musicologie

Claude Charlier 28 août 2021 —— Johann Sebastian Bach en couleurs.

Toccata et fugue pour orgue en mineur BWV 565

Niveau moyen

Cette pièce pour orgue, conçue pour deux Claviers et Pédalier, connue le plus souvent comme : La Toccata, est certainement l’œuvre la plus célèbre de Johann Sebastian Bach. Paradoxalement par ses nombreuses transcriptions, étrangères à sa conception, comme celles de Ferruccio Busoni (piano) ou de Leopold Stokowski (orchestre), elle a contribué à faire connaître la musique d’orgue du compositeur.

Il ne s’agit pas d’une partition autographe et la version la plus ancienne provient d’une copie de Johannes Ringk, un élève de Johann Peter Kellner. Sa paternité à longtenps été mise en doute mais, pour l’instant du moins, on s’accorde encore à l’attribuer au Cantor de Leipzig.

Il s’agit d’une œuvre de jeunesse que l’on situe entre 1703 et 1707. Je l’ai rangée dans la catégorie de difficulé moyenne du fait des traits de Pédale.

Oserais-je dire que c’est probablement aussi la plus mauvaise !

Les critères de paternité sont fondés essentiellement sur la longueur de l’œuvre (143 mesures) et sur les deux petites sections chromatiques (mesures 49-50 et 97-98). Rien à voir, cependant, avec sa grande soeur: la dorienne BWV 538 ou la toccata en fa, BWV 540, plus tardives et beaucoup plus structurées.

L’œuvre est conçue selon les normes de l’école d’orgue du Nord de l’Allemagne, en ligne directe avec les Toccatas d’un Dietrich Buxtehude plus intéressantes du point de vue de la musicalité. Il s’agit, en effet d’une page, de facture encore immature, empreinte de virtuosité, mais de peu de consistance telles certaines œuvres pour piano de Sigismund Thalberg ou de Franz Liszt. Des notes certes, mais peu de musique !

La fugue est directement introduite à la suite de la toccata, selon la tradition de l’école nordique.

En ce qui la concerne; il s’agit d’une fugue simple ordinaire, selon la définition de Friedrich Wilhelm Marpurg, qui ne présente aucun contre-sujet et pratiquement aucune ligne contrapuntique digne d’intérêt.

Voici un extrait de l’analyse d’Alberto Basso (op. cit., vol. I, pp. 515) : Le premier épisode (29 mesures en tout) associe le style récitatif, rhapsodique (adagio), brisé de points d’orgue, contenu dans un espace extrêmement réduit et délié en arpèges, gammes et accords dissonants... au style de toccata (prestissimo) fait de formules et figurations fixes en progression. La fugue (97 mesures) se développe directement à partir de la première section, mais de manière linéaire, sans adopter d’organisations polyphoniques, et s’oriente aussitôt vers une formule de type concertant, abandonnée ensuite pour céder le pas à un épisode (mes. 59-85) hardiment en forme de toccata. Une section conclusive (mes. 127-143) reprend le style récitatif... alternant des phases dynamiques de signe opposé (adagissimo-presto- adagio-vivave-molto adagio), sont des indications portées dans un très bref espace) qui font voler en éclats tout le bloc de la composition, avec des résultats enthousiasmants.

Le premier biographe de Bach, Johann Nikolaus Forkel, écrivait : Les premiers essais de Bach dans la composition furent, comme le sont tous les premiers essais, très défectueux.

Je me suis donc limité dans cette œuvre à mettre en évidence, par la couleur, les différentes principales structures de cette composition célèbre. Mais, l’analyse n’est pas bâclée pour autant !

 Claude Charlier
28 août 2021.

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bouquetin

Samedi 28 Août, 2021 13:50