musicologie

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Szymanowska Maria Agata
née Wolowska

1789-1831

Née à Varsovie 14 décembre 1789, morte à Saint-Pétersbourg le 25 juillet 1831.

Nocturne

Née Marianna Agata Wołowska, elle est issue d'une famille juive (mouvement « frankiste » de Jakob Franck) convertie au catholicisme en 1770. Son père, Franciszek Wołowski (1759 ?-1839) tient une brasserie prospère. Sa mère est Barbara Lanckorońska (1768 ?-1835). Ils auront dix enfants. La famille aisée, vivant à l'angle des rues Grzybowska et Waliców, à Varsovie, aime recevoir les artistes dont les compositeurs Józef Elsner (1769-1854) qui sera le professeur de Chopin, Karol Kurpiński (1785-1857), Franciszek Lessel (1780-1838).

Maria Szymanowska reçoit des leçons de polonais, de français, de géographie, de maintien, d'étiquette, et de piano peut-être dès l'âge de huit ans. Ses professeurs dont on ne sait rien de plus que les noms sont Antoni Lisowski et Tomasz Grem dont on conserve un Andante z wariacjami (Andante avec variations) en sol majeur pour clavecin, publié en 1803.

Dès les années 1805-1806, elle est active dans les milieux musicaux de Varsovie.

En 1810, elle séjourne à Paris, où elle fait impression dans les salons et sur Chérubini qui lui dédicace sa Fantaisie en ut.

La même année, le 21 juin, elle se marie avec un propriétaire terrien, Teofil Józef Szymanowski (qui a également des racines familiales frankistes). Leurs jumeaux Helena et Romuald naissent en 1811, Celina naît en 1812. Maria Szymanowska passe les étés dans leurs terres à Otwock et les hivers à Varsovie.

Son mari et sa belle famille sont opposés à ce qu'elle entreprenne une carrière de de pianiste-compositrice. Il est très mal vu qu'une femme de bonne famille se donne en spectacle. Malgré cela elle se produit dans des concerts de charité, d'amateurs, mais aussi publics, et surtout compose l'essentiel de son œuvre. Son album montre qu'elle est très active dans le milieu musical avec les hommages de Mocheles, Salieri, Lessel, Franz Xaver Mozart, etc.

En août 1815 elle joue au palais des Radziwiłł à Nieborów, et donne un premier concert à Vienne avant de se produire en Europe où elle devient célébre. Elle est à Dresden en juillet 1817, à Vienne et Londres de juin à août 1818.

Ses concerts son organisés par ses frères Karol et Stanisław qui font office de producteurs, et elle est accompagnée pour les questions pratiques, mais aussi de bienséance, comme pour sa première tournée en France, par deux de ses sœurs et l'un de ses frères.

De mai à juin 1820 elle est à Saint-Pétersbourg, en juillet à Berlin, les éditeurs de Leipzig, Breitkopf & Härtel éditent ses œuvres. La même année, elle se sépare de son mari en gardant ses enfants auprès d'elle..

En 1822 après une série de concerts publics en Russie, à Saint-Pétersbourg et à Moscou, elle est gratifiés du titre de première pianiste à la cour de l'impératrice de Russie. Titre qui lui servira grandement au cours de sa courte carrière. En juin, elle rencontre John Field à la cour.

Au début de l'année 1823, elle est à Kiev, Tulczyn, Żytomierz, Doubno, Kremenets, Lviv ( Lwów), Varsovie.

De juin à août, à Berlin, Potsdam, Leipzig, Marienbad, Karlsbad, Dresden, Weimar, Pillnitz, Braunschweig, Poznań...

Elle rencontre Goethe à Marienbad en août 1823, en septembre à Karlstadt, du 24 octobre au 5 novembre à Weimar. Le 27 octobre, elle donne un concert dans la maison de Goethe (pendant 14 jours, ma maison a été le rendez-vous de tous les amis de la musique, écrit Goethe à Sulpiz Boisserée le 12 décembre 1823).

Selon les récits de ses amis, particulièrement celui de Friedrich von Müller qui décrit le départ du 5 novembre 1823, Maria Szymanowska a fait une grande impression sur Goethe qui lui dédie son poème Aussöhnung.

En 1824, elle est à Hanover, Kassel, Frankfurt, de février à avril, à Paris et Abbeville, et jusqu'en juillet à Londres, puis de nouveau en France à Boulogne, Abbeville et Paris (des journaux comme la Gazette de France, le Journal des Débats, La Pandore, The Harmonicon (Londres), l'Allgemeine musicalische Zeitung surtout, témoignent de son passage). Elle continue sa tournée en Suisse, à Genève, puis en Italie, à Milan, Parme, Florence, Rome, Naples, Venise où elle rencontre le prince et compositeur Michał Kleofas Ogiński.

