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Sibelius Jean [Janne]
Johan Christian Julius
1865-1957

 

 

Né à Hämeenlinna (Tavastehus en suédois), le 8 décembre 1865 ; mort à Järvenpää, le 20 septembre 1957.

Son lieu de naissance, Hämeenlinna, Tavastehus, en suédois, est une petite garnison, à une centaine de kilomètres au nord d'Helsinki. La Finlande est depuis 1809, un duché gouverné par la Russie, et on y parle essentiellement suédois, comme dans la famille de Jean Sibelius.

Son père Christian Gustav est chirurgien militaire et médecin de la ville. Sibelius a une sœur, Linda (1863-1932) et un frère, Christian (1869-1922).

En 1868, le père, Christian Gustav décède du Typhus. Les enfants passent alors les étés chez leur grand-mère et leur tante, Evelina Sibelius, à Loviisa, sur la côte sud. La sœur d'Evelina, Julia lui donne ses premières leçons de piano, vers 1870. Mais il aura surtout le soutien de son oncle Pehr, semencier à Turku (Åbo), lui-même violoniste amateur.

En 1876, il quitte l'école suédoise, à l'ouverture d'une école où l'on enseigne en finnois.

Il commence de réelles études musicales en 1881, en prenant des cours de violon avec Gustaf Levander, le chef de la musique militaire. Il jouera par la suite dans un quatuor à cordes à Hämeenlinna, ou en trio avec sa sœur Linda (piano) et son frère Christian (violoncelle).

En 1882, un traité d'harmonie que lui offre sa tante Evelina, le conduit vers la composition. On conserve un trio en trois mouvements et un menuet en fa majeur (les dates antérieures de compositions sont douteuses). Il écrit (25 août 1883) à son oncle que cela doit être mauvais, mais que c'est une bonne occupation les jours de pluie. Il signale, en 1884, qu'il a acquis le traité de composition, Lehrbuch der musikalischen Komposition, de Johann Christian Lobe (1797-1881) [Beitkopf und Härtel 1867]


« Valse Triste »; Deutsche Kammerphilharmonie Bremen sous la direction de Paavo Järvi. Minato Mirai, Yokohama, le 26 mai 2006

Après avoir composé de la musique de chambre dans le style classique viennois, puis des pièces pour piano, et en 1885, un quatuor à cordes en mi majeur, il quitte Hämeenlinna, en septembre, avec l'aide de son oncle Pehr, il s'inscrit en droit à l'Université d'Helsinki, et entre, au tout nouvel Institut de Martin Wegelius pour la musique, comme violoniste.

Entre 1885 et 1889, il  y suit les cours de Mitrofan Vasiliev et d'Hermann Csillag. À l'automne 1887, il suit des cours d'harmonie, et des cours privés de composition avec Martin Wegelius (1846-1906), lui-même ancien élève de Carl Reinecke (1824-1910) à Leipzig, et admirateur de Wagner et de Liszt.

En mai 1889, son quatuor à cordes en la mineur est créé au Conservatoire. L'œuvre est saluée par l'influent critique (de langue suédoise) et compositeur Karl Flodin (1856-1925), qui considère Sibelius comme le fer de lance de la musique finlandaise. Au même moment sa romance « Sérédande », est publiée -dans une anthologie du célèbre poète finno-suédois Johan Runeberg (1804-1877)


« Finlandia » Evergreen Symphony Orchestra sous la direction de  Lim Kek-tjiang

Il se lie d'amitié avec Ferruccio Busoni (1866-1924), qui viens d'être nommé professeur de piano à l'Institut, et avec le pianiste et écrivain Adolf Paul (1863-1943), le compositeur Armas Järnefelt (1869-1958) et son frère Eero (1863-1937) le peintre, ils forment une petite société, les « Leskovites », du nom du chien de Busoni, « Lesko ». Il fait la connaissance de la jeune sœur des Järnefelt, Aino (1871-1969).

Eero Järnefelt, « Sous le joug » (Raatajat rahanalaiset) 1893

Après avoir passé ses diplômes au Conservatoire, avec l'aide de Martin Wegelius, il est doté pour étudier une année en Allemagne. Il est à Berlin, de septembre 1889 à fin juin 1890, où il prend des cours privés avec Albert Becker (1834-1899). Il apprécie la vie berlinoise, tombe dans des excès d'alcool et se heurte à des difficultés tant financières que de santé.

