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Strozzi Giovan Battista
1551-1634

Giambattista, dit le Jeune et l'Aveugle.

Né à Florence en 1556, mort à Florence, 9 novembre 1634.

Ses parents sont Marietta d'Agnolo Tornabuoni et Lorenzo di Federigo.

Il complète ses études classiques à l'école de Piero Vettori. Il est admis à l'académie privée de Tommaso del Nero quelques mois après sa fondation en février 1569. L'académie prend le nom des Alterati.

Strozzi prend le nom académique de Tenero, comme blason un platane arrosé de vin, comme devise Potantibus umbram (boire à l'ombre).

Il intègre l'Académie florentine en 1570 et commence ses études universitaires à Pise. À l'automne 1572, il crée, avec d'autres jeunes membres des Alterati, une branche pisane de l'Académie. Jusqu'en 1579, il partage son temps entre Pise, où il suit surtout les conférences de Francesco Buonamici et de Francesco de' Vieri, et ses engagements dans l'activité académique florentine.

Il participe aux réunions de la Camerata fondée par Giovanni de' Bardi, où l'on joue de la musique et où l'on discute de la culture musicale des Grecs anciens et projette les premières formes de l'opéra.

Le 22 juillet 1580, il est élu régent des Alterati, y établit la langue vernaculaire. En décembre, il donne des conférences sur le genre neutre et sur la poésie de Dante.

Il est élu consul de l'Académie florentine en 1582, son mandat pousse à revenir à l'usage de la langue vernaculaire dans les sciences.

Il souffre de graves problèmes oculaires qui, à un âge avancé, ont complètement compromis sa vue.

En 1583, précepteur des jeunes princes de la famille Médicis, il prépare les règles grammaticales de la langue toscane. Elles seront publiées une quarantaine d'années plus tard, sous le titre Osservationi intorno al parlare, e scrivere toscano e in forma anonima (Pietro Nesti, Florence 1630 et 1634).

Au cours des années 1580, il participe au débat sur le poème héroïque qui prend la forme d'une comparaison entre le Furioso (Ludovico Ariosto) et l'œuvre de Torquato Tasso. Une controverse que prend des formes politiques dans la crise diplomatique entre Florence et Ferrare en 1584-1585). Strozzi est l'un des promoteurs de la défense de Tasso.

En décembre 1587, il signe avec Giovanni de' Bardi le document attestant de l'originalité des travaux de Galileo Galilei, sur la géométrie.

Il compose des textes de bufolate (chansons populaires issues des anciennes courses de bisons organisées à Florence) et d'intermezzos pour les fêtes de la ville. En 1589, pour La Pellegrina de Scipione Bargagli, à l'occasion du mariage de Christine de Lorraine avec Ferdinand de Médicis, il écrit les madrigaux du quatrième intermezzo mis en musique par Giulio Caccini, Cristofano Malvezzi et Giovanni de' Bardi, pour la même représentation au théâtre des Médicis, il conçoit les dix statues peintes en imitation marbre de la scénographie exécutée par Buontalenti.

La Pellegrina : Intermezzo IV, La Regione De Demoni, 1. « Io Che Dal Ciel Cader  », 2. « Sinfonia », 3. « Or Che Le Due Grand'alme », 4. «  Miseri Habitator Del Cieco Averno », par le Huelgas-Ensemble, sous la direction de Paul Van Nevel.

L'année suivante, il s'installe à Rome, dans la congrégation de l'Oratoire de Vallicella de Filippo Neri. Il est membre de l'Accademia dei Pastori della Val Tiberina sous le nom de Silvano, et fréquente la cour papale de Clément VIII ainsi que le salon littéraire du cardinal Cinzio Aldobrandini, où il donne en 1594 la conférence Éloge du poème héroïque.