En 1825 elle est de nouveau en Angleterre, en France, aux Pays-Bas.

En 1826 elle est en Angleterre, en France, puis revient à Varsovie avec un piano anglais.

Elle décide de se fixer définitivement à Saint-Pétersbourg et donne des concerts d'adieu à Varsovie et à Vilno.

Elle fait encore une courte tournée de Riga à Saint-Pétersbourg, et revient à Varsovie pour organiser son départ.

Elle rencontre le poète et activiste Adam Mickiewicz, avec lequel sa fille cadette, Celina, se marie le 22 juillet 1834, ils auront six enfants.

Célina Szymanowsla Mickiewicz en compagnie de ses ses filles Maria et Helena Zofia, vers 1850.

En janvier 1828 elle se produit à Kiev, Varsovie, Moscou, Saint-Pétersbourg.

Elle se fixe définitivement à Saint-Pétersbourg en 1828 ou elle enseigne. Elle loue un appartement au no 15 de la rue Italienne (Italyanskaya, non loin du palais Michailowski.

Maris Szymanowska est atteinte du choléra lors d'une épidémie et meurt le 25 juillet 1831.

Helena mariée à un certain Malewski, décède en 1861, elle laisse un Album tenu de 1827 à 1837 et de 1851 à 1858, Romuald devenu ingénieur meurt à peint trentenaire. Celina meurt le 5 mars 1855, son mari, Adam Mickiewicz, est emporté par le choléra le 22 novembre suivant.

Son style et son language sont « romantiques », bien que ses compositions fassent régulièrement écho à des manières classiques dans la circulation de motifs, la dramatisation, l'écriture en imitation, et un chromatisme restreint dans les parties internes. Le style adopté et développé par Chopin est déjà largement déployé. A son répertoire de virtuose, outre ses propres oeuvres, elle jouait J. N. Hummel, J. Field, F. Ries, A. Klengel, J. Dussek et Mozart.

Dans un lettre écrite à  Ottilie von Goethe depuis Marienbad le 18 août1823, Goethe écrit :

Madame Szymanowska, ein weiblicher Hummel mit der leichten polnischen Facilität, hat mir diese letzten Tage höchst erfreulich gemacht; hinter der polnischen Liebenswürdigkeit stand das größte Talent gleichsam nur als Folie oder, wenn du willst, umgekehrt. Das Talent würde einen erdrücken, wenn es ihre Anmuth nicht verzeilich machte.

Madame Szymanowska, un Hummel féminin avec cette légère facilité polonaise, m'a fait ces derniers jours un immense plaisir ; derrière l'amabilité polonaise se tient le plus grand des talents qui n'est que folie, ou si tu veux, l'inverse. Talent qui en accablerait plus d'un si elle n'usait de son charme comme d'une excuse.

Goethe en 1828, huile de Joseph Karl Stiele.

Le 19 août il écrit en français à Maria Szymanowska :

Malheureusement, Madame, étant condanné à partir demain il ne me reste que de soigner mes lèvres informes que je déteste de tout mon coeur. Je me vois à grand regret privé de l'aimable societé qui me preparoit une si belle soirèe, et je serois tout à fait inconsolable si je ne me repetois toujours en prose ce que j'ai osé dire en Verse, y joignant l'espérance de me réjouir bientot à Weimar du plus beau talent et de la plus intéressante societé qu'on puisse imaginer.

Adieu donc, Madame, gardés moi Votre précieux Souvenir.

Le 24 août 1923, il écrit a Carl Friedrich Zelter depuis Eger :

Nun aber doch das eigentlich Wunderbarste! Die ungeheure Gewalt der Musik auf mich in diesen Tagen! Die Stimme der Milder, das Klangreiche der  Szymanowska, ja sogar die öffentlichen musikalichen Exhibitionen des hiesigen Jägercorps falten mich aus einander, wie man eine geballte Faust freundlich flach läßt.

Goethe, Briefe, Tagebücher, Gespräche. Vgl. Goethe-WA-IV, t. 37, p. 191

Maintenant et encore, véritablement le plus merveilleux ! L'énorme force de la musique sur moi ces derniers jours ! La voix de Milder, la plénitude sonore de Szymanowska, comme aussi l'exhibition publique du corps des chasseurs du coin me font me déplier de moi-même, comme on ouvre amicalement un poing serré.

Maria Szymanowska, par Walenty Wankowicz.

et à August von Goethe

Nur ist noch eine gewisse Reizbarkeit übrig geblieben, die ich erst bey'm Anhören der Musik gewahr geworden; ohne die Frauen Milder und Szymanowska wär ich nie dazu gekommen.

