Yssandon Jean
v. 1537-v. 1602
Originaire de Lessart dans le comté de Foix, il vivait en, Avignon dans la suite du Cardinal d’Armagnac, son protecteur.
Écrits relatifs à la musique
Traité de la musique pratique divisée en deux parties
- Paris, Adrian Le Roy et Robert Ballard 1582
- Genève, Minkoff 1972 [fac-sim. de l'éd. de 1582, avec le traité de Blockland de Montfort, 81 p. 23 cm]
- Fac-similé numérisé
Sur le contenu de l'œuvre
Première partieLa musique pratique est l’art de bien chanter. On distingue 5 choses :
connaissance de l’echelle que l’on nomme communément la gamme ; les genres d’harmonies ; les intervalles à deux voix ; une espèce de battue ou tact avec certaine mesure pour la variété des signes ou figures selon la diversité des chants ; toutes les parties du chant qui se propose, soient accomodées de voix propres et convenables à iceluy.
Il y a deux sortes de musique pratique : la musique plaine, forme simple, uniforme et d’égale mesure ; La musique et le chant figurés. L’ordre et la méthode du contrepoint requierent de commencer par l’echelle, car en tous les arts et sciences il y a quelque petite chose qui nous fait connaître les grandes : Comme en géométrie il y a quelque chose de petit nommé point. En la musique aussi est le coma. Commencement de la formation du ton mineur.
Schisme = 2 comas ; Diesis = ½ ton mineur ; Apotome = ½ ton majeur ; Phtangos = ton ; Diastimata = Intervalle, consonance.
Il faut avoir les 20 clés en mémoire. Il y a trois ordres : peracutum (aa) ; acutum (a) ; grave (A)
Clés du premier ordre: Dites graves, gros, majeur parce qu’en gros caractère, infimes, au bas de l’echelle ; Clés du second ordre : acutes, mineures, medies ; Clés du tiers ordre : peracutes, doubles, suprèmes.

Il y a trop de clés. On en retient que 5, Claves finatae : F C g dd ; Les autres, moins principales sont 2 :
mi et♭ fa, qui ne se mettent jamais au commencement d’une ligne mais seulement dans le chant, par accident.
La voix
Selon physiciens et médecins, un son qui procède d’une artère venant des poumons jusqu’à l’interieur de la gorge, prenant commencement et principe de l’imagination, et de là se rend à la langue, laquelle étant aidée de l’ouverture et de la cloture de la bouche, et de l’attouchement des dents, donne le son suivant l’affection et l’entendement. Pour le musicien ce sont des syllabes qui montrent et expriment le son des intervalles.
Différence qu’il y a entre les voix
Nature, Moles, dures ; ut, re, mi sont pour monter ; la, sol, fa sont pour descendre
Intervalles
Consonants: Mixtures de sons convenant doucement aux oreilles. Au contraire, les intervalles mauvais sont des discordances: Mixture de sons offensant les oreilles.
Intervalles usités en musique.
Ton ; semi ton ; tierce ; tierce imparfaite ; quarte ; quinte ; sixte ; sixte imparfaite ; septième majeure ; septième mineure ; diapason ou octave. L’unisson n’est point intervalle, mais seulement commencement d’intervalle: comme aux Arithméticiens, i n’est point nombre, mais seulement commencement de nombre.
Intervalles qui redoublent ou triplent

