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Alexandre Tansman
24 Intermezzi
Petite Suite

 

Alexandre Tansman, 24 Intermezzi, Petite Suite, Valse-Impromptu.
Éliane Reyes, Piano.
NAXOS, 2010 (8.572266)

Alexandre Tansman, 24 Intermezzi, Petite Suite, Valse-Impromptue. Eliane Reyes, Piano. NAXOS, 2010 (8.572266) – Premiers enregistrements mondiaux (sauf plage 32) – Enregistré à Liège en décembre 2009 et février 2010

24 Intermezzi (1939-1940) : 1-6. Book I ; 7-12. Book II  ; 13-18. Book III  ; 19-24. Book IV  — Petite Suite (1917-1919) : 25. Vision ; 26. Berceuse ; 27. Méditation ; 28. Petite chanson polonaise ; 29. Plainte orientale ; 30. Caprice — 32. Valse-Impromptu (1940).

Né en Pologne dans une famille aisée en 1897, Alexandre Tansman reçoit une éducation raffinée. Après des études musicales à Łódź, sa ville natale, puis à Varsovie, il présente en 1919 plusieurs œuvres, sous des noms différents, au Concours national de musique de Pologne. Il rafle le premier prix, le second, et un  prix spécial.

Malgré cela, la critique d'alors juge sa musique trop avant-gardiste. Il gagne Paris en 1920. L'intérêt et la sympathie que lui portent Igor Stravinski et Maurice Ravel, ne seront pas sans effet, sur son style et ses choix. Il reste en France, et le succès international est immédiat.

Sauf que l'invasion allemande et la politique raciste du gouvernement français le poussent à s'exiler à Los Angeles. Son succès ne se dément pas, comme la plupart de ses confrères en exil, il se met aussi à la musique de film.

Lorsque qu'il revient en France en 1946, son heure de gloire est passée, une nouvelle avant-garde, comme ce fut le cas après l'immense carnage de la Première Guerre mondiale, fait la table rase d'après les heures sombres, y compris la modernité d'avant-guerre, déjà saccagée et tue par le nazisme.

On ne va pas parler d'oubli injuste ou de réparation. Le lit de justice n'a rien à voir dans les affaires de goût et de mode : il n'y a pas de droit à plaire. Mais c'est un bonheur de renouer l'oreille avec cette première (et fondatrice) avant-garde d'entre les deux guerres, qui puise ses envies dans la toute fin du XIXe siècle, qui au lieu de tourner le dos aux anciens, les affronte dans le texte, dont la démonstration n'oblitère pas l'expression.

C'est aussi pour l'oreille musicale d'aujourd'hui, un terrain relativement vierge : ce CD est le premier enregistrement au monde des 24 intermezzi et de la Petite Suite, succession de pièces de genre, aux atmosphères variées et contrastées, où concertent, pour l'écoute contemporaine, l'ancien et le nouveau. On prendra également la mesure de la virtuosité d'écriture qui semble sans effort, évidente et assurée d'Alexandre Tansman.

Ces dernières années les musiciens ont atteint, massivement, un niveau technique et virtuose extraordinaire. Comme le remarque Bernard Haitink, dans un récent entretien avec Christian Merlin, cela a malheureusement conduit à faire disparaître les personnalités, à standardiser le son et le jeu. C'est peut-être encore plus vrai pour les grands orchestres et certains interprètes, attachés à la surenchère technique et virtuose, qui est certainement un asservissement à la dictature médiatique.

Mais depuis peu, il semble que l'attrait pour les spectacles « sons et lumière », « standind ovation » qui met la larme à l'œil de la caméra, « CD-choc du mois », laisse de la place, à une envie de poésie, à une proximité d'auditoire, et dans le fond, à une maîtrise plus musicale (moins médiatiquement) de la virtuosité. Preuve par Éliane Reyes, encore jeune pianiste belge au parcours et aux réalisations impressionnants, qui récite du bout des doigts avec goût et conviction, les poésies en notes d'Alexandre Tansman.

Biographie d'Alexandre Tansman
Le site d'Éliane Reyes

Jean-Marc Warszawski
27 janvier 2011


Références / musicologie.org 2010