Veracini Francesco Maria
1690-1768
Francesco Maria Veracini. Gravure de J. June d'après un tableau de F. F. Richter.
Né à Florence le 1er février 1690, mort à Florence le 31 octobre 1768.
Compositeur, violoniste, musicographe.
Issu d’une famille de violonistes, son père, Agostino Veracini, est paradoxalement droguiste et croquemort. Sa mère est Maria Elisabetta Rossi.
Il étudie avec son oncle, Antonio Veracini (1659-1733), excellent compositeur, avec Frederico Gasparini (1668-1727) et l’organiste de la cathédrale de Florence, Giovan Maria Casini (1652-1719), peut-être en Allemagne avec Giovanni Giuseppe Bernabei (un des fils d’Ercole).
Il n’existe aucun élément attestant qu’il a étudié avec Corelli.
En 1708 il participe à la composition collective d’une cantate (avec 23 autres compositeurs), Sara in Egitto.
Francesco Maria Veracini, concerto pour violon en re majeur, I. Allegro, II. Grave, III. Presto, par L'Arte dell'Arco, sous la direction de Federico Guglielmo.Il quitte Florence avant Pâques 1711, les 24 et 25 décembre suivants, il est soliste aux messes de Noël à San Marco de Venise, sans pour autant être membre titulaire de la chapelle. Le 1er février 1712, il joue à l’église de Santa Maria Gloriosa dei Frari, lors d’une messe en l’honneur du nouvel ambassadeur du Saint-Empire.
Au printemps suivant, il séjourne à Florence pour une représentation de son oratorio Il trionfo della innocenza patrocinata da S Niccolò.
Il joue à nouveau pour les messes de Noël 1712 à San Marco de Venise.
Du 23 janvier au 24 décembre 1714, il est à Londres, où il se produit dans une série de concerts de bienfaisance et comme soliste entre les actes d’opéras, au Queen's Theatre. Il passe certainement l’année suivante à la cour de l’électeur palatin du Rhin, Johann Wilhelm von Neuburg-Wittelsbach, à Düsseldorf, auquel il dédie son oratorio, Mosè al mar' rosso.
Le 26 juillet 1716, à Venise, il dédie 12 sonates pour violon seul au prince-électeur Friedrich August de Saxe, puis toujours à son service privé, il présente un oratorio à Florence, le 25 janvier 1717.
Il gagne Dresden, en compagnie d’autres musiciens, où malgré les risques de conflit avec le maître de chapelle Jean Baptiste Volumier, il passe du service privé du prince à celui de la cour de l’électeur de Saxe Friedrich August I, « August der Starke », aussi August II roi de Pologne, le 20 novembre 1717, où il a une rémunération des plus élevées (1200 talers par an). En février 1719, il est chargé de recruter des chanteurs à Bologne et Venise.
En 1720 il publie un premier recueil de sonates pour violon avec basse continue.
Le 13 août 1722, il se jette d’une fenêtre du 3e étage, égaré par sa passion pour l’alchimie ou suite à une querelle avec, voire un complot des musiciens allemands, menés par le violoniste et futur maître de chapelle Johann Georg Pisendel, selon les sources. Blessé, il reste boïteux.
Il séjourne peut-être ensuite au château de Chlumec en Bohème, chez le comte Fins.
il quitte Dresden avant février 1723. Il est à Prague avant Pâques de la même année (14 avril), y assiste à la représentation de l’opéra de Johann Joseph Fux Costanza e Fortezza, à l’occasion du couronnement du couple impérial. De nouveau à Florence, il semble se consacrer, comme compositeur et interprète, à la musique religieuse, tout en ayant rétabli son prestige de virtuose.
Du 9 au 27 avril 1733, il est de nouveau à Londres. Il y est un musicien prisé et omniprésent dans les concerts. Le 26 novembre 1735, il crée son opéra Adriano à l’Opera of the Nobility (en rivalité avec Händel), qui reste à l’affiche pour 20 représentations, La clemenza di Tito, du 12 au 23 avril 1737, et Partenio, du 14 mars au 6 juin 1738.
Francesco Maria Veracini, Adriano in Siria, « Sempre, o felice giorno », par l'ensemble Europa Galante, sous la direction de Fabio Biondi.Francesco Maria Veracini, Adriano in Siria, « Parto, sì, bella tiranna », par Ann Hallenberg, Ann Europa Galante, sous la direction de Fabio Biondi.
