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Eugène Ysaÿe
Six sonates pour violon
Divertimento opus 24

Eugène Ysaÿe, Richard Pieta

 

Eugène Ysaÿe, Six sonates pour violon seul ; Divertimento opus 24. Richard Pieta (violon), Patrick Dheur (piano). Collection de Festival International Albert Roussel, Azur Classical 2012 (AZC 068).

Dates d'enregistrement inconnues.

Eugène Ysaÿe (1858-1931) est une légende de la virtuosité violoniste inscrite dans la mémoire collective. Il était également un compositeur, qui mettait, bien sûr, son instrument à l'honneur.

En 1923, il entend son collègue de violon, Joseph Szigeti, interpréter les Six sonates et partitas pour violon seul de Johann-Sebastian Bach (BWV 1001-1006).

Cela le motive pour composer un cycle de même nature, dont chacun des numéros est composé pour un virtuose de son époque, en tenant compte théoriquement de leur technique, mais étant pratiquement de l'Ysaÿe soi-même.

Ysaÿe adopte les mêmes modes que le cycle de Bach, 4 pièces en mineur et les deux dernières en majeur, les mêmes tonalités pour la première (sol mineur) et la dernière (mi majeur). Mais là où Bach a choisi ses tonalités selon une série de quintes à partir du do, Ysaÿe donne à ses pièces (2, 3, 4, 5,) les tonalités des cordes à vide du violon. Comme chez Bach, le cycle d'Ysaÿe comporte trois sonates en quatre (ou trois) mouvements, et trois autres en un ou deux mouvements (en quelque sorte les trois sonates et les trois partitas).

On remarque que les quatre mouvements de la première sonate sont une réplique conforme du plan adopté par Bach, avec un second mouvement fugato, qui serait typique des sonates d'églises ou du stile anticoon lira sur cette question, mais aussi sur les sources d'inspiration et la datation, l'étude de Ricardo Lopes Garcia sur la sonate BWV 1005.

La première sonate est naturellement composée pour le hongrois Joseph Szigeti. La seconde est composée pour Jacques Thibaud, le français qui fut son élève, on y entend de magnifiques variations sur le Dies Irae, et des citations du prélude à la partita en mi majeur de Bach. La troisième, dédiée au roumain Georges Enesco est une ballade sur un rythme espagnol de habanera. La quatrième, une suite, est pour Fritz Kreisler. La cinquième est dédiée à son partenaire de quatuor, Mathieu Crickboom, et la sixième à Manuel Quiroga, qui fut le seul à ne pas avoir créé la pièce qui lui était offerte, pour des raisons de santé.

Ces pièces, au moins en extraits, sont régulièrement jouées. Gidon Kremer est le premier à avoir enregistré l'intégrale des six sonates en 1976.

Le Divertimento opus 24 — sous-titré « Fantaisie », pour violon et orchestre (avec une réduction piano), dédicacé à son fils Gabriel a été composé en 1921. Il est en trois mouvements : Molto moderato, Allegretto poco scherzando, Vivace non troppo/Piú animato.

Très bel exercice de style redoutable de virtuosité, mais une virtuosité intégrée à la musicalité — de l'excessif sans excès —, ce programme à instrument seul, est en fin de compte d'une grande variété, et contre toute attente, cet enregistrement ne nuit pas à la présence humaine, indispensable dans ce genre de récital extrêmement physique.

Richard Pieta a étudié au Conservatoire royal de Liège. En 1964, il obtient le Prix Doutrelon de Try. À partir de 1969, il est premier violon solo de l'Orchestre philharmonique de Liège, tout en étant professeur au Conservatoire royal de Liège et à la Chapelle musicale Reine Élisabeth.

Patrisk Dheur, pianiste et compositeur a effectué ses études au Conservatoire royal de Liège et au Peabody Conservatory sous la direction de Leon Fleisher. Il est lauréat du Prix Karol Szymanowski. Il fait une carrière internationale et compte une vingtaine d'enregistrements à son actif.


« Les Furies »,
dernier mouvement de la 2e sonate
Plage 8

 

Six sonates pour violon seul, opus 24

    1-4. sonate n° 1 en sol mineur, Grave, Fugato, Allegretto poco scherzoso, Finale con brio, dédiée à Joseph Szigeti

    5-8. sonate n° 2, en la mineur, Prélude (Obsessione, Poco vivace), Malinconia (Poco lento), Sarabande (danse sans ombre, lento), Les Furies (Allegro furioso), dédiée à Jacques Thibaud

    9. sonate n° 3, en re mineur, Ballade, Lento molto sostenuto), dédiée à Georges Enesco

    10-12. sonate n° 4, en mi mineur, Allemande (Lento maestoso), Sarabande (quasi lento), Finale (Presto ma non troppo), dédiée à Fritz Kreisler

    12-14. sonate n° 5, en sol majeur, L'Aurore (Lento assai) ; Danse rustique (Allegro Gracioso molto moderato), dédiée Mathieu Crickboom

    15. sonate n° 6, en mi majeur, Allegro giusto non troppo, dédiée à Manuel Quiroga (1924)

16. Divertimento, pour violon et pîano, opus 24, Molto moderato, Allegretto poco scherzando, Vivace non troppo/Piú animato

 

Jean-Marc Warszawski
23 mars 2012


Références / musicologie.org 2012

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