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Rameau Jean-Philippe (1683-1764) : II - L'œuvre théorique - les écrits

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On connaît trop la polémique qui opposa les défenseurs de la musique française contre ceux qui en tenaient pour la musique italienne. Polémique qui pourrait être symbolisée par le différent Jean-Jacques Rousseau contre Jean-Philippe Rameau. Mais les armes sont inégales. Rameau est loin d'avoir la puissance conceptuelle de Rousseau, mais il est musicien. Il y a dans cette querelle un aspect philosophique, un aspect musicalement technique et un aspect scientifique (acoustique).

Du point de vue philosophique et scientifique, les critiques de Rousseau sont pertinentes. Mais du point de vue musical, c'est Rameau qui donne à la théorie de l'harmonie ses fondements modernes même s'ils sont scientifiquement discutables. En effet, en se fondant sur la résonance naturelle (après les travaux de Sauveur), Rameau justifie les degrés forts de la tonalité en théorisant la place du quatrième degré comme sous-dominante, par symétrie à la dominante (quinte au-dessous de la tonique). Or, ce quatrième degré est une résonance très éloignée dans la série des harmoniques naturelles. Pour Rameau, en fait, la résonance se développe vers l'aigu et vers le grave. On n'entend pas la vibration sympathique des graves, mais si on observe les cordes, on peut la percevoir.

Rameau reconnaît le principe de la proportion harmonique : Mais ce principe n'existe qu'à la faveur des différents sons qu'on y distingue dans la résonance d'un corps sonore et ceux-ci n'existent qu'à travers le son de la totalité de ce même corps...

Nous nous trouvons donc avec le schéma déjà classique des fractions, avec comme unité le nombre de vibrations de la fondamentale, et, au dénominateur, le nombre de vibrations que font dans un même temps les harmoniques. Il détermine ainsi la série des aliquotes, ou progression harmonique, dans l'ordre de la propagation

1, 1/2, 1/3, 1/4, 1/5, 1/6, 1/7, 1/8, 1/9, 1/10, 1/11, etc.

Dans cette série, 1/2 est l'octave de la fondamentale, 1/4 la double octave, 1/8 la triple octave etc. 1/3 sa double quinte, 1/6 triple quinte etc. 1/5 la tierce triple etc

Il privilégie les 4e, 5e, et 6e termes : 1/4, 1/5, 1/6, soit fondamentale (redoublée), tierce, quinte, qui sont les trois degrés de l'accord parfait. Il en déduit cette loi : Tout fondamental est accompagné de ses deux harmoniques: tierce et quinte, et de seuls ces deux-là, l'oreille ne percevant pas au-delà .

À cette série des aliquotes, il opposes une autre série doublement symétrique, celle des alicantes, dite arithmétique :

.. 9 8 7 6 5 4 3 2 1 etc.

Il justifie ainsi cette série : Une corde fait sonner ses aliquotes mais agite également le voisinage qui est capable des mêmes vibrations mais ces vibrations ne sont pas assez fortes pour parvenir à l'oreille. Il ne remet pas en cause le nombre de sons divisant l'octave. Les tons sont pour lui la relation d'une consonance à une autre consonance. Le ton est donc dissonant. Il le déduit des consonances. Mais ils n'ont pas le même rapport : de quarte à quinte, ton majeur ; de quinte à sixte, ton mineur ; de tierce majeure à quarte, demi ton majeur ; de tierce mineure à majeure, demi ton mineur. Il résume sa pensée: On entend l'harmonique, on sous entend la géométrique, on y voit arithmétique. Il trace ce schéma fondamental:

Deux générations qui se communiquent par le principe. On reconnaît trois types d'arbitraires :

  1. Provisoire. On ne sait toujours pas pourquoi trois tons qui se suivent sont déplaisants à l'oreille, pourquoi deux octaves, deux quartes qui se suivent sont défectueuses
  2. Un arbitraire tout court, qui consiste à continuer la progression des tierces, côté aliquote comme côté alicante pour obtenir des septièmes.

  3. Le jugement de l'oreille. On ne discerne pas les quarts de ton.

Génération harmonique (1737)

La musique n'est pour le commun des hommes qu'un art destiné à l'amusement, et dont il n'appartient qu'au goût d'enfanter et de juger les productions. Pour Vous elle est une science fondée sur des principes et qui, en enseignant à flatter l'oreille, fournit à la Raison de quoi s'exercer... Beaucoup de musiciens, mêmes de ceux qui se sont servis le plus heureusement des moyens que peut leur fournir leur art dans les cas déjà cités, les ont employés sans les connaître..

