musicologie  jeudi 20 février 2020.

Le charme de l'émeute

Pièce chorégraphique de Thomas Chopin, pour 5 danseurs

Les révoltes se multiplient partout dans le monde. Entre les élans spontanés de violence et la mise en place de nouveaux moyens de contestation l’heure est à la colère. Il y a ceux qui ont les mots et ceux qui ont les gestes. Cette création chorégraphique tentera de montrer les différentes manières d’être en situation de révolte et posera la question des affects dans la mise en mouvement des peuples.

Direction et chorégraphie, Thomas Chopin.

Dramaturge associé, Vincent Poymiro

Danseuses et danseurs, Steven Hervouët, Simon Tanguy, Johanna Levy, Benoit Armange et Elsa Dumontel.

Lumières, Vincent Toppino

Son: Thomas Chopin, Gaspard Guilbert

Costumes, Alice Touvet et Delphine poiraud

Masques, Rosalie Stevens

Je suis né au milieu des années 70 quelques temps après Mai 68. Mes parents tenaient une librairie indépendante où se vendaient les ouvrages de contre-culture de l’époque : littérature, bande dessinée, presse... Je me suis nourri durant toutes ces années de jeunesse de ces écrits et de cette excitation libertaire présente dans mon entourage. L’idée de révolution était dans l’air du temps, elle s’appliquait « ici et maintenant ».

J’ai toujours été fasciné par les mouvements des peuples qui s’opposaient à l’ordre établi. Régulièrement je me rends dans les manifestations en « observateur participant ». Je me pose toujours la question de leur intérêt dans l’histoire et la politique. Est-ce que la politique se fait dans la rue ? Régulièrement les hommes politiques nous disent que ce n’est pas la rue qui gouverne. Malgré tout, à différents moments de l’histoire, des mouvements d’opposition nés dans la rue ont permis de faire tomber le pouvoir : lors du Printemps arabe en Tunisie et en Egypte ou encore en Ukraine en 2014. Souvent on rétorque que ces mouvements suscitent beaucoup d’espoirs mais se soldent par un retour à un nouvel ordre qui est souvent pire qu’avant. Soit. Bien que les défaites soient beaucoup plus importantes que les victoires, le peuple redescend constamment dans la rue, et ce, dans le monde entier.

A partir de là se pose la question de ce que nous racontent ces manifestations. Ce que j’ai pu constater et ressentir  c’est que le peuple a besoin de se retrouver pour évaluer régulièrement sa puissance. Nous descendons dans la rue pour nous voir et se rassurer de notre existence. Nous sommes présents dans l’espace donc nous existons en tant qu’entité. Descendre dans la rue est déjà entrer en action. Par l’action nous nous sentons vivants et remplis d’espoir. Sentir que des mouvements de foule peuvent déborder révèle la force sous-jacente de nos masses.

Ma pièce précédente, Ordalie, interrogeait la capacité de l’individu à se régénérer par la prise de risque. Cette nouvelle création élargit la réflexion au groupe. Comment une population se transforme par la révolte face à l’ordre établi en utilisant son corps comme moyen d’action ?

Thomas Chopin, janvier 2018

Les Halles de Schaerbeeck (Belgique), 25 Mars 2020.

Le Sablier, Ifs / 5 Mai 2020.

La Rive Gauche, Saint-Etienne-du-Rouvray (saison 2020-2021).

Dossier de presse

 


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Jeudi 20 Février, 2020