Bandeau texteBandeau musicologie
Frédéric Léolla, 24 avril 2026.

Grandval : une compositrice qui revient avec tous les honneurs

Paris, vendredi 24 avril 2026, Maison de la Radio et de la Musique. Paris, vendredi 24 avril 2026, Maison de la Radio et de la Musique.

Connue et reconnue de son vivant, Clémence de Grandval est aujourd’hui une compositrice dont seuls les plus férus aficionados ont entendu les œuvres. Et pourtant.

Pourtant, à l’écoute de ce Stabat Mater que proposait la Maison de la Radio et de la Musique en coproduction avec l’infatigable Palazzetto Bru-Zane, une question nous taraude : comment a-t-on pu reléguer ainsi cette formidable compositrice au rang des notes en bas de page ?
Dans son Stabat Mater Grandval montre non seulement une maîtrise de la tradition musicale, qu’elle utilise pour donner à son œuvre un parfum de musique sacrée, mais aussi sa connaissance des courants en vogue en 1870, ainsi qu’une écriture personnelle : son économie de moyens (superbes accompagnements parfois avec seulement quelques notes), la diversité de ses procédés, sa capacité d’émotion, l’originalité dans la conception des mélodies, font de ce Stabat Mater une œuvre à tenir en compte parmi les grandes réalisations de son époque.

Ici elle était on ne peut mieux servie.

Un très beau quatuor soliste, avec Gabrielle Philiponet au beau timbre, très expressive ; le baryton martin Nikolay Borchev, d’une très grande élégance ; Aude Extremo, dont la couleur de contralto, aux graves somptueux, fait merveille, et Julien Henric, le ténor solaire qui vient de triompher dans Le Roi d’Ys à Strasbourg et qui, dans ce Stabat Mater donne une leçon de mezza voce avec un aigu final en pianissimo ren-ver-sant.

Anne Le Bozec sait extraire du piano toutes les nuances, et Sarah Kim tout le lyrisme de l’harmonium (en première partie c’est à l’orgue qu’elle a interprété la Fantaisie pour orgue nº 1, œuvre de jeunesse de Saint-Saëns).

Le chœur de Radio France, très bien préparé par son titulaire, Lionel Sow, chante le latin à la française, en maîtrisant toute la palette expressive, du murmure à l’explosion (superbe aiguë des soprani très bien tenus). Et c’est Lionel Sow lui-même qui dirige le tout avec un profond sentiment de religiosité qui n’exclut pas, par moments, l’éclat.
Le public multiplie les ovations à la fin de ce concert que vous pouvez écouter parmi les podcasts de France Musique.

signature de Frédéric Léolla
Frédéric Léolla
24 avril 2026.

Paris, vendredi 24 avril 2026, Maison de la Radio et de la Musique. Camille Saint-Saëns, Fantaisie pour orgue no 1 en mi bémol majeur ; Clémence de Grandval : Stabat Mater. Avec Gabrielle Philiponet (soprano), Aude Extrémo (mezzosoprano), Julien Henric (ténor), Nikolay Borchev (baryton), Anne Le Bozec (piano), Sarah Kim (orgue et harmonium). Chœur de Radio France, sous la direction de Lionel Sow.


actubiotexteencyclo

logo gris À propos - contact | S'abonner au bulletin | Biographies | Encyclopédie musicale | Articles et études | Petite bibliothèque | Analyses musicales | Nouveaux livres | Nouveaux disques | Agenda | Petites annonces | Téléchargements | Presse internationale | Colloques & conférences | Collaborations éditoriales


Musicologie.org, 56 rue de la Fédération, 93100 Montreuil. 06 06 61 73 41.

ISSN 2269-9910.

imagette de bas de page

Mardi 28 Avril, 2026 10:45