bandeau texte musicologie

 11 janvier 2022 —— Alain Lambert.

Cinq cédés sans étiquette pour en finir avec 2021

NO&RD d’abord, plutôt ténébreux, Aquaserge et son rock nourri de musique contemporaine, zBlug entre concret et électronique, Klein à la frontière entre pop et jazz, et Ana Kap Octet hors de toutes frontières.

 

One (Unifaun productions 2021) du duo NO&RD, du guitariste Olivier MellaNO et du batteur Régis BoulaRD, deux musiciens prolifiques de la scène alternative et expérimentale, venus du rock mais touche à tout, ayant joué ensemble dans diverses formations. Tous les titres jouent sur la contrainte oulipienne de posséder au moins deux à quatre lettres du nom du duo. Un univers post Terje Rypdal ou King Crimson. Une guitare souvent orageuse et des rafales percussives qui génèrent une musique au gros son, surtout dans les morceaux longs One, One note, no samba, Nord qui prennent le temps d’advenir et de survenir. Les autres alternent entre évanescence (No one, No drama, Reammo, Or) et séquences brutes. Un bel et sombre album.

 

The Possibility of a New Work for Aquaserge (Crammed disc 2021) avec la percussionniste Camille Emaille, la flûtiste Marina Tantanozi, les saxophonistes Robin Fincker et Olivier Kelchtermans de la formation élargie d’Aquaserge, dont le le quintet de base est constitué d’Audrey Ginestet (chant, basse), Benjamin Glibert (guitare, claviers), Julien Gasc (chant, synthé), Manon Glibert (clarinettes) et Julien Chamla (batterie, percussion). Dans cet album, ces neuf musiciens adaptent ou s’inspirent des compositeurs de la musique savante du XXe siècle comme Giacinto Scelsi (1905-1988), György Ligeti (1923-2006), Edgard Varèse (1883-1965) et Morton Feldman (1926-1987), y ajoutant un poème de Verlaine ou de Rilke. Un album de pop expérimentale fortement magnétique.

 

Lichens ((Elektramusic 2021) du duo zBlug, avec Tiri Carreras à la grosse caisse, aux cymbales et multiples objets et Dom Dubois au clavier, pédales et potentiomètres. Une approche à la fois concrète, avec ses percussions bruitistes, et électronique autour du clavier bien altéré. Tous deux se connaissent depuis 2007, ont joué ensemble dans bBlunk, zBlug, puis au sein du collectif XoNdZf, en particulier dans zVeep, chroniqué il y a longtemps ici. Bref, un duo qui s’amuse entre minuscules et majuscules, revisitant plusieurs genres de lichens symbiotiques en neuf titres, tous aussi étranges et fascinants les uns que les autres, dans des paysages sonores remontant parfois aux origines de la vie, quand la musique bruissait en silence. Une session (presque) live passionnante.

 

Sonder (Cristal records 2021) du pianiste Jérôme Klein, piano, claviers et vocal, accompagné de Niels Engel à la batterie, Pol Belardi au vibraphone, à la basse ou aux claviers et Charles Stoltz à la programmation sonore. Un album aux limites de la pop et de l’électro, le tout augmenté des sonorités jazzy du vibraphone acoustique et du piano. Dans Catharsis, les claviers et la batterie ouvrent le bal rythmique avant que le piano s’élance en solo puis le vibraphone, Episode, comme Creator et Poem plus à la fin relèvent de l’électro-pop chantée. Dans Down, la mélodie oscille entre tous ces mondes, et le vibraphone nous ramène vers le jazz fusion dominant dans les trois thèmes suivants. Sonder clôt ce joli cédé en un duo vibra piano tout en mélancolie feutrée.

 

Apalis (Art mélodies 2021) d’Ana Kap Octet est une création du trio caennais Ana Kap : Pierre Millet, trompette et bugle, Manuel Decocq, violon et piano, Jean-Michel Trotoux, accordéon. Augmenté de Dzijan Emin, arrangements, piano, Fender Rhodes et synthétiseur Juno, Bojan Ilkoski, violon, Marija Trajkovska, violon, Olivier Samouillan, alto Marija Mihajlovska, violoncelle. Il s’agit d’une rencontre musicale enregistrée en Macédoine du Nord où les compositions, originales, du trio prennent un nouveau relief dans cet octet entre les claviers et le quatuor à cordes classique. Olivier Samouillan y a ajouté deux thèmes et le morceau d’ouverture de ce bel album, Blooming, très électrique, est écrit par les quatre, plus le claviériste et directeur musical.

 

Alain Lambert
11 janvier 2022
© musicologie.org


Les précédents articles d'Alain Lambert

3 works for 12 : Alban Richard et ses « dansantes machines humaines »P.O.P. Duo pour clore les 25 ans du Collectif PANDe Wolfgang à Reynaldo avec Shani Diluka au piano pour les 70 ans de l'Orchestre de CaenCinq cédés jazzy pour oublier le masqueLouise Jallu 4tet recrée Piazzolla.

alain@musicologie.org ; Alain Lambert, tous ses articles.

rect_acturect_biorect_texte

À propos - contact |  S'abonner au bulletinBiographies de musiciens Encyclopédie musicaleArticles et études | La petite bibliothèque | Analyses musicales | Nouveaux livres | Nouveaux disques | Agenda | Petites annonces | Téléchargements | Presse internationale | Colloques & conférences | Collaborations éditoriales | Soutenir musicologie.org.

Musicologie.org, 56 rue de la Fédération, 93100 Montreuil, ☎ 06 06 61 73 41

ISNN 2269-9910

bouquetin

Mardi 11 Janvier, 2022 13:03