musicologie

22 septembre 2020 —— Jean-Marc Warszawski.

Théodora Cottarel et Tiziana De Carolis suivent à la voix les voies des compositrices

Voies(x) de femmes, Théodora Cottarel (soprano, Tiziana De Carolis (piano), Florilegium Vocis (dir. Sabino Manzo), Maris Gabriella Bassi, œuvres d'I. Aboulker, L. Boulanger, T. De Carolis, G. Finzi, R. Poldowski, G. Tailleferre. Digressione music 2020 (DCTT 105).

Théodora Cottarel est une soprano, issue d’une famille française installée aux États-Unis. Elle a étudié son art à la Manhattan School of Music et se produit plutôt sur les scènes d’opéras. Tiziana De Carolis, pianiste et compositrice vient quant à elle d’Italie où elle a étudié le piano au Conservatoire de Bari avant de se former à la musique de film et à la musique de chambre à l’École normale de musique de Paris.

Toutes deux, complices de longue date, ont rodé sur scène ce programme de mélodies françaises de compositrices : Lili boulanger (1893-1918), Germaine Tailleferre (1892-1983), Régine Poldowski (1879-1932)  et les vivantes Isabelle Aboulker, Graciane Finzi, Tiziana de Carolis en personne, dont les attirances harmoniques jazzy et debussystes attirent parfois l’oreille.

Un choix dans le fond assez resserré, qui permet de mieux se  faire l’oreille à chacune d’entre elles. Bien que les vingt-sept mélodies soient présentées par thème selon les voies de l’amour, celles sans issue et celles du voyage, et selon les voix de la nature, de l’enfance, de la contemplation, dans la mesure du possible, les compositrices ont été également regroupées. Nous apprécions ces plages cohérentes, notamment les quatre mélodies de Germaine Tailleferre ou les Petites histoires naturelles (rigolotes) d’après Jules Renard d’Isabelle Aboulker.

Cet enregistrement bien mené sur un programme souvent malicieux, de bien belle musique, parfois magnifique.

C’est une réalisation évidemment musicale mais sur fond militant pour la reconnaissance de la place et de l’existence des femmes dans la création musicale… pas seulement.

Ce cédé s’achève sur une œuvre chorale de piano de Tiziana de Carolis, interprétée avec le chœur Florigegium Vocis sous la direction de Sabino Manzo, avec Maria Gabriella Bassi au piano, « les voix des migrants » Linea riflessa, sur un poème italien de Manolo Luppichini.

Il est un peu dommage que le livret de ce cédé ne soit rédigé qu’en anglais.

Isabelle Aboulker, L'inconstante, sur un poème de Charles Cros, plage 4.

Les voies de l'amour

  1. Dansons la gigue, Régine Poldowski (Paul Verlaine)
  2. La vie l'amour, Graciane Finzi (Lamartine)
  3. L'heure exquise, Régine Poldowski (Paul Verlaine)
  4. L'inconstante, Isabelle Aboulker (Charles Cros)
  5. Barcarolle de l'amour, Graciane Finzi (Pierre de Marbeuf)
  6. Les lilas qui avaient fleuri, Lili Boulanger (Francis Gammes)

Les voix de la nature

  1. Une mouche, Isabelle Aboulker (Jules Renard)
  2. Le cerf, Isabelle Aboulker (Jules Renard)
  3. L'araignée, Isabelle Aboulker (Jules Renard)
  4. Les feuilles frissonnent, Isabelle Aboulker (Jules Renard)
  5. Le lézard, Isabelle Aboulker (Jules Renard)
  6. Le Chêne et le Roseau, Tiziana De Carolis (Jean de la Fontaine)
  7. Le Corbeau et le Renard, Tiziana De Carolis (Jean de la Fontaine)

Les voies sans issue

  1. Vrai dieu qui m'y confortera, Germaine Tailleferre (Anonyme)
  2. Souvent un air de vérité, Germaine Tailleferre (Voltaire)
  3. Mon mari m'a diffamée, Germaine Tailleferre (XVe)
  4. Les trois présents, Germaine Tailleferre (Sarrasin XVIIe)

Les voix de l'enfance

  1. Loulou, Tiziana De Carolis (Grégoire Solotareff)
  2. Et pourquoi ? Tiziana De Carolis (Michel van Zeveren)
  3. Non ! Tiziana De Carolis (Jean du Frout)

Les voix de la Contemplation

  1. Reflets, Lili Boulanger (Maurice Maeterlinck)
  2. Deux ancolies, Lili Boulanger (Francis Jammes)
  3. Pâle aurore, Graciane Finzi

Les voies du voyage

  1. Philéasine Foggette, Tiziana De Carolis (Florence Vittel)
  2. Le bocal, Tiziana De Carolis (Florence Vittel)
  3. Mensonge pour de vrai, Tiziana De Carolis (Jean du Frout)

Les voix des migrants

  1. Linea riflessa, Tiziana De Carolis (Manolo Luppichini), pour chœur et piano

 Jean-Marc Warszawski
22 septembre 2020
© musicologie.org


musicologie.org
 rss

Jean-Marc Warszawski, ses précédents articles

 

Franz Schubert, deux joyaux de trois à cinq —— Maria Szymanowska : de l’essentiel à l’essentiel d’Élisabeth Zapolska —— Airs d'opéra et autres de Stanisław Moniuszko par le pianiste Cyprien Katsaris —— Motets, cantates, Lieder de Martha von Castelberg.

Tous les articles de Jean-Marc Warszawski

À propos - contact |  S'abonner au bulletinBiographies de musiciens Encyclopédie musicaleArticles et études | La petite bibliothèque | Analyses musicales | Nouveaux livres | Nouveaux disques | Agenda | Flux RSS | Petites annonces | Téléchargements | Presse internationale| Colloques & conférences | Universités françaises | Collaborations éditoriales | Soutenir musicologie.org.

Musicologie.org
56 rue de la Fédération
93100 Montreuil
06 06 61 73 41
ISNN 2269-9910

bouquetin

Mardi 22 Septembre, 2020 2:00