Goethe: Briefe, Tagebücher, Gespräche. Vgl. Goethe-WA-IV, t.. 37, p. 19

Il n' y a plus qu'un reste d'une certaine sensibilité qui s'est la première fois éveillée à l'écoute de la musique; Sans les dames Milder et Szymanowska je ne serais jamais parvenu à cela

Le 8 septembre dans une lettre à Christoph Ludwig Friedrich Schultz, il évoque

l'incroyable talent de Szymanowska qu'on ne peut exprimer avec des mots. Il évoque de nouveau la pianiste dans une lettre du 31 octobre à  Christian Gottfried Daniel Nees von Esenbeck.

De Weimar, le 5 novembre1823 à Christoph Ludwig Friedrich Schultz

Nur mit der schönsten talentreichsten Frau ein paar Worte des freundlichsten Grußes. Madame Szymanowska, aus Warschau, Pianospielerin über alle Begriffe, anmuthig über allen Preis, überreicht Gegenwärtiges. Behandeln Sie solche mit menschlich häuslichem Vertrauen, das ist, was sie bedarf; dafür bringt sie viel mit, wohin sie sich auch wendet. Ihr Brieflein ist angekommen. Nächstens manches in Erwiderung.

Goethe, Briefe, Tagebücher, Gespräche. Vgl. Goethe-WA-IV, t. 37, p. 259-260

Seulement pour saluer le plus amicalement de quelques mots la plus jolie et talentueuse des femmes. Madame Szymanowska de Varsovie, pianiste au-dessus de tout ce qu'on peut imaginer, charmante au dessus de tout ce que peut estimer, comble le moment. Qu'on la traite avec une confiance humaine et accueillante, comme elle le mérite ; elle apporte en retour beaucoup où qu'elle soit. Sa lettre est arrivée. Au plus tôt, beaucoup de choses en réponse.

Goethe, Poème de 1823, publié en 1827

Catalogue des oeuvres

Bibliographie

Discographie

Maria SzymanowskaMaria Szimanowka, Intégrale de l'œuvre pour piano (3 cédés). Acte préalable 2013 (AP 081-83). Lire une présentaiton détaillée.

 

 

 

 

Maria Szymanowska, Ballades et romances. Elisabeth Zapolska (mezzo- soprano), Bart van Oort (pianoforte). Actes Péalable 2012 (AP 0260).

Lire une présentation détaillée

 

 

 

Maria Szymanowska

Album
Carole Carniel, piano (Pleyel 1846)
Ligia Digital Lidi 0103135-04, 2004

 Compte-rendu d'écoute

1. Nocturne en si bemol majeur (Moderato) - 2. Prélude n° 1  (Vivace) - 3. Prélude n° 4 (Agitato) - 4. Prélude n° 3  (Moderato) - 5. Polonaise en si mineur (Risoluto) - 6.  Caprice sur la romance de Joconde (Et l'on revient toujours) - 7. Menuet n° 1 en la mineur (Allegretto) - 8. Prélude n° 15 (Vivace) - 9. Prélude n° 9 (Moderato) - 10. Prélude n° 16 (Grazioso) - 11. Prélude n° 10 (Commodo) - 12. Valse n°  I en mi bémol majeur (Non troppo vivo) - 13. Valse n° III en fa majeur (Vivace. leggiero) - 14. Valse n°  II en la majeur (Moderato) - 15. Prélude n° 18 (Presto) - 16. Prélude n° 13 (Scherzo) - 17. Prélude n° 19 (Con spirito) - 18. Polonaise en fu mineur (Allegro moderato) - 19. Anglaise en la bémol majeur (Non troppo vivo) - 20. Anglaise en mi bémol majeur (Non troppo vivo) - 21. Contredanse en la bémol majeur - 22. Mazurka n° II en fa majeur (Con anima) - 23. Mazurka n° I en ut majeur (Vivo) - 24. Mazurka n° VIII en ré majeur (Risoluto) - 25. Mazurka n° XVII en ut majeur (Animato) - 26. Menuet n° V en mi majeur (Allegro) - 27. Le Murmure, Nocturne (Allegretto) - 28. Karol Kurpinski : [Molto agitato] - 29.  Johann Baptist Cramer, La Tranquilité (Moderato assai) - 30. Friedrich Kalkbrenner, Les Adieux (Agitato ma non troppo Allegro) - 31. George Onslow,  Andante

Jean-Marc Warszawski
2004
Ajout discographie 20 octobre 2013
Révision du texte 3 avril 2014

 

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ISSN 2269-9910

Références / musicologie.org 2016

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Mercredi 17 Août, 2016 4:37