Au début de 1890, après avoir été à Leipzig avec Adolf Paul et Ferruccio Busoni, qui y a créé une de ses compositions, il se remet à la composition, avec le Quintette en sol mineur avec piano, dont les premier et troisième mouvements (sur cinq), sont donnés à Heslinki par l'entremise de Busoni.

Mécontent de son séjour berlinois, Sibelius retourne en Finlande et achève son quatuor à cordes en si majeur, et un adagio en mineur pour les mêmes instruments.

D'octobre 1890 à début juin 1891, il est à Vienne, de nouveau grâce à une bourse d'État, et étudie en privé avec Karl ( Károly ) Goldmark (1830-1915), et avec Robert Fuchs (1847-1927) au Conservatoire.

En février et mars 1891, il crée son Ouverture en mi majeur, et une Valse comme une scène de ballet.

C'est à Vienne qu'il se tourne plus franchement vers la langue et la culture finlandaises. Peut-être pour plaire à Aino Järnefelt dont il est amoureux. Il découvre le « Kalevala », la saga fleuve mise en forme selon des textes traditionnels recueillis par Elias Lönnrot, et publiés dans sa forme définitive en 1849. Sibélius est enthousiaste et pense que ces écrits sont d'un grand modernisme. En avril 1891, il commence la composition de Kullervo, inspiré de sa lecture du « Kalevala ». « Toutes mes pensées sont inspirées par le Kalevala », écrit-il à Aino.

Il entend, en décembre 1891, à Porvoo (Borgå), chez Adolf Neovius, collecteur de chants populaires, la chanteuse Larin Paraske (1833-1904), connue pour sa vaste mémoire et l'authenticité de ses chants.

Larin Paraske. Albert Edelfelt, 1893

Larin Paraske (1833-1904) 

Le 28 avril 1892, Kullervo est créé à Helsinki avec succès.

Après son mariage avec Aino, il se rend an Carélie, pour y relever des mélodies populaires.

À partir de l'automne 1892, il enseigne la théorie et le violon au Conservatoire de musique d'Helsinki, et à l'École de l'Orchestre philharmonique de Robert Kajanus (1856-1933). Sa fille Eva naît en 1893.

Robert Kajanus (1856-1933)

En été 1894, année de naissance de sa seconde fille, Ruth, il visite Beyreuth (puis Innsbruck et Venise), il est momentanément sous l'influence de la musique de Wagner. Mais le 19 août 1894, il se déclare plus proche des poèmes symphoniques de Liszt que de la musique de Wagner, et se met à l'étude de la symphonie Faust de Liszt.

Au printemps, il est à Berlin avec Aino, et visite Busoni au cours de vacances à Venise en 1897. En novembre 1897, le Sénat finlandais vote l'attribution d'une rente annuelle pour dix ans de 3000 marks (finlandais) à Sibelius, en tant qu'artiste national. Cette rente a été régulièrement renouvelée jusqu'à la mort du compositeur.

À l'automne 1896, il se présente à un concours pour un poste à L'Université d'Helsinki, avec le musicologue Ilmari Krohn (1867-1960), et Robert Kajanus, qui obtient le poste. Sibélius y prononce son manifeste musical, sur l'influence de la musique folklorique sur l'art musical. Question qui le préoccupait, surtout depuis la publication,en 1895, d'une sélection de chants populaires finlandais par A. A. Borenius-Lähteenkorva.

Sa fille Kirsti, née en 1898, meurt deux années plus tard. En février 1898, la musique de scène pour « Kung Kristian II » (Rois Christian II », d'Adolf Paul, a un grand succès, et joue un rôle important dans la carrière de Sibelius. Cette musique est immédiatement publiée en Finlande par K. F. Wasnius, elle intéresse aussi le grand éditeur de Leipzig, Breitkopf und Härtel, qui en acquiert les droits, lors du séjour de Sibelius en Allemagne en juin 1898. Ainsi, dès février 1899, l'œuvre est jouée (quatre mouvements sur sept) à Leipzig, mais y reçoit une mauvaise critique. Sibelius confie à Busoni qu'il regrette d'apparaître en Allemegne comme un compositeur de salon, alors qu'il a de plus hautes ambitions.

