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27e année, 16 juillet2026.

Écrits de compositrices : corpus, contextes, espaces de diffusion

23 mars 2027, Lyon

École normale supérieure de Lyon

Journée d’étude

Le programme Dictéco a entrepris depuis une dizaine d’années de répertorier les grands ensembles d’écrits de compositeur·ices, de constituer une base de données bibliographique, et de présenter les corpus au sein d’un dictionnaire en ligne. Ce vaste work in progress a d’ores et déjà mobilisé plus de 80 musicologues. La journée d’étude du 23 mars 2027 vise à focaliser l’attention sur les écrits de compositrices, dont la présence est encore très réduite dans le Dictionnaire comme dans les travaux de ce domaine, presque uniquement consacrés aux écrits de compositeurs.

Une quarantaine d’années après les premiers travaux engagés par la musicologie féministe, force est de constater que le matrimoine musical reste encore très largement inédit, inouï ou enseveli. L’occultation des femmes dans l’histoire de la musique savante occidentale justifie qu’on leur réserve encore aujourd’hui une place et une attention particulières qui tiennent compte de leur genre1. Cette journée d’étude souhaite s’inscrire dans la dynamique actuelle de poursuite de la production et de la transmission des savoirs sur les musiciennes2 en se concentrant sur les écrits de compositrices, un domaine encore peu étudié en tant que tel.

Les écrits publiés des compositrices sont, comme leurs œuvres musicales éditées, très peu nombreux en comparaison de ceux des hommes. Cette faible présence publique qui résulte d’une construction sociale séculaire structurée par la domination masculine ne signifie pas que les écrits des compositrices n’aient pas été destinés à la publication et se soient cantonnés à la sphère privée (correspondances, journaux). Il s’agit donc de mettre au jour des corpus inédits ou peu connus et d’engager une réflexion systématique sur l’implication des compositrices dans la sphère rédactionnelle, qu’il s’agisse d’écrits théoriques, journalis9ques, pédagogiques ou autres. Les apports de cette journée pourront être valorisés sur Dictéco.

On invite les musicologues qui parti9ciperont à cette journée à réfléchir à l’une ou l’autre des questions suivantes :

  1. Quels sont les corpus à mettre au jour et à étudier, à éditer ou à rééditer ? Dans quelle mesure sont-ils susceptibles d’enrichir voire de faire évoluer l’historiographie ? Peut-on y déceler des tendances génériques et thématiques corrélées (ou non) aux inégalités de genre dans la sphère musicale (écrits autoanalytiques, autobiographiques, sur la musique des pairs, livrets et textes littéraires, etc.) ?
  2. Comment mesurer la part de minorisation (et/ou d’auto-minorisation) dans les processus d’écriture des compositrices ? Quelles ont été les principales diffcultés de diffusion de leurs écrits destinés à la publication, et quelle a été leur évolution historique selon les sphères géographiques et les milieux sociaux ? Les médias numériques actuels favorisent-ils à rebours la production d’écrits de compositrices ?
  3. Les écrits, qu’ils soient publics ou privés, contiennent-ils des réflexions sur le statut social de la compositrice en tant que femme, des marques d’engagement politique, notamment sur la question du féminisme, des développements spécifiques sur le genre ? Cet engagement ou positionnement est-il explicite dans les journaux et revues, et plus généralement dans les écrits publiés ?

On pourra envisager des interventions monographiques mais on tentera d’encourager les propositions d’analyses transversales, comparant différents cas d’écrits de nature, d’époque ou de pays différents.

Les communications se feront en français en ou anglais. La journée se 9endra en présen9el à l’École normale supérieure de Lyon mais pourra aussi être suivie en visioconférence.

Les propositions de communica, d’une longueur maximale de 300 mots et accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, seront à envoyer jusqu’au 2 novembre 2026.

Comité d’organisation

MaGhieu Cailliez (Université Jean Monnet Saint-Étienne), Valérie Dufour (FRS-FNRS/Université libre de Bruxelles), Stéphan Etcharry (Université de Reims), Théodora Psychoyou (Sorbonne Université), Cécile Quesney (Université de Lorraine), Emmanuel Reibel (ENS de Lyon, CNSMDP), Anastasiia Syreishchikova-Horn (Université de Lorraine)

 

1 Susan Wollenberg, « (Why) Do We Need “Women Composers”? », dans Mariateresa Storino et Susan Wollenberg (dir.), Women Composers in New Perspec0ves, 1800–1950 : Genres, Contexts and Repertoire, Turnhout, Brepols, 2023, p. 1-14.
2.  Voir par exemple pour l’année 2026 en Europe le colloque pluriannuel Désinvisibilisa0ondes compositrices porté par l’Université Paris 8, le Pôle Sup 93 et la BnF, le colloque Women and Music in the Iberian Courts (1600-1900) de l’Université Complutense de Madrid, le congrès Women and Musical Histories (1789-1914) de la Royal Academy of Music de Londres, et enfin le colloque Women in Music de                     l’Université  d’Athènes avec la Roya Musi Association.


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ISSN 2269-9910.

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Jeudi 16 Juillet, 2026