Il revient à Florence, où son épouse (sans enfants), sa mère et son oncle sont morts en son absence.
il est de retour à Londres le 28 février 1741. Il y donne des séries de concerts, et crée, le 31 janvier 1744, pour dix représentations, son opéra Rosalia d’après As You Like It de William Shakespeare.
La même année, il publie un second livre de sonates, les Sonate accademiche, opus 2 (pièces destinées à être jouées dans des cénacles privés, les académies), dédicacé à august III de Pologne. Il donne son dernier concert anglais en 1745.
Francesco Maria Veracini, Sonate accademiche, opus 2, no 12, pour violon et continuo, en re mineur, I. Passagallo, II. Capriccio Cromatico, III. Adagio, IV. Ciaccona, V. Passagallo, par John Holloway (violon), Jaap Ter Linden (violoncelle), Lars Urlik Mortensen (clavecin).Au cours de la traversée-retour de la manche, il fait naufrage, il y aurait perdu un manuscrit, mais sauvé ses deux violons Stainer.
De 1745 à 1750 il est à Pise, en 1750 il se produit à Florence et à Turin. Il rédige le 8 mars 1851 un premier testament en faveur de Mary Jane Atkinson, une veuve anglaise.
Fixé à Florence, il est à partir de 1755, maître de chapelle des bénédictins de vallambrosa, dans l’église San Pancrazio, à partir de 1758, des théatins dans l’église de San Michele Berteldi [San Gaetano]. Parallèlement, il continue à se produire comme violoniste.
Il laisse 7 oratorios (parmi lesquels Sara in Egitto, des cantates, des poèmes pastoraux, des concertos. Il écrivit également le traité, Il Trionfo della pratica musicale.
Francesco Maria Veracini, Sonate en mi mineur (Largo, Allegro), Licco Amar (1891-1959), violon et Günther Ramin (1898-1959), clavecin. Polydor (B 69075, B 69076), 1928.

Écrits relatifs à la musique
Il trionfo della pratica musicale, opus 63 (manuscrit)
Catalogue des œuvres
VERACINI Francesco Maria : Sonate a violino solo e basso. Facsimilé de l'édition de Dresden de 1721. éditions Fuzeau 2005 (Réf. 5935).
Quelques partitions dans la International Music Score Library Project
- 1708, Sara in Egitto, oratorio
- 1711, Concerto pour violon et 8 instruments en ré majeur (concerto du couronnement) « (manuscrit Nationalbibliothel, Vienne)
- 1711, Il Trionfo dell'innocenza patrocinata da S. Niccolò, oratorio sur un texte de G. P. Berzini.
- 1712, Concerto a otto stromenti.
- 1715, Mosè al mar’ rosso, ovvero Il naufragio di Faraone, oratirio créé à Düsseldorf en 1715.
- 1716, 12 Sonates a Flauto solo, e Basso, (Dédicacé au prince Friedrich August, Venezia, 26 Luglio 1716) (Stadtbibliothek, Dresden).
- 1716 (avant 1716), 8 sonatas, pour violon et basse continue.
- 1717 (avant 1717), Cantano gl’augelletti, Mira Clori gentil, sur un texte de Berzini, Và tu sei ben felice.
- 1720, La Caduta del savio nell'idolatria di Salomone, oratorio sur un texte de Berzini, créé à Florene, 31 mars 1720.
- 1720 (vers 1720), Parla al ritratto della amata
- 1721, 12 Sonates pour violon avec basse continue, opus 1, Dresden 1721 (dédicacé au roi de Pologne et Saxe) [réédité : Amsterdam, Jeanne Roger et Roger et Le Cène (1730) ; Paris, Leclerc le cadet, London, I. Walsh 1733] Fac-similé par les «éditions Fuzeau, 2005 (Réf. 5935).
- 1722, La Liberazione del Popolo ebreo dal naufragio di Faraone, oratorio sur un texte de Berzini, créé à Florence en Florence, 1723 (révision de Mosè al mar’ rosso, 1715).
- 1724, L'Empietà distrutta nella caduta di Gerico, oratorio. sur un texte de Berzini, créé à Florence, 19 mars 1724 ( 1715 ?).
- 1727, L'incoronazione di Davidde, oratorio sur un texte de Berzini, créé à Florence, 25 janvier 1717.
- 1729, Componimento musicale da cantarsi, sur des textes de Berzini.
- 1735, Adriano in Siria, opéra sur un livret d'A.M. Corri, d'après Pietro Metastasio), créé le 26 novembre 1735.
- 1737, La Clemenza di Tito, sur un livret de Corri, d'après Metastasio), créé le 12 April 1737.
- 1738, Partenio, opéra sur un livret de P. A. Rolli, créé le 14 mars 1738.