Trois genres de chanter
mole, dure,nature ; Chant Mol : Commence à la clé de F, médiant en a la mi re, et montant en b fa mi, finit en d la sol re ; Chant dur : Commence en G, médie en a la mi re, monte à la clé de b fa mi par ton entier durement et prend fin en e la mi ut re mi sont pour monter la sol fa sont pour descendre. Chant nature : Clé de C, médie en F fa ut ; quant le mol et le dur sont ensemble, chant faict ou feint, allant contre le droit de l’echelle ; Les signes du chant feint sont
pour le chant dur et b pour le chant mol. Lorsque l’on trouve ces deux signes hors b fa
mi, on peut dire que c’est chant feint.
Pourquoi le chant feint ?
a) Utilité. b) Suavité. a) Nécéssité des consonances non-obstant la prohibition des intervalles. b) Pour que le chant soit trouvé plus doux et le sens de la lettre mieux respecté.. et cette espèce d’harmonie a tant de force, par la vertu de plusieurs décisions et feintes diverses, que telle musique est tenue au genre de celle que l’on nomme chromatique
Muance
La muance a été trouvée tant pour la montée que pour la descente du chant, et là ou une déduction ne peut suffire, montant ou descendant plus outre que sa déduction, faut passer en une autre par la muance et changement de voix, à même ton toutefois comme dit est à la définition de muance. Changement d’une voix à une autre, de même au prochaine nature, en une même clé, et d’uniforme variation.. Et par ce qu’il y a des clés qui contiennent deux voix et d’autres trois, et d’autres une seulemnt, à celles qui ont deux voix l’autre sert pour monter et l’autre pour descendre. de telles clés sont au nombre de 8: C fa ut ; D sol re ; E la mi ; F fa ut ; e la mi ; f fa ut ; cc sol la ; dd sol do ; la clé de b fa
mi ne peut avoir muance, on ne met jamais mi pour fa, ni fa pour mi, car si le chant est par b mol, il faut dire fa. Si par faut dire mi. Car il faut que la muance soit uniforme. Ce que fa et mi ne font pas. Clés à une voix: Pas de muance ; clés à deux voix: Deux muances ; clé à trois voix: Six muances
Contrepoint
8 règles.
- Tout commencement doit être consonsnce parfaite. Unisson, octave, quinzième, par quinte ou douzième. Encore que les dites consonances ne soient parfaites pour autant qu’elles contiennent d’autres consonances en elles: en l’octave est la quinte et la quarte, en la quinte est contenus la tierce. Cette première règle est arbitraire, de nombreux exemples ne la respectent pas.
- Deux consonances parfaites de même genre ne peuvent immédiatement se suivre, soit en montant, soit en descendant. Cette loi n’est pas arbitraire. Elle est générale. Pas deux unissons, deux octaves, deux quinzièmes, deux douzièmes.. Aucuns prétendent que deux quintes peuvent se suivre si elles ne sont pas de même qualité (une parfaite, une diminuée) mais les bons compositeurs ne le font pas.
- Entre deux concordances parfaites de même genre, prenant divers ou semblablées mouvements, il doit prendre place une consonance imparfaite (tierce, sixte). Plusieurs imparfaites semblables ou dissenblables sont correctes.
- Plusieurs consonances parfaites dissemblables qui montent ou qui descendent peuvent se mettre en contrepoint. Par exemple une quinte après un unisson ou octave.
- Deux consonances parfaites (deux quintes, deux octaves) peuvent se faire en mouvement contraire. Une partie doit monter l’autre descendre.
- La sixième est qu’au contrepoint, les parties du chant, à savoir la teneur et contre teneur doivent être contraires en leur mouvement contre le dessus ou discant: De sorte que si le dessus monte, la teneur descend: Et que la contre teneur fasse de même avec l’une des deux. Toutefois l’ouie doit être juge de cela: Car les notes du teneur, fuyant celles du dessus: par semblable mouvement, per arsin et thesin, c’est à dire l’un montant et l’autre descendant.
- D’une consonance imparfaite, on peut venir à la parfaite, comme pour terminer ou bien semblant.
- Plusieurs sixtes ne doivent pas se suivre en montant, en descendant, la dernière doit être suivie d’une parfaite.
De la formation des parties du contrepoint
- Si le discant (le dessus) est à l’unisson avec la teneur, la basse se pourra mettre sans la teneur à la tierce, quinte, dixième, et douzième. Au contraire, si la basse est mise à l’unisson de la teneur, le discant pourra être sur la teneur de même sorte.
- Si la discant à la tierce de la teneur, la basse, peut, sous la teneur être à la tierce, l’octave, la dixième. Si la basse est à la tierce sous la teneur, le discant peut être à la tierce, la sixte, l’octave, la dixième sur la teneur.
- Discant à la quinte sur teneur, la basse peut unisson avec la teneur ou à la tierce sur teneur. Mais pas dessous, sinon en diapason et quelques fois à la sixte. Quand la teneur prend la forme du discant et aussi quand la clausulation se fait de sixte à octave, pour que le suprano demeure permanent aux douzièmes: Car cette disposition rend un son doux. Si la basse est à la quinte sous teneur, le discant se peut joindre à l’unisson, à la sixte ou bien à l’octave.
- Si le discant est sur teneur à la sixte, la basse doit être sous la teneur à quinte: ou à tout le moins à tierce, dixième, douxième.
- Si le dessus est à l’octave avec la teneur, la basse doit être à la tierce ou à la quinte sur la teneur, ou bien à la tierce, la quinte, l’octave, la douxième du dessus. Et si la basse est à l’octave sous la teneur, la discant se peut joindre en mêmes consonances dessusdites.
- Si en déchantant et organisant sur la teneur, on monte à la dixième. la baritonante, c’est à dire la basse chantera à la tierce, quinte, octave sur la teneur, ou à tierce, octave, douxième sous teneur.
- Si la basse chante à la dixième sous teneur, le dessus se joindra à la tierce, sixte, octave ou dixième: Si la basse descend à la douxième en déchantant sous la teneur, le dessus ou discant se peut mettre sur la teneur à la sixte ou octave et parfois à quarte étant le contrepoint dont la teneur à la douxiènme, quinte, ou à toput le mopins à la tierce sous la teneur.
Partage du tétracorde suivant les trois genres:

Echelle et nom des voix, et clefs que les modernes usent par ordre selon la musique diatonique, par nous aujourd’hui usitée comme la plus belle et riche.

Les intervalles
Unisson.
Seconde imparfaite, la-sib ; mi-fa ; sib-la ; fa-mi.
Tonus, do-re.
Seconde parfaite, re-mi ; fa-sol ; sol-la ; re-do ; mi-re ; sol-fa ; la-sol.
Semiditonus, la-do
Tierce imparfaite, re-fa ; mi-sol ; do-la ; fa-re ; sol-mi
Ditonus, do-mi.
Tierce parfaite sol-mi :
mi-do ; mi-sol
Diaterson : 3 species ; 1- la-re ; 2- si-mi ; 3- do-fa.
Tritomus, fa-si.
Quarte fausse, sib-mi.
Semi diapente, mi-sib.
Quinte fausse, si-fa.
Diapente, 1- re-la ; quatuor species 2- mi-si ; 3- fa-do ; 4- sol-re.
Semitonium cum diapente, mi-do.
Sixte imparfaite, re-sib.
Tonus cum diapente, fa-re.
Sixte parfaite, sol-mi ; la-fa, si-sol ; mi-do et do-mi.
Semiditon. cum diapente, do-sib et sib-do.
Septième mineure. Ditonus cum diapente, do-si et si-do.
Septième majeure. Diapason, sib-sib, re-re, etc.
Les huit tons

Sur les durées
Les anciens n’avaient que cinq figures, ou notes desquelles la dernière se nomme minime, pour être la moindre en valeur: Voilà pourquoi les meus, temps et prolation son formés là dessus: Mais les modernes voulant rendre la musique plus légère en ont ajouté quatre: 2 pour la voix: noir et croche 2 pour les instruments, la fuse et demi fuse.


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ISSN 2269-9910.
Mardi 3 Février, 2026


