Menehou Michel de
v. 1513-v. 1578

Maître des enfants de chœur de Saint-Maur-des-Fossés. Au service du Cardinal Jean du Bellay (oncle du poète).
Écrits relatifs à la musique
Nouvelle instruction familière, en laquelle sont contenus les difficultés de la musique avecques le nombre des concordances et accords : ensemble la manière d'en user, tant à deux, à trois, à quatre, qu' à cinq parties : nouvellement composée par Michel de Menehou, maistre des enfans de chœur de l'église de Sainct Maur des fossez, lez Paris
- Nouvelle instruction familière. Paris, Nicolas du Chemin 1558 (1 exemplaire conservé : F : Paris, Bibliothèque nationale)
- Nouvelle instruction familière. H. Expert, Paris 1900
- MARTIN CLAUDE, Elementorum musices praticae pars prior, libris duobus absoluta, nunc primum in lucem aedita (1550) ; GUILLIAUD MAXIMILIEN. Rudiments de musique practique, réduits en deux briefs traictez, le premier contenant les préceptes de la plaine, l'autre de la figurée (1554) ; MENEHOU MICHEL DE. Nouvelle instruction familière en laquelle sont contenus les difficultés de la musique avecque le nombre des concordances, & accords : ensemble la manière d'en user, tant à deux, à trois, à quatre, qu'à cinq parties : nouvellement composée. Genève, Minkoff 1981 [3 v. en 1 v., 8°, 120 p.]
- Fac-similé de l'édition Henri Expert 1900, Fac-similé, Bibliothèque nationale de France.
Nouvelle instruction contenant en brief les préceptes ou fondemens de la musique tant pleine que figurée. Composée par Michel de Menehou, maistre des enfans de cœur de l'église Sainct Maur des Fossez, lez Paris
- Paris, Léon Cavellat 1582 (2 exemplaires conservés : Dijon, Bibliothèque municipale - Paris, Bibliothèque Sainte-Geneviève).



Sur le contenu de l'œuvre
Chapitre 1
Des trois degrés en musique. Le premier, mode ou meus. Le second, temps. Le troisième, prolation
Chapitre 2
De meus. 2 manières de meus, le majeur et le mineur, et chacun à son endroit, parfait ou imparfait. (Le meus majeur mesure les maximes selon les longues. Parfait, la maxime contre trois longues. Imparfait, la maxime contre deux longues. Le meus mineur mesure les longues par les brèves)
Meus majeur parfait d’après Froschius et Lampadius:

Toutefois parce qu’ils ne sont plus en usage principalement le meus majeur parfait, il ne peut chaloir lequel de ces deux signes: aussi je n’y trouve aucune différence comme je puis faire au meus mineur.
Chapitre 3
Du Temps. La brève (autrement appelée temps) vaut de sa nature trois semi brèves. (Temps parfait. Imparfait, deux semi brèves pour une brève)

Chapitre 4
De la prolation, semi brèves et minimes. Un point dans le cercle et demy. Mais quand il est rond la brève est parfaite à cause du temps parfait. Et la semi brève parfaite à cause du point. Laquelle semi brève vaut trois minimes blanches, car c’est sa propre nature (Imparfait, absence du point)
Chapitre 5
Autres signes desdit 3 degrés. Le meus parfait majeur se peut figurer par deux bastons contenant chacun 4 règles, ou par trois longues noires. Le meus mineur par un baston seul, ou par tois longues noires:

Chapitre 6
Des trois degrés cy dessus conjoints ensemble. Lesdits trois degrés cy dessus déclarés peuvent être conjoints ensemble, lesquels seront connus premièrement le meus par les pauses, le temps par le cercle rond et entier, la prolation par le point.. Alors tout y sera parfait depuis la maxime qui appartient au meus majeur jusqu’à la semi brève, qui appartient à la prolation.
Chapitre 7
L’imperfection des notes. Toute note ou degré parfait: Maxime et longue au degré de meus majeur et mineur. La brève au degré de temps et la semi brève au degré de la prolation. Ce néanmoins elle peut être diminuée de sa tierce partie, et perdre autant de sa valeur, comme vaut la note ou la pause qui la suit ou précède étant de moindre valeur qu’elle, lesquelles ensemble, parferont le nombre de trois, lequel faut toujours garder et observer.
Chapitre 8
Règles générales desdits trois degrés.
Chapitre 9
De trois sortes de points c’est à savoir de division, de perfection et d’addition.
Le point de division. Seulement en degré parfait, ne sert que pour séparer deux longues assises entre deux maximes, de meus majeur, ou deux brèves entre deux longues de meus mineur.. En l’absence duquel il y aurait altération sur la seconde note qui serait enclose, comme j’ai dit ci devant, et alors il sépare la première note enclose avec la précédente qui est imparfaite pour faire et accomplir le nombre de trois et les deux autres faysant pareillement. Elle se peut appeler aussi point de démonstration, car quand il y a trois longues entre les dites deux maximes, ou trois brèves entre les dites longues, et conséquemment les autres degrés, que le point est signé un peu plus haut que la première des dites trois encloses, alors il démontre la première maxime, ou principale noteêtreimparfaite et prendre perfection sur la première des trois encloses, la troisième sera pour lors altérée, afin que le nombre y soit et demeure parfait.

