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Jean-Marc Warszawski, 2005

Le Quintette de cuivres : aspects historiques et actualités

 

STRELETSKI GÉRARD, Le Quintette de cuivres : aspects historiques et actualités (Concours de  musique de chambre de Lyon 2005 )Éditions Symétrie,Lyon 2006 [146 p. ; ISBN 2-914373-10-4 ; 30 €].

La seconde édition du Concours international de musique de chambre de Lyon a été, après le trio avec piano  en 2004, consacré au quintette de cuivres.

Les organisateurs, comme pour la première édition, ont eu l'heureuse idée de convoquer la réflexion musicologique pour nourrir le contenu d'un livre. La coordination a été confiée à Gérard Streletski, chef d'orchestre et Directeur du département de musicologie de l'Université Lumière de Lyon.

Par le sous-titre « aspects historiques et actualités », il faut entendre « problématiques ».

En effet  les auteurs n'ont pas cherché à collectionner des faits et des dates relatifs au sujet pour en faire cette espèce de muséographie chronologique qu'on baptise histoire de la musique. Ils ont posé et croisé des problèmes, et au bout de leur peine produit un livre heureux, intéressant, demandant une certaine attention à la lecture, mais qui est tout à fait abordable par un large public relativement motivé.

Un ensemble de cinq instrumentistes, en la circonstance, deux trompettes, un cor, un trombone et un tuba, est assez anecdotique. Pourtant, loin d'être évidente, il y a dans la possibilité d'une telle réunion, beaucoup de volontés et dimagination humaines tissées dans divers mouvements de société.

On nous rappelle comment les premiers livres notés de musique instrumentale au XVIe siècle témoignent de l'émancipation par rapport à la musique chantée ; du fait que les personnes de qualité exemplarisent leur distinction par la pratique d'un instrument ;  de comment la tradition orale des joueurs d'instruments à vent, les « hauts ménestrels » a rencontré la culture savante des lecteurs de musique. Mais encore, comment la musique de chambre a été identitaire pour l'aristocratie en réaction, après la Révolution Française.

Il y a la question essentielle de la lutherie. Pour des raisons mécaniques, mais peut-être aussi idéologiques, celle-ci a été en retard sur les exigences du développement musical.

Ces exigences sont pour un instrument, d'être d'une part parfaitement chromatique, juste dans toutes ses notes, avec un timbre stable et cohérent sur une étendue correcte. D'autre part de pouvoir être apparié dans une famille homogène de timbres pour jouer toutes les notes l'étendue musicale, comme les cordes.

Mais un violon c'est quatre instruments en un (quatre cordes accordées dans des tons différents). Un instrument de cuivre c'est un seul tuyau. Longtemps, les joueurs de cuivres on dû posséder plusieurs instruments dans plusieurs tonalités et, avec des emboîtement de tubes, il ont eu la possibilité de raccourcir ou de rallonger la colonne d'air de leur instrument, selon les besoins.

On comprend comment, dans la première moitié du XIXe siècle, un corniste virtuose comme Pierre-Joseph Meifred, protégé par le duc de La Rochefoucault, s'attache à améliorer la facture de son instrument à partir du système des pistons inventés par Stölzel.

Alors que les cuivres sont encore des instruments instables, Jean Bellon, violoniste de son état, inventeur d'une sourdine pour le violon et le violoncelle en 1832, compose 12 quintettes pour instruments de cuivres, qui ont un certain succès. Il est difficile de cerner les motivations de Jean Bellon, dont les propos, au sujet des instruments en cuivre se croisent avec ceux de Berlioz.

Berlioz, tenait Jean Bellon pour le spécialiste de l'instrumentation des cuivres. Ce qui n'est pas rien de la part du maître de l'orchestration, dont les chapitre sur les cuivres dans « Le Grand traité d'instrumentation » sont d'un grand intérêt dans la mesure où sont évoqués conjointement les problèmes techniques et esthétiques.

La notice sur le quintette de cuivres « Odyssée » qui fête cette année vingt ans d'existence, est d'une certaine manière le témoignage d'un aboutissement, puisque toute les questions essentielles du XIXe siècle semblent avoir disparu des préoccupations de l'ensemble. Par contre, il est clair que les ensembles de cuivres n'ont pas acquit l'engouement (les fantasmes aussi) dévolu aux ensembles de cordes. Ce sujet qui court en filigrane tout au long du livre, est à lui seul une grande question, qui relève peut-être plus des représentations symboliques que strictement de la musique.

Goethe relate comment après avoir été séduit par Maria Szymanowska et sa musique de piano, il a pris goût à aller écouter la musique militaire de la garnison...

Jean-Marc Warszawski
2005


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