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27e année, 14 juillet2026.

Boris Berman interprète Debussy, Schönberg, Scriabine, Prokofiev

Boris Berman, œuvres de Debussy, Schönberg, Scriabine, Prokofiev, Le Palais des Dégustateurs 2026 (pdd 048)

Boris Berman, œuvres de Debussy, Schönberg, Scriabine, Prokofiev, Le Palais des Dégustateurs 2026 (pdd 048).

Enregitré les 6-8 janvier 2025, Salle Morse, Yale University.

Paris, Vienne, Berlin, Saint-Pétersbourg, Moscou… A l’orée du 20e siècle, l’Europe des Arts pressent les catastrophes quand elle n’accompagne pas le bruit des canons. Ceux-ci désintègrent les frontières d’empires qui ne se savent pas encore condamnés et cette même artillerie exalte en littérature et dans toutes les manifestations du génie humain, le désir de vivre et bientôt le désespoir d’avoir survécu. Les arts ne sont — aussi — que le reflet des mouvements de l’âme et des gestes de leur temps. Ils ne se nourrissent plus depuis longtemps des fondations chrétiennes qui les ont baptisés dans l’Europe médiévale. Ils jouent à se faire peur.

Dans cette Europe prête à la guerre, les arts témoignent de la volatilité des esthétiques, de la fascination des créateurs pour Tailleurs : Debussy serait, selon le bon mot de Manuel de Falla, le plus grand compositeur espagnol. À défaut du pinceau qu’il manie si bien, Schönberg peint des notes en soulignant devant ses détracteurs qu’il n’a jamais cessé de composer à la manière de Brahms. Prokofiev se veut imprévisible et provocateur. Son génie le sauve et le protège du romantisme qu’il rejette, alors qu’il en est Tun des descendants les plus remarquables. Enfin, Scriabine s’enferme dans son cosmos dont il projette la lumière aveuglante sur l’Humanité décadente. Compositeur à l’œuvre inclassable aux yeux des Russes eux-mêmes, il offre un langage qui serait incompréhensible sans la décomposition harmonique progressive du romantisme de Chopin, l’atonalité suggérée du dernier Liszt, le jeu des timbres de Debussy.

Que ce soit dans la quête d’un son nouveau ou dans le choix de systèmes d’écriture déroutants, ces compositeurs — pour la plupart interprètes de leurs propres œuvres — refusent que leur instrument, le piano en pleine gloire de sa facture ne soit précisément qu’un piano. Les romantiques en ont épuisé tous les parfums, dénoué tous les charmes jusque dans l’artifice de la virtuosité parfois vide de sens.

Stéphane Friédérich
Extrait du livret.

Arnolg Schönberg, Five Pieces, opus 23, 12. « Sehr Rasch ».

Claude Debussy, 1-4. Suite Bergamasque ; Arnold Schönberg, 5-10. Six little Piece, 11-15. Five Pieces, opus 23 ; Sergeï Prokofiev, 16-35. Visions fuigirtives, opus 22 ; Alexander Sciabin, 36-40. Five Prludes, opus 74.


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ISSN 2269-9910.

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Mardi 14 Juillet, 2026