La reconnaissance internationale prend corps à partir de juillet 1900, quand Sibelius, et Robert Kajanus, à la tête de l'Orchestre philharmonique d'Helsinki, entreprennent une tournée à travers l'Europe du Nord, qui les mène en Norvège, en Suède, à Lübeck, Hamburg et Berlin, aux Pays-Bas, et à Paris, notamment au pavillon finlandais de l'exposition universelle. La tournée est un succès. Sibélius exprime sa confiance dans ses lettres à Aino, mais sombre dans les excès d'alcool.

Il compose à cette époque, les œuvres qui seront le plus jouées, publiées sous les numéros d'opus 26, 27 et 38.

En 1905, il rompt avec son éditeur finlandais, et signe avec l'éditeur de Berlin Robert Lienau. En novembre de la même année, Sibélius se rend pour la première fois en Grande-Bretagne, où il dirige sa première symphonie et  Finlandia.

En octobre 1907, Gustav Mahler est à Helsinki. Il ne connaît pas grand-chose de l'œuvre de Sibelius. Ce dernier lui fait remarquer que la forme symphonique est austère, et a une profonde logique pour relier tous les motifs entre eux. Ce à quoi Mahler lui fait la célèbre réponse, que non, la symphonie doit être comme le monde, elle doit embrasser toute chose.

L'année 1907, ouvre une période de dettes, à cause du jeu, et d'alcoolisme, dont on connaît ce qu'il en écrit dans le journal intime qu'il commence en 1919. Il pense que son intoxication est nécessaire à se créativité. Sa fille Margareta naît en 1908, Heidi en 1911.

Ayant une tumeur à la gorge, il craint avoir le cancer, consulte des spécialistes à Helsinki et Berlin, et subit plusieurs opérations. Il se résout à ne plus boire et ne plus fumer, ce qu'il tient jusqu'en 1915.

En 1912, il décline l'offre d'un poste de professeur de composition au Conservatoire impérial de musique de Vienne.

Au début de l'année 1914, il se rend à Berlin, après une année d'isolement en Finlande, se frotte de nouveau au monde musical cosmopolite, et cherche des voies pour sa propre musique.

Il note dans son journal aux dates des 4 et 9 février, que la musique de Schönberg était « un moyen légitime et valable de regarder les choses ... mais elle est certainement pénible à écouter ... Il m'a donné beaucoup à réfléchir. Il m'intéresse beaucoup ».

En mai et juin 1914, suite à une invitation d'Horatio Parker, il est aux États-Unis. Il y est accueilli comme une célébrité, à New York, à Boston, il rencontre d'importants acteurs de la vie musicale, comme Walter Damrosch, George Chadwick, crée des Oceanides, est reçu docteur honoris causa à Yale.

Aino Sibelius et sa fille Katarina à «Ainola », vers 1910-1920

En 1925, son soixantième anniversaire est une fête nationale. Robert Kajanus (1856-1933) créé la septième symphonie en 1927.

Tapiola, commandé par  la Symphony Society de New York, est sa dernière œuvre importante. Après bien des hésitations et repentis,  l'œuvre est créée le 26 décembre 1926, à New York, sous la direction de Walter Damrosch (1862-1950).

Sa Huitième symphonie n'avance guère, même s'il dit avoir des idées et qu'elle sera bientôt prête à imprimer. Il fait un court séjour à Berlin. En 1933 il envoie un fascicule de 23 pages à son copiste, probablement le premier mouvement, en lui annonçant que sept autres cahiers suivront. Ils n'ont jamais été envoyés.

Au début des années 1930, Serge Koussevitzky (1874-1951) et Downes s'étonnent de la longue attente de cette 8e symphonie. Elle est au programme du Boston Symphony Orchestra depuis plusieurs années. Ce sujet devient tabou. Aino a confié à Erik Tawaststjerna que, dans le milieu des années 1940, Sibelius a brûlé de nombreuses partitions contenues dans un panier à linge, dans le poële de la salle à manger. Peut-être les matériaux pour la huitième symphonie, en plusieurs versions

Dans les années 1950, la grande popularité des musiques de Sibelius dans le monde, provoque aussi des polémiques : les « Glosses über Sibelius » de Theodor Adorno (1903-1969), qualifient son œuvre de produit de marketing, vulgaire, et réactionnaire.

René Leibowitz (1913-1972), dans un pamphlet « Sibelius », sur les mêmes positions, écrit que « Sibelius est le plus mauvais compositeur du monde ».