Observations sur notre instinct

La base de la musique est l'harmonie. Elle seule remue les passions. La mélodie ne tire sa force que de cette source. ..Et quant aux différences du grave à l'aigu, etc. qui ne sont que des modifications superficielles de la mélodie, elles n'y ajoutent pour lors presque rien, comme on le démontre dans le cours de cet ouvrage par des exemples frappants, où le principe se vérifie par notre instinct et cet instinct par son principe, c'est à dire où la cause se vérifie par l'effet qu'on éprouve, et cet effet par sa cause.. L'objet dominant de la musique française est le sentiment. La musique n'imite pas les bruits et les mouvements. Le sentiment n'a point de mouvement déterminé.. Expression du physique dans la mesure et le mouvement. Pathétique dans l'harmonie et inflexions...

Oeuvres théoriques

L'ensemble de l'œuvre théorique de Rameau (y compris ses lettres et fragments manuscrits) est édité pour la plus grande part en fac-similés par l'American Institute of Musicology, dir. Erwin Reuben Jacobi, New York 1967 [6 v.]

Chez Broude Brothers, New York: Erreurs sur la musique dans l'Encyclopédie. 1969 ; Démonstration du principe de l'harmonie. 1971 ; Génération harmonique. 1971 ; Nouveau Système de musique théorique. 1971 ; Nouvelles réflexions de M. Rameau sur sa démonstration du principe de l'harmonie. 1975 ; Observations sur notre instinct pour la musique et sur son principe 1975 ; Code de musique pratique. 1977 ; Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels. 1965 & Klincksieck, Paris 1986 ; Treatise on Harmony [trad. en anglais par Philip Gossett, New York, Dover 1971

Musique raisonnée. Textes choisis, présentés et commentés par Catherine Kintzler et Jean-Claude Malgoire. Paris, Stock v. 1980.

 

Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels ; divisé en quatre livres. Livre I: du rapport des raisons et proportions harmoniques. Livre II: de la nature et de la propriété des accords et de tout ce qui peut servir à rendre une musique parfaite. Livre III: principes de composition. Livre IV: principes d'accompagnement. Par Monsieur Rameau.

Nouveau système de musique théorique, où l'on découvre le principe de toutes les règles nécessaires à la pratique, pour servir d'introduction au traité de l'harmonie ; par Monsieur Rameau.

Dissertation sur les différentes méthodes d'accompagnement pour le clavecin ou pour l'orgue ; avec le plan d'une nouvelle métode établie sur une méchanique des doigts, que fournit la succession fondamentale de l'harmonie: et à l'aide de laquelle on peut devenir sçavant compositeur, et habile accompagnateur, même sans sçavoir lire la musique [...] par Monsieur Rameau.

Génération harmonique, ou traité de musique théorique et pratique. Par M. Rameau.

Démonstration du principe de l'harmonie, servant de base à tout l'art musical théorique et pratique. Approuvée par Messieurs de l''Académie royale des sciences [...] Par Monsieur Rameau.

Nouvelles réflexions de M. Rameau sur sa démonstration du principe de l'harmonie, servant de base à tout l'art musical théorique et pratique.

Extrait d'une réponse de M. Rameau à M. Euler sur l'identité des octave d'où résultent des vérités d'autant plus curieuses qu'elles n'ont pas encore été soupçonnées.

Observations sur notre instinct pour la musique et sur son principe où les moyens de reconnoitre l'un par l'autre conduisent à pouvoir se rendre raison avec certitude des différens effets de cet art. Par Monsieur Ramau.

Erreurs sur la musique dans l'Encyclopédie [-Suite]

Prospectus où l'on propose au public, par voye de souscription, un Code de musique-pratique, composé de sept méthodes, par M. Rameau.

Réponse de M. Rameau à MM. les éditeurs de l'Encyclopédie sur leur dernier avertissent.

Code de musique pratique, ou méthodes pour apprendre la musique, même à des aveugles, pour former la voix et l'oreille, pour la position de la main avec une méchanique des doigts sur le clavecin et l'orgue, pour l'accompagnement sur tous les instrumens qui en sont susceptibles, et pour le prélude: avec de nouvelles réflexions sur le principe sonore. Par M. Rameau.

Lettre à M. d'Alembert sur ses opinions en musique, insérées dans les articles « Fondamental » et « Gamme » de l'Encyclopédie.

 

Réponse de Monsieur Rameau à la lettre de Monsieur d'Alembert, qu'on vient de lire.

Lettre de Monsieur Rameau aux Philosophes.

Origine des sciences, suivie d'une controverse sur le même sujet.

 

 Jean-Marc Warszawski
Dictionnaire des écrits relatifs à la musique
Novembre 1995-17 novembre 2004
3 avril 2019

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Mercredi 3 Avril, 2019