musicologie

25 novembre 2020 —— Jean-Marc Warszawski.

Duo Faenza : vingt chansons des xviie et xviiie siècles

Délire des lyres, Duo Faenza, Marco Horvat (chant et luth), Francisco Mañalich (chant et viole), œuvres de Francesco Cavalli, Marin Marais, Claudio Monteverdi, Henry Purcell, Dubuisson, Charles Hurel, Sébastien Le Camus, Carlo Milanuzzi, Alessandro Piccinini. Hortus 2020 (HORTUS 182).

Date et lieux d'enregistrement non précisés.

Aux cordes digitales de son théorbe, Marco Horvart a joint ses cordes vocales, ajustées à la musique ancienne auprès d’Aruna Airam en Inde et à la Schola Cantorum de Bâle, avec Dominique Vellard et Bob Crawford Young. Il fonde l’ensemble Faenza en 1996.

Né en Chili, Francisco Mañalich y a étudié le chant et la viole de gambe avant de se perfectionner au Conservatoire national supérieur de Paris.

Tous deux se sont produits dans de nombreux ensembles de musique ancienne, ont la particularité de chanter en s’accompagnant de leur instrument et sont animés par le même intérêt pour les musiques populaires ou amateurs, lesquelles dans le passé, étaient le fait de personnes ayant un certain pécule pour ne pas dépendre d’employeurs, dont les musiques sont théoriquement proches de ce qu’étaient le goût réel et le quotidien musical.

Comme le remarque Marco Horvat, la tradition de chanter en s’accompagnant a disparu des pratiques académiques.  Certainement en ce que la sophistication d’écriture demande une concentration et une attention autant pour la partie chantante que pour celles de l’accompagnement. Aussi parce que la dramatisation expressive ne s’accommode pas facilement des gestes fonctionnels du jeu sur l’instrument… mais les instruments anciens sont si poétiques et visuellement si évocateurs.

Aussi encore, parce que le chant accompagné servilement, comme par un laquais, sert l’image sociale, au même titre que le chef d’orchestre.

Avec un répertoire approprié, s’accompagner à l’avantage de la liberté dans le dialogue avec l’instrument, da la liberté tout court.

Pour un spectacle et ce cédé, Marco Horvat et Francisco Mañalich ont joint voix, théorbe et viole de gambe, aussi guitare et lira, dans un tour de chant d’airs (français, italiens, anglais) des xvie et xviie siècles, où l’on retrouve le nom des grands maîtres Monteverdi, Campion, Purcel, Marin Marais… et de moins connus tels Carlo Milanuzii, Dubuisson, Hurel, etc.

Ils ont choisi vingt airs de toute beauté, de caractère populaire, c’est-à-dire sans les maniérismes avec lesquels les classes sociales supérieures tentent, dans leurs représentations, de se démarquer. Ce qui ne veut pas dire sans sophistication. C’était le crédo de Jean-Jacques Rousseau, dans le fond, celui de la recherche d’une certaine beauté « naturelle ».

Par son engagement esthétique et la qualité de son interprétation, ce musicalement magnifique duo se range aux côtés des réalisations d’Hespèrion xxi (Jordi Saval), l’Arpeggiata (Christina Pluhar), et de la Cappella Mediterranea (Leonardo García Alarcón).

Un programme qui irait fort bien dans ses couleurs et son esprit au théâtre de Molière. On ne s’en lasse pas.

Anonyme, Passacaglia della vita.

1. François Campion (1685-1744), Apollon ! c’est toi que j’implore.

2. Henry Purcell (1659-1695), Music for a while.

3. Carlo Milanuzii (1590-1647), Non voglio amare.

3. Dubuisson, Prélude.

5. André Campra (1660-1744), Viens, ma lyre.

6. Anonyme, Passacaglia della vita.

7. Marin Marais, Prélude en arpègement.

8. Bellerofonte Castaldi (1580-1649), Chi vidde più lieto e felice di me.

9. Henry Purcell (1659-1695), A New Ground.

10. Francesco Cavalli (1602-1676), 10. Lamento d’Apollo.

11. Charles Hurel (....-v. 1692), Si jamais je vais à la taverne.

12. Alessandro Piccinini (1566-1638), Partite variate sopra quest’aria francese detta l’Alemana.

13. Claudio Monteverdi (1567-1643), Tempro la cetra.

14. Thomas Campion, When to her lute Corinna sings.

15. Henry Purcell, Julia.

16. Marin Marais, Rondeau moitié pincé et moitié coup d’archet.

17. Anonyme, Depuis que j’aime Lisette.

18. Carlo Milanuzii, Ut, re, mi, fa, sol, la.

19. Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704), Passacaglia (transcription d'Arto Wikla et Marco Horvat).

20, Sébastien Le Camus (1610-1677), On n’entend rien dans ce bocage.

 Jean-Marc Warszawski
novembre 2020


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Mercredi 25 Novembre, 2020 1:39