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Varembert, 22 novembre 2019 —— Alain Lambert.

Boujou Jazz Factory, un jazz dans les près plein de lustre !

Boujou jazz factoryBoujou Jazz Factory à Varemberg.Photographie © Gérard Boisnel.

« Jazz dans les près » (JDLP), depuis cinq ans, c'est un artiste de renom invité pour trois jours de concert de mars à novembre à la campagne, accompagné par  des musiciens régionaux, dont le promoteur du projet, Guillaume Chevillard à la batterie. Un dans le Calvados, un dans la Manche et un dans l'Orne.

Hier, pour finir en beauté la cinquième saison, et en espérant franchir le cap des 3 000 spectateurs pour les 27 concerts de l'année, deux invités de renom, Emmanuel Bex à l'orgue et Ludivine Isembourg aux flûtes traversières. Plus Élodie Saint au chant, et à la contrebasse Jean Michel Charbonnel, le seul Rouennais parmi quatre Caennais !

L'idée du Boujou Jazz Factory, c'est de reprendre des chansons normandes plus ou moins connues et de les jouer à la sauce jazz d'aujourd'hui, pour retrouver ses racines et les ouvrir au monde, à commencer par Ma Normandie, qui, reprise par le BJF, se prend un coup de jeune et de swing à la fois.

L'organiste s'amuse et la flûtiste le rejoint et contrechante avec lui. Une palette assez rare dans le jazz,  mais qui sonne vraiment bien. Le contrebassiste et le batteur sont aussi de la fête sur des rythmes souvent chatoyants et chaloupés.

Quant à la chanteuse, tous les styles conviennent à sa voix chaude. Avec quelques jolies trouvailles : À la mode de Caen, une chanson anonyme de la fin XIXe aux arrangements bien (dé)troussés racontant les mésaventures d'un jeune Caennais débarqué à Saint-Lazare, J'entends le coucou, improvisée façon Take Five, ou Les ronds dans l'eau, la belle chanson de Pierre Barouh mise en musique par le pianiste rouennais Raymond le Sénéchal donnant à la voix une présence encore plus jazzy.

Un intermède poétique permet à chaque soliste d'improviser sur des textes enregistrés, un en langue normande, La grainde lainde de Lessay de Louis Beuve, illustré par la batterie, les autres en français dont un de Barbey d'Aurevilly, Les nénuphars, enluminé par l'orgue aquatique.

Le final revient à Alfred Rossel, le premier chansonnier patoisant, avec son hymne du Cotentin, Su la mé, qui prend ce soir une dimension quasi symphonique sur les deux premiers refrains, avant de revenir, pour le dernier, à un rythme de valse musette qui lui convient bien.

Pour le rappel, le comédien garde champêtre de la ferme culturelle de Varembert, qui nous a conté une histouère en patois à l'entracte, et lancé la soirée, vient la clore par  un rap sur la culture rurale, dont le refrain, Êtes vous prêts pour Jazz dans les près, vire à la parodie de Michel Jonasz que le contrebassiste, pour un instant chanteur, imite parfaitement.

Une belle soirée festive reprise ce week-end à la Ferté Macé dans l'Orne, et à Tessy Bocage dans la Manche, selon le principe de JDLP.  La sixième saison débutera en mars 2020.

 

Alain Lambert
22 novembre 2019

© musicologie.org 2019

 


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Lundi 25 Novembre, 2019 14:48