musicologie

5 février 2020 —— Jean-Marc Warszawski.

Alexandra Lescure : les gouttes de beauté ruisselante des sonates de Scarlatti

Alexandra Lescure, piano : Scarlatti, Haydn, Mozart. Ilona Records 2020 (LR 920 87 56).

Enregistré à l'auditorium du Conservatoire d'Aix-en-Provence, en août 2019..

Alexandra Lescure est née à Paris, mais suit dès l’enfance ses études pianistiques aux conservatoires d’Aix-en-Provence et de Marseille. Lauréate de plusieurs concours internationaux, elle a traîné ses touches à travers le monde, aux États-Unis, au Brésil, en Autriche, Hongrie, Allemagne, Roumanie, Moldavie, à Malte, bientôt en Chine). Mais il semble que c’est en Provence, au milieu des grains de lavande, qu’elle semble faire sa pelote. Elle aime improviser, présente des spectacles musique et textes mis en scène, enseigne au Conservatoire de Gabriès

Elle propose dans son premier album une confrontation somme toute fort cohérente entre les sonates de Domenico Scarlatti et celles des classiques viennois plus tardifs. Joseph Haydn a vingt-cinq ans au moment du décès de Scarlatti, et Wolfgang Amadeus Mozart tout juste un an. Pourtant les courtes sonates de Scarlatti en deux mouvements contrastés, avec des progressions mécaniques parfois poussées à la limite au premier, et plus de lyrisme au second, sont de toute autre facture que les grandes formes à développement thématique des deux Viennois. Les œuvres du premier sont conçues pour le clavecin contre le piano pour les deux autres. Tous sont sous influence italienne. Enfin de purement italien en Espagne, à influences italiennes à Vienne.

Ces pièces se prêtent au jeu assez tendance d’Alexandra Lescure, qui exclut toute mollesse, éclat, rondeur, irrégularités romantiques, on relâche sur le legato au profit d’une attaque franche et assez détachée, peu de pédale forte et de floutage en résonnance, mais de l’aération et un équilibre qui rend à égalité toutes les couches sonores ou parties internes.

Au résultat, il y a un sentiment de pureté. Immersion en apnée ou en musique, ce n’est pas tant liquide que « La pluie faisant des claquettes » ou que la cascade d’eau s’écrasant sur les roches.

Avec un joli livret où l'on cite Gabriele D’Annunzio « ... des gouttes, des gouttes de la beauté ruisselante comme le sont les sonates de Scarlatti ».

Sortie 28 février 2020.

Domenico Scarlatti
Sonate en la majeur, K. 208
Sonate en mineur, K.9
Sonate en majeur, K.119
Sonate en sol majeur, K.125
Sonate en mi majeur, K.380

Joseph Haydn
Sonate en la bémol majeur HobXVI /46 : 1. Allegro Moderato, 2.Adagio, 3.Presto.

Wolfgang Amadeus Mozart
Sonate en fa majeur K.332, 1. Allegro, 2. Adagio, 3. Allegro assai.

 Jean-Marc Warszawski
5 février 2020

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Mercredi 5 Février, 2020 0:45