- 1739, Piangete al pianto mio ; Non per anni ; die Canzonetta Anacreontica : Non Tirsi, tu non hai, Florenz, Moücke 1739 (Florenz, Bibliothèque du Conservatoire Cherubini).
- 1739, Nò Tirsi tu non hai, in Raccolta di varie canzoni.
- 1741, Nice e Tirsi, donné à Londres, 9 mars 1741.
- 1744, 12 Sonates académiques pour violon et basse continue, opus 2, (dédicacées au roi August III), London 1744 [avec le portrait du compositeur]
- 1744, L'errore di Salomone, oratorio, créé à Londres, London, 20 mars 1744, texte perdu [publié à Londres : The favourite Songs in the Opera call'd Adriano, London , Walsh 1735]
- 1744, Roselinda, opéra sur un livret de Rolli, créé le 31 janvier 1744 ; [Favourite Songs in «Roselinda». Dans Walshs Delizie IV, London 1776]
- 1745 (avant 1745), Prendi amor ; Piangete al pianto mio.
- 1765, Qui guirommi un, mentionné au catalogue Breitkopf de 1765.
- sd., 2 Concerti en si mineur et en ré majeur (manuscrit Stadtbibliothek) [le concerto en ré majeur (et un autre) dans la collectionCh. Le Cène, Amsterdam 1717 (?)
- sd., 6 Airs pour soprano
- sd., 6 Concerti (manuscrit Staatsbibliothek Berlin)
- sd., Concerto pour violon concertant, pour 2 violons, alto et basse. (manuscrit Biblothèque de Schwerin)
- sd., M'assalgono affanno, air « (Conservatroie de Milan)
- sd., Ut relevet miserum, canon vocal (Cambridge)
- s.d., L’Assalone, ovvero L’infedelta punita, oratorio sur un texte du compositeur, texte perdu.
- s.d., 2 motets, textes seuls.
- s.d., 2 meses, Te Deum, vêpres, textes perdus.
- s.d., Dissertazioni … sopra l’opera quinta del Corelli (12 pièces).
Bibliographie
- Rusquet Michel, Francesco Maria Veracini (1690-1768. Dans « Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte. Musicologie.org 2013.
- BURNEY CHARLES, History of Music, London 1776-1789
- CAFFI F., Storia di S. Marco. Venezia 1854-1855
- EHRLICH A., Berühmte Geiger der Vergangenheit uns Gegenwart. Leipzig 1893, p. 313 et suivantes
- FABBRI M., Appunti didattici e riflessioni critiche di un musicista preromantico (Le inedite 'Annotazioni sulla Musica' di Francesco Maria Veracini). sl., 1965
- —, Gli ultimi anni di vita di Francesco Maria Veracini.. Dans «Collectanea Historiae Musicae» (III) 1963
- —, Le acute censure di Francesco Maria Veracini a «l'Arte della Fuga» di Francesco Geminiani. Florenz 1963
- FÜRSTENAU M., Beiträge zur Geschichte der Königlige Sächsichen musik Kapelle. Dresden 1849.
- HILL JOHN WALTER (1942-), The life and the work of Francesco Maria Veracini. Ann arbor, UMI Research Press 1979.
- NALDO A. R., Un trattato inedito e ignoto di Francesco Maris Veracini. Dans « Revista Musicale Italiana » 1938.
- NEWMAN W. S., The Sonata in the Baroque Era. Chapel Hill, University Press 1959
- PINCHERLE MARC, Les violonistes compositeurs et virtuoses. Paris 1924.
- RICCI FRANCO CARLO, Note sull'opera violonistica di Francesco Maria Veracini. Roma, Bul-zoni 1973.
- RONCAGLIA G., Il melodioso Settecento italiano. Milano 1935
- Smith Helen Margaret, Francesco maria Veracini's Il Trionfo della Prattica Musicale (thèse). Indiana University 1963 [L.C. No. Mic. 64-5496, Ann Arbor University Microfilms].
Discographie
Franceso Maria Veracini
Sei
Sonate a Flauto e Basso
Karsten Erik Ose (Flûte)
Ornamente 99.
Diez Eichler (clavecin),
André
Henrich (Luth),
Matthias Hofmann (violoncelle
baroque).
Enregistré en décembre 2003.
Deutschland Radio / AEOLUS 2005.
Jean-Marc Warszawski
15 janvier
2006
Refonte du miroir de page, révision de l'iconographie, 10 décembre 2013
© Musicologie.org
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ISSN 2269-9910.
Dimanche 11 Août, 2024

