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Alfred Caron — Salle Favart, 5 mai 2026.

Récital « L’Amour du chant » opus 4 : L’Académie de l’Opéra-Comique reçoit La Juillard School

Nathan Romporti, Fantine Douilly, Pierre-Louis Barlet, Deborah Salazar, Brian Zegler, Louis Langrée, Giancarlo Llerena. Photographie © DR.Nathan Romporti, Fantine Douilly, Pierre-Louis Barlet, Deborah Salazar, Brian Zegler, Louis Langrée, Giancarlo Llerena. Photographie © DR.

Les 4 et 5 mai, l’Académie de l’Opéra-Comique accueillait deux élèves de la Juillard School accompagnés de leur chef de chant, Giancarlo Llerena, pour le premier volet d’une série d’échanges avec la célèbre institution new-yorkaise. Au programme, deux masterclasses publiques, une de Brian Zeger avec deux artistes de l’académie, la soprano Deborah Salazar et le baryton Pierre-Louis Barlet, et la seconde de Louis Langrée avec les deux chanteurs de l’école new-yorkaise, la soprano Fantine Douilly et le ténor Nathan Romporti, autour de la mélodie « française ». Les quatre chanteurs donnaient le soir même un récital dont le programme paraissait intéressant sur le papier, comportant de nombreuses mélodies en français de compositeurs américains, comme Samuel Barber (Mélodies passagères), Charles Ives ou Ned Rorem, à côté de grands classiques, comme les Histoires naturelles de Maurice Ravel ou La Bonne cuisine de Leonard Bernstein. Avouons-le, le résultat nous a laissé perplexe. Non que les voix ne soient intéressantes et dans l’ensemble déjà bien formées. Mais quid des problèmes d’articulation ? Dans le meilleur des cas, on comprend un mot sur cinq dans un répertoire où tout de même le texte est primordial. Paradoxalement c’est le ténor américain qui malgré un très fort accent reste le plus intelligible. Paul-Louis Barlet, victime du trac peut-être, semble éprouver quelques problèmes à poser sa voix et même chercher sa tessiture exacte, ne la retrouvant qu’à sa troisième intervention. La soprano Fantine Douilly surcharge systématiquement l’expression au détriment des mots et seule Déborah Salazar, avec une certaine sobriété, réussit à convaincre pleinement. En seconde partie de soirée, la soprano Julie Roset, elle-même ancienne élève de la Juillard, donnait un long concert de mélodies françaises, accompagnée par l’Américaine Susan Manoff. Le choix de répertoire nous a semblé bien anecdotique, largement puisé dans les sous-produits post-fauréens et chez les imitateurs de Francis Poulenc dont la seule « Reine de cœur » semble d’un coup s’ouvrir à une poésie authentique. Ici encore, qu’en est-il du sens dans une performance où la voix est certes jolie et fraiche, mais parait bien limitée dans ses capacités à varier l’expression et où l’impossibilité de capter le texte finit par générer une impression d’uniformité lassante ? Sans doute, faut-il en accuser un programme bien trop long où l’on eût aimé qu’à l’amour du chant (titre de ce récital) s’associât aussi le souci du texte.

signature d'Alfred Caron
Alfred Caron
5 mai 2026
© musicologie.org.

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ISSN 2269-9910.

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