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Par les tendres soirs de lune
Mario Hacquard, baryton
Claude Collet, piano

 
Par les tendres soirs de lune.
Mario Hacquard (baryton), Claude Collet (piano).
Mélodies de Valentin Neuville, Germaine Tailleferre, Henri Tomasi.
Disque Polymnie, 2008.

Il y a dix ans, Mario Hacquard et Claude Collet enregistraient des « Mélodies françaises oubliées » (disque Aliénor AL 1075). On y trouvait des mélodies de Valentin Neuville (1863-1941), Martial Caillebotte (1853-1910), Alfred Bruneau (1857-1934), le musicien d'Émile Zola, Louis Durey (1888-1979), le discret des « Six », Henri Tomasi (1760-1971), Jean Hubeau (1917-1992).

Avec ce disque, ils remettent cette idée sur le métier. On y retrouve d'ailleurs les « Proses des mortes » de Valentin Neuville sur des poèmes d'Eugène Vial, et les « Chants laotiens » d'Henri Tomasi sur des poèmes de Louis Laloy et Joseph Trillat.

Mais entre les deux prennent place une vingtaine de mélodies de Germaine Tailleferre (1892-1983). Si on compte bien, ce disque commémore le 25e anniversaire de la disparition, en 1983, de la « Dame des Six ».

Mario Hacquard a été très lié à Germaine Tailleferre. Son père, directeur de l'École alsacienne à Paris, en offrant une place d'accompagnatrice au piano dans son établissement, aida la déjà vieille artiste, dans le besoin, qui bénéficia ainsi de droits sociaux. Puis, il créa l'association « Germaine Tailleferre », pour promouvoir (jusqu'en 2003), avec succès, son œuvre. Germaine Tailleferre dédia plusieurs de ses œuvres à Mario Hacquard, qu'ils interprétèrent ensemble. Aux obsèques de la compositrice, Mario Hacquard chanta le « Requiem » de Gabriel Fauré, une des œuvres préférées de la disparue.

Ce sont de très belles mélodies, tour à tour tendres, ironiques, tristes, espiègles. On a dit que la musique de Germaine Tailleferre manquait de profondeur (elle l'a dit aussi). Je pense plutôt qu'il y a un côté efficace, populaire, une projection vers la public. On sera touché par la belle élégance et la modernité mélodique de la Romance du prisonnier, sur un texte de Denise Centore, la librettiste des pastiches d'opéras comiques que Germaine Tailleferre composa pour la Radio nationale, de même pour le Chant chinois. La magnifique mise en musique de la Chasse à l'enfant, le célèbre poème de Prévert, ou les 34 secondes, étonnantes, de la  pancarte pour une porte d'entrée, du cycle du même nom, sur des poèmes de Robert Pinget. Tout cela a beaucoup de charme.

Valentin Neuville, plus qu'oublié, est quasiment inconnu. Né en Belgique, son père est facteur d'orgues. Neuville obtient ses Prix au Conservatoire de Bruxelles (orgue, contrepoint, orchestration), et fait une carrière d'organiste à Lyon, où il rencontre Eugène Vial qui est conservateur de musée. Ses mélodies, assez nostalgiques, sous tension dramatique, sont imprégnées de romantisme, d'échos debussystes. Elles peuvent être traversées ici et là de courtes ritournelles plus légères, dans le ton de l'époque. Il y beaucoup d'élégance et de charme sombre.

Henri Tomasi n'est pas un inconnu, loin de là. Mais, certainement en raison de ses engagements politiques, notamment contre le colonialisme, a été mis sous une chape de plomb, dès sa mort en 1971. Il est un compositeur très attaché  au monde méditerranéen. Ses « Chants laotiens » sont bien des mélodies françaises, même si, de temps à autre, le piano donne de la gamme pentatonique, ou que la mélodie cadence en tierce mineure descendante, évoquant ainsi la musique asiatique.

Mario Hacquard a chanté l'opéra, de Cimarosa à Aperghis, sur les scènes du monde entier. Il a enregistré une trentaine de disques, souvent accompagné par la pianiste Claude Collet.

Le site de Mario Hacquard : http://hacquard.onlc.fr/
Le site des disques Polymnie : http://www.polymnie.net/

Jean-Marc Warszawski
 29 février 2008

Valentin Neuville : Proses des mortes (Eugène Vial) : 1. Les Oiseaux ; 2. Les Parfums ; 3. Comme l'eau ; 4. Les Mains ; 5. Le Cartel ; 6. Mandolines ; 7. Le Cimetière. Germaine Tailleferre :  8. Romance du prisonnier (Denise Centore) ; 9. Chant chinois (Anonyme) ; 10. L'Adieu du cavalier (Apollinaire) ; 11. Chasse à l'enfant (Prévert) ; Paris sentimental (Marthe Lacloche) : 12. Roman aux Batignolles ; 13. Péniche à Billancourt ; 14. Sortie d'école sur la Butte ; 15. Solitaire des Acacias ; 16. Neige sur le parc Monceau ; Pancarte pour une porte d'entrée (Robert Pinget) ; 17. Les Chapeaux ; 18. Désinvolture ; 19. L'Oiseau des îles ; 20. Cours ; 21. L'Émeraude ; 22. Sainte nitouche ; 23. Partage ; 24. L'Insecte ; 25. Hirondelles ; 26. Le Serpent ; 27. Pancarte pour une porte d'entrée. Henri Tomasi :  Chants laotiens (Louis Laloy et Joseph Trillat) : 28. En Forêt ; 29. Le Rendez-vous ; 30. Les Haleurs du Mékong ; 31. Les Filles ; 32. Le Joueur de Khène

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