À Vallicella, il noue des liens étroits avec Cesare Baronio, Antonio Possevino, Antonio Querenghi, qu'il introduit ensuite à l'Académie florentine en 1597, et avec Federico Borromeo, avec lequel il séjourne à Milan en 1595, lui offrant ses conseils linguistiques : une riche correspondance témoigne d'une longue et profonde amitié avec le cardinal.

En 1608, pour le mariage du futur Grand Duc Cosimo Médicis avec Maria Maddalena d'Autriche, il écrit le cinquième intermezzo de la pièce Il giudizio di Paride de Michelangelo Buonarroti le jeune, dans laquelle il célèbre les exploits d'Amerigo Vespucci.

Il a également travaillé sur un poème épique consacré à la découverte de l'Amérique, qu'il n'a pas terminé.

Ami et correspondant d'hommes de lettres, de musiciens et d'éminents personnages tels que Giovan Vincenzo Pinelli, Leonardo Salviati, Baccio Valori, Francesco Patrizi da Cherso et Don Giovanni de' Medici, Strozzi a tissé des liens avec les principaux poètes de son temps, Tasso, Giovan Battista Marino, Gabriello Chiabrera, Battista Guarini, Angelo Grillo, Tommaso Stigliani et Francesco Bracciolini. Ses madrigaux écrits pour les fêtes des Médicis ont été mis en musique par Piero Strozzi en 1579.

En septembre 1609, il informe Galilée de la lecture devant la cour des Médicis de son épître sur le télescope, et le 6 avril 1611, à Rome, à l'Accademia degli Ordinati, il prononce en sa présence la Lezione in Biasmo della Superbia (Conférence sur le parti pris de l'orgueil), dans laquelle, conformément aux principes de la Contre-Réforme, il réfléchit sur le juste équilibre entre la soif de connaissance nécessaire à l'investigation scientifique et l'arrogance cognitive des chercheurs de l'arcana naturae, totalement préjudiciable à la moralité.

Il accueille dans sa maison florentine, les séances des Alterati.

En 1624, est invité par le pape Urbain VIII, Maffeo Barberini (qui avait été son élève), qui augmente la prébende attribuée par son prédécesseur le pape Aldobrandini, et lui s accorde également un marquisat au domaine de Forano.

Écrits relatifs à la musique

Divers fragments relatifs à la musique

Ms. 6A 13, Newberry Library, Chicago [collection de pièces littéraires et poétiques]

Ms. de 16 feuillets, daté 1600, mis en vente par la Libreria Antiquaria Guntenberg (Milan) en 2000 [1. Senza titolo, inizia « Nembo d'Erranti Spiriti», si tratta di un componimento di 16 quartine su fatti storici recenti, ove tesse le lodi sia al Re Enrico IV che alla Regina Maria. 2. senza titolo, inizia « Mentre il Pudico Nume», sono 14 brani di versi laudativi che si basano su allegorie mitologiche. 3. titola « Alla Principessa Maria », componimento di tre terzine e una quartina. Quasi sicuramente furono composti e letti davanti alla Regina Maria Medici, durante una delle Feste che seguirono le nozze].

PALISCA V. CLAUDE (éd.), Discourse concerning the various opinions that the three most famous sects of ancient musicians had concerning the matter of sounds and tunings & A special discourse concerning the diversity of the ratios of the diapason & A special discourse concerning the unison & The prescriptions for intermedi. Dans « The Florentine Camerata : documentary studies and translations », New Haven, Yale University Press v. 1989.

Bibliographie

BARBI SILVIO ADRASTO, Un accademico mecenate e poeta. Firenze, G. C. Sansoni 1900.

CARLIERI CARLO MARIA (éd.), Regole e osservazioni di varj autori intorno alla lingua toscana. Firenze, Stamperia di M. Nestenus, per il Carlieri 1725.

 Jean-Marc Warszawski
Dictionnaire des écrits relatifs à la musique
Novembre 1995-7 juin 2021



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Mardi 8 Juin, 2021