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Zender Hans
1936-2019

Né à Wiesbaden 22 novembre 1936, mort à Meersburg, 23 octobre 2019.

Compositeur et chef d'orchestre, pédagogue.

De 1956 à 1963 il suit les cours aux Conservatoires (Musikhochschulen) de Francfort et de Freiburg. Il obtient ses diplômes de composition sous la direction de Wolfgang Fortne, de piano et de direction d'orchestre.

Il fait ses premières expériences de la scène au Théâtre municipal de Freibourg.

En 1963-1964 il fait un premier séjour comme boursier à la Villa Massino de Rome, puis jusqu'en 1968 il est chef d'orchestre principal à l'Opéra de Bonn.

Il fait un second séjour à la villa Massino de 1968 à 1969, puis jusqu'en 1972 il directeur général de la musique de la ville de Kiel. En 1971-1984 il est chef d'orchestre principal de l'Orchestre symphonique de la radio de Saarbruck et de 1984 à 1987, directeur général de la musique de la ville de Hambourg et de son Opéra national.. Il est en 1985 membre de L'Académie libre des arts de Hambourg.

Hans Zender, Canto II (Tratto dal Canto XXXIX d'Ezra Pound), pour soprano, chœur et orchestre (1969), Halina Lukomska (soprano), Chor und Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks,j sous la diorection de Hans Zender.

De 1987 à 1990, il est la chef principal du l'Orchestre de chambre de la radio des Pays-Bas et principal chef invité à l'Opéra national de la Monnaie à Bruxelles.

Il enseigne la composition de 1988 à 2000 au Conservatoire (Musikhochschule) de Francfort. Il est nommé membre de l'Académie des arts de Berlin en 1989, en 1994 de l'Académie bavaroise des beaux-arts à Munich, reçoit en 1997 le Prix Goethe de la ville de Francfort..

En 1999, il est invité d'honneur à la Villa Massino à Rome. A partir de la même année il est invité permanent et membre de la direction artistique de l'Orchestre Symphonique de Baden-Baden et de Freibourg de la Süd West Rundfunck.

Hans Zender, Franz Schubert, Winterreise, « Gute Nacht », pour ténor et orchestre (1993), Hans Peter Blochwitz (ténor), Ensemble Modern, sous la direction de Hans Zender.

 

Hans Zender, Hölderlin lesen I ( An die Madona), pour quatuor à cordes et voix récitante ad libitium, (1979), Salome Kammer, Arditti String Quartet (1999).

En 2002 il reçoit le Prix de la culture de la ville de Hessen. En 2005, il est associé à l'Institut des sciences de Berlin.

Il a participé aux festivals de Bayreuth, Salzbourg, Berlin et Vienne.

Catalogue des oeuvres

Écrits

Bibliographie

Documents

Bardo, concerto pour violoncelle et orchestre, Créé Winterthur Suisse), le 30 septembre 2000. [Dossier de l'Orchestre nationale de Lyon, février 2004]

