musicologie  mardi 7 juillet 2020.

Jocelyn Faye chante Aragon, De Baïf, Clementi, Max Jacob ...

Jocelyn Faye chante L. Aragon, J. A. de Baïf, P. Clementi, Max Jacob, M. Maeterlinck, J. Supervielle, P. Verlaine. Microsillon 33 t. BAM LD 411, 1964.

Face A : 1. Complainte du trouvère, 2. Villanelle, 3. Ce qu'il faut de nuit, 4. Chanson, 5. Le cri du butor, 6. Du printemps, Face B : 1 . La fille du cultivateur, 2. Il se peut qu'un rêve étrange, 3. Impression fausse, 4. Mariage, 5. Cœur, 6. Amour, couleur de Paris.

Chronologiquement : naïf apprenti, studieux lecteur et instrumentiste (à la guitare, bien entendu), timide créateur et consciencieux interprète, Jocelyn Faye nous apparaît maintenant fort d'une expérience de dix années, consacrée en grande partie à dégager son inspiration, son goût, sa technique — sa personnalité. Ceci sans précipitation donc, hors d’une exploitation hâtive, mais sans rupture ni laisser-aller, sans illusion ni prétention. Il en résulte aujourd'hui une solidité exceptionnelle de son répertoire, mais également et surtout une originalité contrastant curieusement avec l'habituel « ron-ron » de trop de chansons dites « poétiques ».

Originalité certes, avant tout, du timbre de sa voix. Et cette enfance à chaque stade ultra-sensible de sa manière de chanter ; et cette passion qui s'exprime dans son regard lorsqu'il interprète ses compositions préférées — qui le transfigure véritablement : ce sont là signes de conviction et de jeu étroitement mêlés, de confiance et de complicité envers le « témoin » qui l'écoute. Inutile de préciser, dans ces conditions, que seule une activité tout de raffinement et de subtilité préside à son besoin de communiquer avec « l'autre » — supposé doué d'une réceptivité exacerbée.

Ce qui le distingue absolument de ses compagnons de tour de chant, de récital ou de disque, ce n'est pas seulement tel caractère de composition (propre, après tout, à chaque musicien), mais surtout ses qualités d'amateur — au sens noble du terme — du verbe poétique, d'artisan — au sens initial du mot — de la mélodie, d'interprète — au sens « adjectif » — du chant. Serait-ce le desservir que d’employer de semblables critères ? La réussite même de son initiative prouve, sur le plan de cet art populaire et toujours renouvelé, le bien-fondé d'une démarche ainsi définie.

Des temps passés, Jocelyn Faye a retenu : Christine de Pisan, Charles d'Orléans, Antoine de Baïf, Alfred de Musset, Gérard de Nerval, Paul Verlaine et du monde contemporain : Michaux, Genet, Audiberti, Aragon, Jacob, Supervielle, Carco, Romains, etc... Chaque poème se trouve, dès lors, revivifié, restitué selon à la fois les règles appropriées à sa nature et celles implicitement contenues dans la renaissance actuelle de l'expression vocale : mise en évidence de la musicalité, projection de la phonétique et de la rythmique, vibration sympathique d'harmonies extérieures.

Or, le fait essentiellement contemporain de cet avènement de la poésie chantée, retenue et répétée par le phénomène d'une adhésion affective — presque physique — autant que de mémoire (compte tenu des moyens d'amplification et de relief dûs à l'électronique), ce fait réside chez Jocelyn Faye, mais comme assumé et reconverti à l'écart de tout effet superficiel ; il chante à l’intime, pour un partage à l'échelon de l'amitié ou de la camaraderie, puis, à cette image exclusivement, au niveau du groupe et de l'auditoire individualisé. Et c’est alors que l'on peut parler de nuance incluse dans un ton direct, d'intelligence et de retenue dans une intensité d'émotion assez rare, de précision dans la spontanéité.

André Almuro

Face A

1. Complainte du trouvère (Pierre Clementi)

2 . Villanelle (Max Jacob)

3. Ce qu'il faut de nuit (Jules Supervielle)

4. Chanson (Maurice Maeterlinck)

5.) Le cri du butor (Louis Aragon)

6) Du printemps (J.A. de Baïf)

Face B

1 . La fille du cultivateur (Max Jacob)

2. Il se peut qu'un rêve étrange (Max Jacob)

3. Impression fausse (Paul Verlaine)

4. Mariage (Max Jacob)

5. Cœur (Jules Supervielle)

6. Amour, couleur de Paris (Jules Romains)

Tous ces poèmes ont été mis en musique par Jocelyn Faye

accompagnement de Jacques Mallebay, guitariste, pour les chansons 1, 2 et 4 de la face A et 1 et 3 de la face B.

Accompagnement de Jacques Mallebay et Barthélémy Rosso, guitaristes et François Rabbath, bassiste pour les chansons 3, 5 et 6 de la face A et 4, 5 et 6 de la face B (arrangements J. Mallebay).

Pour la chanson 2 de la face B. Jocelyn Faye s'accompagne lui-même à la guitare.

 


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Mercredi 8 Juillet, 2020