musicologie

4 août 2021 —— Jean-Marc Warszawski.

Solistes de l’Orchestre de Paris : c’est du vent !

Les solistes de l'Orchestre de Paris, musique française pour vents et piano, Vincent Lucas (flûte), Alexandre Gattet (hautbois), Philippe Berrod (clarinette), André Cazalet (cor), Marc Trénel (Basson), Laurent Wagschal (piano), œuvres de Roussel, Koechlin, Taffanel, D'Indy, Messager, Françaix, Chabrier, Bozza, Tansman. Indésens 2020 INDE 142).

Enregistré les 3-5 mars 2020, studio Libretto, Antony.

Cinq références musicales, Vincent Lucas (flûte), Alexandre Gattet (hautbois), Philippe Berrod (clarinette), André Cazalet (cor), Marc Trénel (Basson), et Laurent Wagschal, pianiste très demandé en musique de chambre, proposent un programme d’œuvres françaises, composées entre 1875 et 1939.

Quatre quintettes avec piano, de facture plutôt orchestrale cherchant les couleurs plus que les échanges, pour l’esprit collectif, et cinq solos avec piano pour que chacun à son tour puisse se pavaner. C’est un programme très brillant, par le choix des œuvres qui sont de belles œuvres, et les épisodes de bravoure soutenus par un piano attentif.

On est dans la première moitié du xxe siècle, avec sa traîne de romantisme, ses revendications modernistes, ses élargissements harmoniques, ses sautillements impressionnistes pour cinéma muet, voire avec Jean Françaix, un humour potache qui n’aurait pas déplu à Camille Saint-Saëns, tant pour le côté rigolard de l’Heure du Berger (l’apéritif anisé), que la virtuosité d’écriture. Même Vincent d’Indy sort ici de sa médiocrité, on peut même sourire à un humour involontaire dans les raideurs solennelles de son menuet pour soldats de bois. Les élans romantiques du larghetto pour piano et cor d’Emmanuel Chabrier, qui montre à corps défendant les beautés de la sobriété, lui qui en eut si peu. Orientalisme et pastorale s’achevant en un trépident bouquet, avec Eugène Bozza, malheureusement plus connu pour ses tableaux d’instrumentation que ses belles qualités de compositeur. La danse de la sorcière d’Alexandre Tansman, magnifique pièce orchestrale, aux belles motricités ayant pris quelques leçons chez Igor Stravinsky.

 

1. Albert Roussel, Divertissement pour quintette à vent et piano, opus 6, 2-4. Charles Koechlin, Sonate pour basson et piano, opus 71, I. Andante moderato, II. Nocturne, III. Final, 5-6. Paul Taffanel, Andante pastoral, Scherzettino, pour flûte et piano, 7-8. Vincent d'indy, Sarabande et menuet opus 72, pour quintette à vent et piano, 9. André Messager, Solo de concours pour clarinette et piano : Allegro non troppo, Andante, Allegro vivo, 10-12. Jean Françaix, L'heure du berger, I. « Vieux beaux », II. « Pin-up girls », III. « Les petits nerveux », pour quintette à vent et piano, 13. Emmanuel Chabrier, Larghetto pour cor et piano, 14. Eugène Bozza, Fantaisie Pastorale, pour hautbois et piano, 15. Alexander Tansman, La danse de la sorcière, pour quintette a vent et piano.

 

 Jean-Marc Warszawski
11 juillet 2021


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bouquetin

Mercredi 4 Août, 2021 3:34