Point de perfection. N’augmente ni ne diminue, mais garde en perfection la note à laquelle il est mis.
Point d’addition ou d’augmentation. Le plus en usage, il sert tant aux signes parfaits qu’imparfaits et vaut toujours la moitié de sa note précédente.
Chapitre 10
Des proportions et de leurs signes.
Chapitre 11
De la mineure proportion. Deux proportions : Majeur et mineur. En majeur les notes diminuent en proportion, en mineur elles augmentent.

Desquelles proportions cy dessus nous n’en avons maintenant que deux qui soient en usage, que nous appelions Tripla, trois pour un, et Sesquialtera, trois pour deux, lesquelles se figurent maintenant ainsi (a) ou ainsi, (b) Et n’y a aucune difference'entre ces deux signes, sinon que le premier doit avoir son nombre parfait par trois, et l’autre par deux, ie n'en feray d’autre mention pour le présent, par ce qu’ils sont assés cognus (combien que ie trouve autres signes pour aisément les discerner, et co-gnoistre) selon Io. Froschius en son dit livre intitulé rRerum musicalium opusculum Chapitre 18. qui sont tels pour le Tripla ainsi (c) ou ainsi, (d) Et le Sesquialtera ainsi (e) ou ainsi, (f) Et est de ceste opinion Glarianus en son Dodecachordon troisiesme livre, Et de ma part il me semble qu’ils sont plus évidents pour discerner le Tripla d’avecques le Sesquialtera, pour raison des signes qui y sont, par lesquels l’on cognoit aisément le Tripla, trois pour un, et Sesquialtera, trois pour deux, que les signes que nous y mettons à présent. Et mesrne soubs la lettre de 3. le Tripla est formé, et entendu, Et le Sesquialtera pareillement: mais pour bien l’entendre si en toutes les parties laditte lettre de 3. y est, ce sera Tripla, si elle n’est qu’en une, ou en deux parties contre les autres qui chanteront en nombre binaire, alors ce sera Sesquialtera, trois pour deux, autrement il est mal aisé de les cognoistre, pour ce qu'ils sont tous deux signés d’un mesme signe, tesmoing Iosquin en l'Osanna de sa messe Ave maris Stella.