Son œuvre leur apparaît comme archaïque, mais aussi est-elle rapprochée des idées fascistes (mais aussi Heideggeriennes) « de la terre et du sang  ». Cela n'est pas sans rapport avec la complicité que la Finlande entretient avec le régime nazi, et le soutien du compositeur dans un appel à l'Associated Press, le 12 juillet 1941. Dans son journal intime, il note en 1943, son opposition à des aspects du régime nazi, notamment aux lois raciales.

Catalogue des œuvvres (choix)

  • 1891-1901, op. 9, En saga, pour orchestre symphonique
  • 1893, op. 5, Six Impromptus pour piano [Impromptu en sol mineur]
  • 1892, op. 7, Kullervo, pour orchestre symphonique
  • 1893, op/ 12, Sonate en fa majeur pour piano
  • 1893, op. 14, Rakastava (L'Amant), suite pour cordes et percussions
  • 1893, op. 22, Lemminkäinen, suite pour orchestre symphonique
  • 1893; op. 11, Karelia, suite pour orchestre symphonique
  • 1895; op. 1 n° 4, En etsi valtaa loistoa, chant de noël populaire
  • 1899, op. 26, Finlandia, pour orchestre symphonique
  • 1899, op. 39, Symphonie n° 1 en mi mineur
  • 1895-1903, opus 24, 10 pièces pour piano [1. Impromptu ; 2 Romans ; 3. Caprice ; 4. Romance en ré mineur ; 5. Valse ; 6. Idyll 1899-1904 ; 7. Andantino, 1899-1900 ; 8. Nocturno ; 9. Romanze en ré bémol majeur ; 10 Barcarola]
  • 1904, op. 41, Kyllikki, 3 pièces lyriques pur le piano
  • 1902, op. 43, Symphonie n° 2 en ré majeur
  • 1903, op. 44, Musique pour Kuolema (La Mort), pièce de Arvid Järnefeld [Valse triste, version piano ; Partie d'alto]
  • 1903-1905, op. 47, Concerto pour violon en ré mineur [conducteur]
  • 1906, op. 52, Symphonie n° 3 en ut majeur
  • 1908, op. 55, Chevauchée nocturne et lever de soleil,  pour orchestre symphonique
  • 1911, op. 64, Symphonie n° 4 en la mineur
  • 1912, op. 67, Trois sonatines pour piano, dédicacées à Martha Tornell
  • 1912-1913, op. 69, Deux sérénades pour violon et orchestre, ré majeur et sol mineur
  • 1913, op. 70, Luonnotar (Fille de la nature),  pour orchestre symphonique
  • 1914, op. 73, Les Océanides, pour orchestre symphonique
  • 1915-1919, op. 82, Symphonie n° 5 en mi bémol majeur
  • 1917, op. 87, Humoresques n° 1 (ré mineur) et 2 (ré majeur), pour violon et orchestre
  • 1917, op. 89, Humoresques 3 (sol mineur), 4 (sol mineur), 5 (mi majeur), 6 (sol mineur), pour violon et orchestre
  • 1917, op. 91a, Jääkärin marssi (La marche du bataillon chasseur), piano et chœur d'hommes
  • 1919, op. 56, Quatuor à cordes en ré mineur, « Voces intimae »
  • 1923, op. 104, Symphonie n° 6 en ré mineur
  • 1924, op. 105, Symphonie n° 7 en ut majeur
  • 1925-1926, op. 112, Tapiola, poème symphonique

Bibliographie

  • Vignal Marc (1933-), Jean Sibelius. Fayard, Paris 2004 [1177 p.]
  • Tawaststjerna Erik (1916-1993), Jean Sibelius (en finnois) [5 v.]. Otava, Helsinki 1965-1988
  • Sibelius Jean (1865-1957), Jean Sibelius : the Hämeenlinna letters : scenes from a musical life, 1875-1895 (Avec introduction et notes de Glenda Dawn Goss).  Schildts, Ebso vers 1997 [finnois et anglais]
  • Servière Antonin (1977-....), L'oeuvre symphonique de Jean Sibelius (1865-1957) : essai de caractérisation stylistique (thèse sous la directiun de Jean-Pierre Bartoli). Université Paris-Sorbonne 2008

 

Jean-Marc Warszawszki
2002
Révision 12 novembre 2009

 

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ISSN 2269-9910

Références / musicologie.org 2014

Mardi 16 Août, 2016 15:44