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Monaco, 6 mars 2019 —— Jean-Luc Vannier.

Les Canzone légères mais incarnées de Sonya Yoncheva à l’Opéra de Monte-Carlo

Sonya Yoncheva (soprano) et Antoine Palloc (Piano). Photographie © Alain Hanel

Elle était attendue. Après avoir annulé en février 2016 pour raisons de santé sa performance dans Alcina,  Sonya Yoncheva donnait, mardi 5 mars Salle Garnier, un récital accompagnée au piano par Antoine Palloc. Avec un programme  étonnamment succinct et qu’elle a souhaité modifier passant, assez logiquement, du plus « léger » au plus substantiel : en première partie donc des airs pour voix et piano tirés des Seste Romanze I (1848) et Seste Romanze II (1845) de Giuseppe Verdi dont « Perduta ho la pace », « Il tramonto », « Nell’oror di notte oscura », « Ad una stella », « In solitaria stanza ». Nettement plus incarnée fut l’interprétation, précédée d’une superbe introduction pianistique, de « L’esule » (1839) dont la longueur a sans doute permis à la soprano de densifier son chant, de restituer aussi toutes les facettes émotionnelles de la mélodie jusqu’à l’éclatant suraigu final, ce que les autres titres, sans doute trop brefs, lui interdisaient.

En deuxième partie, elle débute par « Vieni, amor mio » de Ruggiero Leoncavallo (1857-1919) dont l’opéra de Monte-Carlo a donné en février 2015 un inoubliable Pagliacci. Elle nous émeut ensuite par un vibrant « Voglio morir con te » de la pianiste et compositrice napolitaine Gilda Ruta (1853-1932), enchaîne par « L’ultimo bacio » et « Ideale » de Paolo Tosti (1846-1916), puis par « Al folto bosco » du compositeur et transcripteur pour piano des œuvres de Verdi Giuseppe Martucci (1856-1909). Son appel suave et alangui « Amor, amor ! » de Pier Adolfo Tirindelli (1858-1937) introduit « ses quatre mélodies préférées » de Giacomo Puccini : « Sole e amore » (1888), « Terra e mare » (1902), « Mentia l’avviso » (1883) et, in fine, « Canto d’anime » (1904) qui la propulse dans d’ultimes et magnifiques aigus.

Peut-être regretterons-nous d’avoir dû patienter jusqu’aux « bis » pour entendre « Adieu, notre petite table » du Manon de Jules Massenet d’une puissance intimiste et affective bien supérieure à l’inévitable, hélas, « O mio babbino caro » extrait de Gianni Schicchi. Qu’importe finalement : Sonya Yoncheva rayonnait telle une femme dans l’attente d’un heureux évènement…

 

Monaco, le 6 mars 2019
Jean-Luc Vannier

 

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