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Maurice Yvain
1891-1965

Né à Paris 12 février 1891 ; Paris 28 juillet 1965.

Compositeur.

En 1903 il entre au Conservatoire nationale de Paris et suit les cours de Louis Diémer et Xavier Leroux. Il commence une carrière de pianiste soliste avec des concerts à Monte Carlo, puis après la première guerre mondiale il se consacre à la musique légère : opérettes, revues musicales, comédies musicales, musiques pour les films entre autres de Vincent Scotto ou Henri Christiné.

Ses paroliers et librettistes sont Albert Willemetz, Jacques-Charles, Henri Varna et H. Heanson, parfois il met en musique ses propres textes.

Représentant de ce qu'on peut appeler « l'esprit parisien », il introduit à l'opérette les rythmes du jazz et des danses de son époque.

Maurice Yvain, Je chante la nuit, Clémentine Decouture (soprano), Les Frivolités parisiennes (2019).

 

Maurice Yvain, Le gri gri d'amour, par Mistinguett et Maurice Chevalier ? (vers 1950).

 

Maurice Yvain, Chanson de Paris, par Georges Thill et l'orchestre Joseph-Eugène Szyfer (1934).

 

Maurice Yvain

PAUL LANDORMY, La musique française après Debussy. Gallimard, Paris 1943 p. 289-291

C'était en 1937. Je me trouvais pour la première fois dans le studio de Maurice Yvain, à Auteuil. J'avais rencontré bien des fois, ici ou là, l'auteur de Ta bouche, mais je n'avais jamais eu l'occasion d'aller jusque chez lui. Je le rencontrais, cet auteur dé tant de musiques gaies, dans des endroits fort sérieux, à l'Opéra, aux grands concerts, Colonne, Lamoureux ou Pasdeloup, très attentif à une symphonie de Beethoven ou à quelque production nouvelle d'un jeune musicien d'avant-garde.

Il était venu une fois chez moi pour assister à une audition des oeuvres de ce pauvre Octave Ferroud, qui a trouvé la mort en Autriche dans des conditions si tragiques. Il avait écouté avec toute sa sympathie, toute son amitié, quelques pages de ce compositeur, d'un sentiment si fort et presque dur.

Quand je me rendis chez Maurice Yvain, je savais déjà par avance que cet « auteur gai» n'aimait pas que l'opérette, mais aussi la « grande musique », comme on dit. Quand j'arrivai chez lui, il était au piano. Il adore le piano. Il en joue divinement. Et qu'est-ce qu'il jouait ? Sur son pupitre était ouvert un cahier de sonates de ce vieux Clementi, le contemporain de Mozart et de Beethoven, si injustement négligé aujourd'hui. Il me fit connaître un délicieux Andante qu'il phrasait avec une délicatesse charmante, un sentiment exquis, un goût parfait.

Maurice Yvain aime à se promener sur les quais, à faire, dans les casiers des bouquinistes, la découverte de quelque vieux compositeur oublié.

Quand il ne compose pas pour le théâtre, le plus clair de son temps, il le passe à son piano, déchiffrant d'anciens textes, cherchant une beauté cachée qui s'est jusque-là dérobée.

Ce qu'il y a d'étrange, c'est que, même à bien les écouter, les musiques bouffonnes de Maurice Yvain ne révèlent pas davantage le connaisseur.

Paul Paray, le célèbre chef d'orchestre, me contait un jour qu'au moment où lui-même préparait le concours de Rome, il avait la vie dure : cette vie, il fallait la gagner à tout prix, — à des prix plutôt bas : comme violoncelliste au théâtre Sarah-Bernhardt, il avait cinq francs par jour. — Un camarade le mit sur la voie d'une bonne affaire : « Si tu veux être pianiste aux Quat'z arts, tu auras dix francs par soirée. » Dix francs ! C'était la fortune ! Mais accompagner la chansonnette, perpétuellement arranger, transposer, improviser au gré de l'humeur des chansonniers, c'était toute une routine à apprendre et qui réclamait beaucoup de souplesse. Il essaye. C'était justement Maurice Yvain qui remplissait la fonction aux Quat'z arts avec une virtuosité extraordinaire, et qui était enchanté de céder sa place à un camarade, car il avait trouvé mieux. En huit jours, il met au courant Paul Paray, qui devint, à son tout, un accompagnateur de chansonnettes hors ligne. Cette rencontre de deux artistes de cette valeur au piano d'un cabaret de Montmartre ne manque point de piquant.

L'opérette de Maurice Yvain est bien à lui. Ce n'est plus l'opérette d'Offenbach ou d'Hervé, encore moins celle de Lecocq ou de Messager. Elle est d'un temps nouveau, d'un temps qui fut celui de la guerre de 1914 et aussi de la musique américaine, de la musique de jazz. Ne vous étonnez pas de trouver chez Maurice Yvain cette allure conquérante, ce ton crâne et presque de défi. Il ébranlerait des armées. Maurice Yvain a une joie franche, une gaîté cinglante. Je ne dis pas

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qu'il ne s'adoucisse pas parfois, qu'il n'ait ses moments de tendresse et de rêverie, mais d'une rêverie sous laquelle on devine des ardeurs cachées. Sa musique est une musique qui marche et vous enlève, que vous le vouliez ou non, à la française.



Catalogue des oeuvres

Écrits

Jean-Marc Warszawski
30 décembre 2003
Modifié le 18 janvier 2004

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