint et chef d'orchestre. Il règne en maître sur le Concert Spirituel. Claude Balbastre (1724-1799) popularise les concertos d'orgue.

En 1761, la direction est à Antoine Dauvergne4, le violoniste Gabriel Capperan et Nicolas- René Joliveau.

En 1771, à la ville de Paris prend en charge le Concert Spirituel, réduit le nombre des séances, puis la direction est assurée par Antoine Dauvergne et Pierre Montan-Berton.

À partir de 1773, à Pierre Gaviniès, Simon Le Duc et François-Joseph Gossec, accentuent la programmation de compositeurs étrangers. Leur orchestre se compose de 24 violons, 4 altos, 12 violoncelles, 4 contrebasses, 2 flûtes, 3 hautbois, 2 clarinettes, 4 bassons, 2 cors, 2 trompettes, timbales et quarante-sept choristes

En 1777, le directeur est le haute-contre Joseph Legros. Mozart crée sa 31e symphonie, dite « Parisienne », le 18 juin 1778, la même année, le ténor Anton Raaff apparaît dans 9 concerts.

Après un dernier concert aux Cent-Suisses, le 13 avril 1784, avec la symphonie des « Adieux » de Haydn, le Concert Spirituel est déplacé Salle des Machines, qu'il doit partager à partir de 1788 avec le Théâtre Italien de Monsieur.

Suite à l'installation du roi aux Tuileries, le Concert Sprituel est hébergé en 1789, à la Salle Favart, puis au Théâtre de la Porte-St-Martin. Le dernier concert est donné le 11 mars 1790. La fin du système des privilèges, provoque la création de nombreux théâtres à Paris.

b                        a                     

Le château des Tuileries. La Salle des Cent-Suisse est au premier
étage, au centre du pavillon central.  Le théâtre de la salle des
Machines (a),  occupe le rez-de-chaussée et le premier étage
du pavillon du Théâtre, à la gauche du pavillon central (b).
(Vue depuis le Jardin des Tuileries)

Biblliographie / liens

  • Pardoen Mylène, Le Concert Spirituel. Dans « La Musique Française au XVIIIe siècle », département de musicologie, Université Lyon 2 - Lumière, 2000-2002 (accédé le 1er mars 2009)
  • Constant Pierre, Histoire du Concert Spirituel (1725-1790). Heugel ; Société française de Musicologie, Paris 2000 (2e édition)
  • Brenet Michel, Les Concerts en France sous l'Ancien Régime. Fischbacher, Paris 1900 ; Da Capo Press, New York 1970

Notes

1. Jeanne Agnès Berthelot de Pléneuf, marquise de Prie (1698-1727).

2. Jean-Joseph Mouret (1682-1738), compositeur, Surintendant de la musique à la cour de Sceaux.

3. Joseph Nicolas Pancrace Royer (1705-1755), compositeur, maître de musique des enfans de France avec Jean-Baptiste Matho (1663-1746).

4. Antoine Dauvergne (1713-1797), compositeur, plusieurs fois directeur associé, ou directereur général de l'Académie royale à partir de 1766.

 

Jean-Marc Warszawski
1er mars 2009

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