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Tishchenko Boris Ivanovitch
1939-2010

Tichtchenko

Né 23 mars 1939 à Leningrad (Saint-Petersbourg), mort 9 décembre 2010 à Saint-Petersbourg (Leningrad).

Il entre en 1954 au collège annexé au Conservatoire de musique de sa ville natale. Il y étudie la composition avec Galina Ustvolskaïa.

Il poursuit ses études musicales au Conservatoire, à partir de 1957, sous les directions successives de Vadim Salmanov, Viktor Volochinov et Orest Yevlakhov.

De 1962 à 1965, il se perfectionne auprès de Dmitri Chostakovitch. Il enseigne au Conservatoire de Leningrad à partir de 1965, où il est nommé professeur en 1986.

En 1978 il est gratifé du Prix Glinka de Russie, En 1987, du Prix du Peuple de Russie, puis en 2006, le Prix spécial pour le centenaire de la naissance de Chostakovitch lui est décerné.

Suzdal : pesni i naigrïshi (« Suzdal », chansons et airs populaires), suite pour pour soprano, ténor, chœur de chambre, d'après la musique du film (opus 30, 1964), 1. Vieilles cités, 2. Le Pic noir, 3. Chanson de Suzdal, 4. Le Pic noir, 5. Étrange animal, 6. Deuxième chanson de Suzdal, 7. L'Aube, 8. jeu de motif.


Symphonie n° 3, pour orchestre de chambre (opus 36, 1966). 1. Meditation ; 2. Postscript
 

Boris Ivanovitch Tishchenko, par Frans Lemaire

Élève de Galina Oustvolskaïa à l'Ecole professionnelle de musique de Leningrad et de V. Salmanov au Conservatoire, Tishchenko paracheva ses études avec Chostakovitch de 1962 à 1965.

Dès ses débuts, il témoigna d'une indépendance intellectuelle et artistique assez remarquable dans l'univers soviétique de l'époque, écrivant une 2e Symphonie (1965) intitulée Marina sur des textes de Marina Tsvetaïeva, dont les œuvres étaient restées proscrites durant quarante ans.

En 1966, c'est le tour du Requiem sur le douloureux poème d'Anna Akhmatova. Compositeur prolifique oscillant entre le néo-classicisme et le post-romantisme, Tishchenko a composé de 1961 à 1994, sept symphonies ainsi qu'une Sinfonia robusta (1970).

Sa 5eSymphonie (1976) dédiée à la mémoire de Chostakovitch (à qui il avait déjà dédié sa 3e Symphonie de 1966) constitue une tentative minutieuse de réaliser un portrait  musical. Le motif DSCH y est abondamment utilisé avec le thème BSCHSCH (Boris SCHüler [élève de] SCHostakovitch) qui le désigne lui-même. Le portrait comme genre musical a été repris en 1992 avec Douze Portraits pour orgue (également en version pour piano et cordes).

La 4e Symphonie (1974) surprend de la part d'un homme réservé et timide qu'est Tishchenko. Ecrite pour un orchestre de 145 musiciens avec un récitant qui lit un texte de Tourgueniev, cette œuvre a été appelée Symphonie de la cruauté, mais la seconde partie du finale est marquée « Sinfonia di risorgimento e tenerezza ». Plus récemment, Tishchenko a entrepris une gigantesque Symphonie « Dante » en trois parties d'une heure (1997-2001).

Tishchenko est encore l'auteur de neuf concertos. Le 1er Concerto pour violoncelle (1963) utilise dix-sept instruments à vent, un harmonium et la percussion.

Cette combinaison insolite ne plut guère à Chostakovitch qui en 1969, à l'occasion du trentième anniversaire de son élève et ami, en fit une version pour cordes et neuf instruments à vent. Le 2e Concerto pour violoncelle (1969) encore plus insolites, exige un orchestre composé de quarante-huit violoncelles, douze contrebasses et une percussion.

Il a été réorchestré en 1978, par Tishchenko cette fois, pour un ensemble normal. Le 1er Concerto pour violon (1958), revu en 1964 comme op. 29, est une œuvre particulièrement réussie.

Le 2e Concerto pour violon (1981) est en réalité une symphonie concertante de grande dimension (elle dure une heure). On peut presque dire la même chose du Concerto pour harpe (1977).

Des deux Concertos pour piano (1962 et 1972), le second est le plus intéressant, associant au piano une flûte comme instrument soliste. Enfin, un Concerto pour clarinette est venu s'ajouter à la liste en 1990. La musique de chambre comporte cinq quatuors, le premier écrit à 18 ans, le troisième (1970) dédié à Galina Oustvolskaïa, le quatrième (1980) à Irina Chostakovitch. Ils se situent nettement dans le sillage de Chostakovitch sans en atteindre la tension dramatique. Dix sonates pour piano et deux pour violoncelle complètent le catalogue des œuvres instrumentales.

