musicologie

11 avril 2021 —— Jean-Marc Warszawski.

La pianiste Sabine Weyer et les deux Nicolas

Mysteries, Sabine Weyer (piano), Œuvres der Nicolaï Miaskovski et de Nicolas Bacri. ARS Produktion 2021 (ARS 38 313).

Enregitré les 17-20 août 2020, au Kultuzentrum Immanuel à Wuppertal.

Sabine Weyer a suivi pendant une dizaine d’années le conservatoire d’Esch-sur-Alzette, sa ville natale au Luxembourg, passe sont troisième cycle en trois années de Conservatoire de Metz, avant d’intégrer le Conservatoire royal de Bruxelles. Parallèlement à sa carrière, elle enseigne au Conservatoire de Luxembourg.

Pour son cinquième cédé elle a choisi de croiser des œuvres de Nikolaï Miaskovski avec celles de Nicolas Bacri inspiré par ou rendant hommage au premier.

Nikolaï Miaskovski (1881-1950), fils de général de l’armée reçoit une éducation incluant la musique. Il suit les pas de son père dans la carrière militaire. Après la démobilisation de la Première Guerre mondiale et la terrible guerre civile consécutive à la Révolution d’octobre, il suit des cours de composition avec Reinhold Glière, puis de contrepoint avec Ivan Krïzhanovsky, un élève de Rimski-Korsakov. Il est nommé en 1921 professeur de composition au Conservatoire de Moscou. Peu connu à l’étranger, il est un compositeur de première importance, par ses œuvres, son investissement dans les institutions musicales, et son enseignement. Il est surtout connu pour ses symphonies.

Admis en 1980 au Conservatoire national supérieur de Paris pour y étudier la composition sous la direction de Serge Nigg et de Michel Philippot, Nicolas Bacri reçoit dès 1982 ses premières commandes du ministère de la Culture. Depuis les œuvres de son catalogue riche de cent cinquante opus sont régulièrement créées, jouées, enregistrées dans tous les arrondis de la planète. Il enseigne la composition au Conservatoire de Paris et à la Schola cantorum.

Ce sont des œuvres saturées par leur densité, tant thématique qu’expressive. Même si l’on pense bien sûr à la filiation pianistique avec Scriabine, on est là dans un expressionnisme slave, que Dimitri Chostakovitch a exacerbé, avec beaucoup moins de retenue que son collègue Miaskovski, et que Nicolas Bacri reprend à son compte. On est bien dans un registre tragique, peu détendu par des périodes de mystère angoissé, des épisodes dénudés, plus désolés qu’élégiaques.

La première sonate de Miaskowski, donne en première plage la couleur, en énonçant le Die Irae, « Le jour de colère » (celui du jugement dernier), hachuré par une pluie tournante de notes en guise de développement, dans la suite de l’œuvre…

Comment peut-on prendre plaisir aux tragédies ? Demandait René Descartes ?  C’est peut-être le propre de l’art, pierre philosophale de la beauté.

Nicolaï Miaskovski, Excentricités, « Allegro tenebroso e fantastico »  (plage 6).

1. Nicolaï Miaskovski, Sonate pour piano, no 2, en fa♯ mineur, opus 13.

2. Nicolas Bacri, Sonate no 2, opus 105.

3. Miaskowski, Sonate no 3, en do mineur, opus 19.

4. Bacri, Sonate no 3, « Impetuosa », opus 122.

5-10. Miaskowski, Excentricités, opus 25.

11. Bacri, Fantaisie, opus 134.

 Jean-Marc Warszawski
12 avril 2021


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Lundi 12 Avril, 2021 0:45