Chapitre 12
De l'augmentation d'aucuns signes au regard des autres
Chapitre 13
Pour apprendre à accorder les 4 parties. Regarder la plus basse notte de la bassecontre et la plus haute notte du dessus, afin que cela fait on puisse bailler le ton
Chapitre 14
Des huit tons de toute la musique. Certaine situation de notes par règle, contenant expressément la manière de connaître leur fin et notes dominantes, par lesquelles un chacun ton est connu.. Il y a quatre autentitoni. Il y a quatre plagales. Toni antenti: Ne descendent qu’une note plus bas que leur fin, et peuvent monter huit ou neuf par dessus régulièrement, et sont quatre: le 1er, le 3ème, le 5ème, le 7ème. Plagales: Lesquels ne peuvent monter régulièrement plus haut que leur fin que de cinq ou six notes, et par dessous descendre de quatre. Le 2ème, le 4ème, le 6ème, le 8ème.
Chapitre 15
De leurs notes dominantes et de leurs fins. Le premier et le second finissent tous deux en ré, mais le premier a sa note dominante en la qui est une quinte plus haut que la fin, et le second en fa, qui n’est qu’une tierce seulement. Le tiers et le quart finissent en mi. Le tiers a sa dominante en fa (une sixte plus haut), le quart en la (une quarte). Le quint et le sixte finissent en fa. Le quint domine en do et le sixte en la. Le septième et le huitième finissent en ut. Le septième domine en sol, le huitième en fa.
Chapitre 16
Il n’y a que quatre accords. Unisson, deux notes ou plusieurs en un même ton. Tierce, qui sont trois notes. Quinte, qui sont cinq notes. Sixte qui sont six notes. Accords parfaits, unisson et quinte ;
imparfaits, tierce et sixte. L’accord parfait à plus de douceur et d’armonie que l’accord imparfait. Doublures, unisson, la double, la quinzième (Double sus double), Quinte, quinte sus double.
Chapitre 17
La manière de former les dits accords. Pour faire ou former l’unisson, faut mettre et asseoir deux notes ou plusieurs en un même lieu et ton. Pour former la tierce faut de trois notes taire celle du milieu comme de fa à la.
Chapitre 18
Pour apprendre à faire du contrepoint. Contrepoint qui est de faire accords note contre note.. Toujours commencer et finir son contrepoint par un accord parfait, et prendre et choisir les plus prochains accords que l’on pourra.. Ne pas écarter une partie de l’autre de la double. Ne pas descendre à l’unisson. Ce n’est pas licite, les deux parties ne sembleraient n’en faire qu’une, si ce n’est en quelque cadence..
Chapitre 19
Règles générale des accords parfaits. 2 accords parfaits sont déffendus l’un après l’autre se suivant, entre deux doubles ensemble, descendant ou montant, sans aucune note entre eux et semblablement deux quintes. Mais de la double à la quinte, ni de la quinte à la double, cela n’est pas déffendu, tant en montant qu’en descendant, Combien que se soient deux accords parfaits..
Chapitre 20
Des accord imparfaits. Des accord imparfaits sont bons l’un après l’autre et peut-on en user trois, quatre et d’avantage, sans aucune note entre eux. Toutefois, le moins de sixtes qu’on pourra, parce que l’accord en est rude et mal sonnant, si la double ne la suit soudainement, comme sa propre nature le requiert. Et la quinte après la tierce. C’est ce communément on appelle cadence..
Chapitre 21
Des minimes des Demiminimes.
Si l’on veut faire de la courte durée contre la longue.
Notes de passages : Mauvais accords lesquels sont sauvés et entendus par la note subséquente, et cela advient le plus souvent en cadences, car toute cadence doit s’achever et finir par un accord parfait, lequel pour la douceur, et l’harmonie qu’il rend en la fin de la ditte cadence, fait ce mauvais accord être doux et harmonieux..
Chapitre 22
Pour faire un accord à trois parties.
Pour composer à trois parties, faut pareillement coucher ses accords tousiours au plus près que l'on pourra, de sorte, que si la Taille est à la tierce, tierce, ou à la quinte de la Bassecontre, l’autre partie en sera à la double, ou au plus prochain accord que l’on pourra trouver, affin que l’on ne puisse adiouster une autre partie entre deux, (d) Et doivent lesdittes parties estre garnies de bons, et valables accords contre icelle-ditte Bassecontre, car c’est le fondement, et celle qui supporte toutes les autres parties, lesquelles ne sont subiectes d'estre garnies d’accords, l’une contre l’autre : mais peuvent user de quartes, et autres mauvais accords, pourveu qu’icelle-ditte Bassecontre face son devoir de les sauver, ce qu’elle peut faire facilement, (e) Et feront leur cadence ainsi, c’est-assavoir, que la Taille sera à la quinte de la Bassecontre, et finira à l’unisson, ou à la double plus haut. Et l’autre partie en sera à la tierce, ou tierce sus double, et finira à l’unisson, ou à la double plus haut, selon que seront les parties, et le vouloir du compositeur, (f).

Chapitre 23
Pour faire un accord à 4 parties.
Chapitre 24
Des cadences irrégulières.
Chapitre 25
Autres cadences fort douces et harmonieuses.
Quelquefois la taille fait la cadence du dessus à la double de la bassecontre.. La hautecontre celle de la bassecontre.. Aussi quand la taille et la haute contre font ensemble une cadence et feront leur cadence ainsi, c’est à savoir que la taille sera à la quarte de la bassecontre, et finira à l’unisson, ou à la double plus haut, selon que seront les parties et le vouloir du compositeur.
Chapitre 26
Pour faire un accord à 5 parties
Pour composer à cinq parties, l'on pourra facilement trouver accords propices pour la cinqiesme partie. Aussi qu'il n’est bcsoing que les cinq parties chantent continuellement ensemble, n'y pareillement quatre : mais on les peut aucunes-fois cntrclasscr à trois, ou à quatre parties, par le moyen d’aucunes pauses, qui est une chose souvent de meilleure grâce, que si lesdittes cinq parties chantoient tousiours ensemble. Et la cadence de la cinqiesme partie sera à la tierce de la Bassecontre, et finira à la quinte, ou d’une double plus haut, selon que ce sera Taille, ou Dessus, (e)

Chapitre 27
Ce qui est nécessaire devant que de composer
Chapitre 28
Pour conoistre les canons.
Chapitre 29
Les cadences
Bibliographie
- DRAUDIUS GEORG, Bilbioteca exotica. Frankfurt/M. 1610, p. 210.
- LA CROIX DU MAINE FRANÇOIS GRUDÉ (1552-1592) & DU VERDIER ANTOINE (1544-1600), Les bibliothèques françaises [6 v.]. Paris, Sailbunt & Nyon & Michel Lam-bert 1733-1732.
- LESURE FRANÇOIS (1923-2001) & THIBAULT GENEVIÈVE (1902-1975), Bibliographie des éditions musicales publiées par Nicolas du Chemin. Dans «Annales Musicologiques» (I) 1953, p. 277-345.
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ISSN 2269-9910.
Dimanche 11 Janvier, 2026

