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Caen le 8 avril 2026 —— Alain Lambert.

Caen vu par Jean François Zygel : les tableaux d’une déambulation

Jean-François Zygel. Photographie © Presse Océan.Jean-François Zygel. Photographie © Presse Océan.

Le pianiste Jean François Zygel est bien connu pour ses talents grand public d’initiateur à la musique classique. Et il est aussi l’un des rares improvisateurs dans ce genre musical. C’est-à-dire que, comme en jazz aujourd’hui, mais aussi comme à l’époque baroque ou romantique, le musicien joue dans l’instant, à partir des accords qu’il choisit et de la ligne mélodique qu’ils lui inspirent.

Depuis plusieurs années, il propose des balades musicales dans les villes qui l’accueillent, d’abord à l’étranger, puis en France ensuite. Il lui faut d’abord explorer la ville sur deux ou trois jours pour pouvoir la comprendre et la ressentir un minimum, avant d’en proposer une quinzaine de tableaux de quelques minutes, esquissés sur la palette de son clavier. Ici, un Steinway qu’il a déjà fréquenté, avec plaisir visiblement, lors d’un ciné-concert dans ce même théâtre.

Après un prélude, il pivote vers le public, se présente ainsi que son projet, et décrit son arrivée à la gare, et la découverte du tramway qui va être son premier sujet, dans un style répétitif et rythmique imagé. Puis le château de Guillaume va l’entraîner vers une rêverie médiévale et épique, avec de grands accords qui résonnent depuis le lointain passé, évoluant en fonction des métamorphoses de la forteresse.

À chaque étape, il nous raconte sa découverte des différents paysages urbains, avant de nous les transcrire musicalement, en en diversifiant les approches rythmiques, harmoniques et mélodiques. Les travaux, les rivières, le fleuve et le canal, l’église Saint-Pierre, le Mémorial pour la paix et le D Day en 1, le jardin des plantes, le voyage aérien jusqu’à Ouistreham, le cimetière des Quatre-Nations, immortalisé par François Truffaut dans la Chambre verte, la société métallurgique disparue et les activités du port, les deux abbayes, aux hommes et aux dames, la presqu’île et ses architectures modernes. Et enfin, le lever de soleil sur la ville pour clore.

Un grand savoir-faire de conteur, on le savait, et de pianiste improvisateur aussi. Le public est à la fois curieux de son regard sur sa ville, et de ses transpositions inspirées. On sent qu’on n’est pas si loin du jazz, dont les pianistes se sont eux aussi imprégnés souvent d'Igor Stravinski, Erik Satie, Claude Debussy, Maurice Ravel, et des répétitifs ou des romantiques, en plus de leur formation en blues et en swing.

Une jolie expérience, pleine de surprises, qui nous éloigne un peu de la grande tradition transmise par les partitions.

Retour au classique « classique » avec un concert Beethoven/Brahms le 6 mai au théâtre de Caen par l’orchestre national de France.

signature d'Alain Lambert Alain Lambert
Caen, 8 avril 2026
© musicologie.org.

1. Les anglos-saxons désignent par « d » la note . En général pour l'harmonie D = majeur ; d = mineur.


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ISSN 2269-9910.

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