Compositeur, chef d'orchestre et pédagogue, Hanz Zender est l'auteur de plusieurs oeuvres éprises de spiritualité, dont la série des Cantos (1965/74), d'après La Bible, Héraclite, Ezra Pound et Cervantes. Fasciné par l'art et les philosophies de l'Extrême-Orient, le compositeur demeure influencé par l'aphorisme, le haïku. Un conte médiéval japonais lui a inspiré Muji no kyo (Chant de la non-écriture), pour baryton, quatre instruments solos et ensemble (1975) ; un texte du moine Ikkyu, Fûrin no kyo (Chant de la cloche éolienne) pour soprano, clarinette et ensemble (1989) ; ou encore Shakespeare, Music to hear (Musique à entendre), pour soprano, deux flûtes et ensemble (1998). Le temps qui s'écoule, la mémoire qui s'efface et la question du souvenir agitent son oeuvre jusqu'à en déterminer la forme ; ainsi, dans Dialogue avec Haydn (1982), un thème familier emprunté au compositeur classique devient le prétexte d'une partition basée sur le collage et la superposition des styles, sans pour autant faire ressurgir un monde « authentique », celui du passé... Dans cet esprit, le compositeur orchestre en 1991 cinq des vingt-quatre Préludes de Debussy et conçoit Winterreise, une « interprétation composée du Voyage d'hiver de Schubert pour ténor et orchestre », en 1993. Ce « nouveau » Voyage d'hiver obtient un tel succès, que huit ans plus tard, le Ballet de Hambourg en propose une version chorégraphiée par John Neumeier, dans des décors et costumes de Y. Kokkos. En 2000, la création de Bardo, concerto pour violoncelle et orchestre, rassemble plusieurs thèmes chers au compositeur. On y retrouve l'influence des musiques traditionnelles extrême-orientales, non pas tant par l'utilisation de gammes « exotiques » que par une recherche sur le grain sonore, le plein et le délié de l'instrument soliste, le violoncelle, en dialogue avec le percussionniste de l'orchestre, quasiment le deuxième soliste de ce concerto. Le soliste utilise un archet particulier, surdimensionné, emprunté aux instruments du Baroque, obtenant ainsi une sonorité plus ample qu'avec un archet moderne, le « grain » sonore des cordes devenant plus riche, plus « gras ». Par ailleurs, le compositeur élargit sa palette, grâce à la présence de deux pianos, dont l'un accordé en quart de tons. Comme chez les grandes figures du passé —Charles Ives, Olivier Messiaen et Giacinto Scelsi — dont Hans Zender, comme chef d'orchestre, demeure l'interprète privilégié, l'exploration du timbre de l'instrument renforce une certaine proximité, voire une intimité, avec les propriétés acoustiques et physiques émanant de la matière sonore. Cette dimension, à la fois palpable et surnaturelle, se trouve renforcée par le titre même de la partition : Bardo, une référence liée directement au bouddhisme. Bardo Thôdol, ou Livre tibétain des morts, peut se traduire ainsi : Bardo signifie « intervalle » ou « passage », Thô veut dire « entendre » et Dol « libération ». Il s'agit, dans le bouddhisme tibétain d'assister le mourant dans son passage dans l'au-delà. Le texte est lu à son chevet, afin qu'il maintienne son esprit dans la clarté au moment de la séparation du corps, à la manière « d'un soleil que n'obscurcit aucun nuage ». Il est ainsi dit dans le Livre : « Lorsque les symptômes de la mort sont sur le point d'être tous réalisés, vous [le lama qui assiste le mourant] l'exhortez à atteindre la disposition de l'esprit d'Éveil. Chuchotant doucement à son oreille, vous lui dites : « Noble fils, ne laisse pas ta pensée te distraire ». Puis appelez-le par son nom et parlez-lui ainsi : « Noble fils, te voici maintenant parvenu à ce que l'on appelle la mort. Prends la disposition de l'esprit d'Éveil de la manière suivante : Maintenant, au moyen de cette mort, Je ne veux plus engendrer d'autre pensée que celles de l'amour, de la compassion et de l'Eveil. Puisse-je, pour le bien de tous les êtres qui peuplent l'espace illimité, atteindre le parfait Eveil et reconnaître dans la luminosité apparue au sein de la mort l'épanouissement de l'état de Bouddha (le Dharmakâya)... En vertu de la nature de cette lumière, tu obtiendras le sublime accomplissement, le Grand Symbole (Mahâmudra), l'ultime Réalité... Remémore-toi les enseignements sur la méditation que tu as reçus naguère et mets-les maintenant en pratique. »

Ces mots doivent être prononcés distinctement à l'oreille du mourant de façon à lui rappeler ses exercices passés et à ne pas laisser son esprit divaguer — ne serait-ce qu'un instant. A l'arrêt de la respiration extérieure, comprimez ses artères et parlez-lui ainsi : « Maintenant, noble fils, la Claire Lumière primordiale, qui est la Vérité en soi, va briller devant toi. En ce moment, ton état d'esprit correspond à cette Vacuité éblouissante... Reconnais-la et demeure en elle. » Répétez ces paroles clairement et distinctement trois ou sept fois. D'abord, cela rappellera au mourant les enseignements reçus de son gourou durant sa vie. Ensuite, il reconnaîtra la luminosité de son propre esprit, une fois détaché. Enfin, l'ayant reconnue par lui-même, il s'unira inséparablement à l'état de Bouddha accompli (Dharmakâya) et sera certainement libéré. »

Selon le Livre, la parole, l'élément sonore, est primordiale pour atteindre ce niveau supérieur de conscience — sachant qu'un mourant, jusqu'à son dernier souffle, demeure sensible au son le plus infime et capte le moindre mot murmuré à son oreille. Proche du bouddhisme, le compositeur allemand imagine une musique aux frontières de l'audible, soutenue par l'instrument soliste. Comme surgie de l'éther, la parole cathartique du violoncelle se veut tout à la fois un cheminement au travers des différentes étapes de ce voyage, une élévation au-delà de l'obscurité et un guide pour le recueillement. Ponctué par de légères péripéties à la percussion, ce concerto fait la part belle à la puissance convulsive et illuminée du violoncelle solo, l'orchestre dessinant dans le lointain l'écho de souvenirs, impressions fugaces égrenées par le piano, passé antérieur dont les notes en quart de tons glissent comme des fantômes.

 



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Samedi 9 Mai, 2020