Deux ballets sont devenus célèbres, Les Douze (1963) d'après le poème d'Alexandre Blok et Yaroslavna (1974), sous-titré « Considérations chorégraphiques », basé sur le Dit d'Igor, l'ancienne chronique qui inspira l'opéra de Borodine.

Tishchenko a réalisé plusieurs orchestrations d'œuvres de Grieg, Frankel, Mahler, Moussorgski, mais les plus intéressantes sont celles consacrées aux cycles vocaux de Chostakovitch ( Satires, op. 109, la cantate satirique Rayok, et les Poèmes du Capitaine Lebiadkine, op.146).

Bien qu'il ait exploré les différents courants nouveaux — dodécaphonie sérielle, micro-intervalles, clusters, mesures variables, improvisation —,

Tishchenko évite toute rupture, se qualifiant lui-même de « fidèle à la tradition sans être traditionaliste ». L'essentiel est pour lui ce que l'on a à exprimer. Dans la réalisation de cette expression, Tishchenko est resté foncièrement fidèle à l'esprit, sinon à l'esthétique de Chostakovitch.

Frans Lemaire
2009


rectangle textes

Catalogue des œuvres

Voir un catalogue plus détaillé dans Soviet Composer's Page de Onno van Rijen's

Bibliographie

Valentina Cholopova, Boris Tishchenko, striking spontaneity against a rationalistic background. Dans Valeria Tsenova (éd.), « Ex oriente…-III », Verlag Ernst Kuhn, Berlin 2003, p. 23-54 ; également dans Valeria Tsenova (éd.), Under ground Music from the former USSR. Harwood Academic Publishers, Amsterdam, 1977, p. 51-65.

Discographie

Boris Tishchenko, Sonate no 7 avec cloches, sonate no 8, Nicolas Stavy (piano), Jean-Claude Gengembre (cloches). Bis 2015 (BIS 2189).

 

 

 

 

Aliosha Nikolaev (1959-1977)
Fairy Tale « The Snake Princess
Cat's Hut Suite
Boris Tishchenko
Sonate pour piano n° 7 op. 85, en do majeur, avec cloches
Sedmara Zakarian Rutstein (piano)
Michael Rosen (cloches)
Albany Music Distribution, 1995

Aliosha Nikolaev : 1-2. Fairy Tale, The Snake Princess ; 3. Cat's Hut Suite pour piano. Boris Tishchenko, 4 Sonata n° 7 : 4. Allegro ; 5. Lento ; 6. Allegro.

 

Yuri Falik (1939-2009)
Concerto pour violon et orchestre (1971).
Viktor Liberman (violon),
Orchestre de chambre pour la musique ancienne et moderne de Leningrad, sous la direction de V. Fedotov . V.
Boris Tichchenho
Concerto pour violon n° 1, op. 29, 1964 (révision de l'op. 9 de 1958).
Viktor Liberman (violon)
Orchestre philharmonique national de Leningrad, sous la direction de V. Fedotov .
Microsillon 33 tours, Melodiya C10 08787-88

 

Boris Tishchenko
Quator Glouzanov
Quatuors à cordes de Boris Tishchenko, volume 1.
Quatuor n°1 op 8 & n° 4 op. 77.
Olga Kolgatina (violon) ; Elena Kharitonova (violon) ; Natalia Kolgatina (violon) ; Inna Peskova (alto) ; Elena Erofeyva (violoncelle).
Enregistré dans les studios de Melodiya à Moscou en 1995.
Olympia OCD 547, London 1995.
1-3. Quatuor n° 1, op. 8  (1957) ; 4-8. Quatuopr n° 4, op. 77 (1980)

 

Boris Tishchenko
Quator Glouzanov
Quatuors à cordes de Boris Tishchenko, volume 2.
Quatuor n° 3 op. 47 & n° 5 op. 90.
 Olga Kolgatina (violon) ; Elena Kharitonova (violon) ; Natalia Kolgatina (violon) ; Inna Peskova (alto) ; Elena Erofeyva (violoncelle).
Enregistré dans les studios de Melodiya à Moscou en 1995.
Olympia OCD 548, Mondon 1995.
1-4. Quatuor n° 3, op. 47 ; 5-7. Quatuor nO 8, op. 90

 

Boris Tischenko
Beatrice, cycle symphonique
Symphonie Dante  n°3
Symphonie Dante n° 5
Orchestre philharmonique de Saint-Petersbourg
Nikolaï  Alexeev, dir.
Enregistré le 21 février 2009, dnas le grand esalle du Philharmonique de Saint-Petersbourg.
Northern Flowers 2009, NF / PMA 9974.

 

Boris Tishchenko
Sonate n° 1 pour violoncelle seul, op. 18
Concerto pour flûte, piano et orchestre à cordes, op. 54 (1972). 
V.  Feigin (violoncelle)
V. Zverev (flûte)
A. Nasedkin (piano)
Orchestre de chambre de Leningrad, sous la direction de E. Serov
Microsillon 33 t. Melodiya C10 08193-4

 

Jean-Marc Warszawski
3 décembre 2010


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