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Jean-Marc Warszawski, 16 avril 2026.

La pianiste Clara Ponty rêve Händel

Clara Ponty (piano) Handel reimagined, Neo Classics 2026 (NC 20005).

Enregistré en juin 2024 au Studio de Meudon.

Une bonne trentaine d’années après Keyt Jarett, Clara Ponty, elle aussi expat du jazz jazz-rock, branche son piano sur Georg Friedrich Händel. La rencontre s’est faite en 2019, par une invitation du Festival Women in Jazz de Halle en Allemagne, festival lui-même invité à co-programmer au sein des Händel-Festspiele, grandiose festival de la même ville Halle, où naquit Händel en 1685, la même année que Johann Sebastian Bach qui est lui fêté à Leipzig, à une trentaine de kilomètres de là, à peu près au même moment de chaque mois de juin.

En fait ce n’est pas, comme le fit Keyt Jarrett, une interprétation fidèle aux partitions, ce n’est pas du jazz non plus, mais une appropriation personnelle d’une dizaine de pages favorites que tous les jeunes pianistes ont eues un jour sous les doigts et devant les yeux. Sont-ce des évasions rêveuses, ou des captations dans un rêve, comment savoir ?

Clara Ponty aime les belles réalisations d’harmonie tonale bien sonnante, fait sienne la mode des arpèges simplissimes et basses d’Alberti issus des minimalistes. Elle est, non sans poésie, minimaliste sur toute la ligne.

La gigue de la suite en mi mineur (ici en sol) tient plus, par ses successions harmoniques et quelques arpèges au premier prélude bien tempéré du Bach qu’à l’original... L’ensemble des neuf morceaux est fort agréable, même bienvenu, comme la célèbre sarabande de la suite en mineur (ici en mineur), parfois la prégnance un peu lourde des basses d’Alberti ou des notes répétées version minimaliste répétitive sont à nos oreilles un peu agaçantes… ou pas assez pour que cela se déploie.

Peut-être aurait-elle pu piquer en douce quelques traits et quelques dissonanceries à son papa, le valeureux jazz violoniste Jean-Luc Ponty, pour perturber le bel ordonnancement de ces rêveries for bien réalisées, dans un ensemble, à notre goût un peu trop propre sur soi, soigné et appliqué. Un grain corsé (contre le trop corseté), quelques grains de folie dans ces rêveries ne devraient pas être cauchemardesques, ni nuire à la cohérence du style d’un monde de toute évidence très personnel mais aussi très fermé.

1. Sweet Gigue (Gigue de la suite en mi mineur, G 162), 2. Sarabande (suite en mineur G 110), 3. Baroque Andante (presto de la suite mineur G 117), 4. « Permets-moi de pleurer » (Rinaldo, « Lascia ch'io pianga », 5. Gladsome Passacaille (Passacaglia, arrangement de Johan Halvorsen), 6. Ode to River Thames (suite porchestrale no 2 en majeur, Alla Hornpipe), 7. Mysterious Minuet (menuet en sol mineur G 242), 8. A Majestic Air (suite orchestrale no 1 en fa majeur, AIR), 9. Royal Anthem (Hymne Zadok the Priest).

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Jean-Marc Warszawski
16 avril 2026.

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