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Louis Vierne (1870-1937), Quintette pour piano et cordes, opus 42

Louis Vierne

Composé en 1917-1918, à la mémoire de son cher fils Jacques, mort pour la France à l’âge e 17 ans. 1. Poco lento, 2. Larghetto sostenuto, 3. Maestoso.

 

Louis Vierne, Qintette avec piano opus 42, par le Quatuor Philipps : Alexis Galpérine, François Kerdoncuff, Yvan Chiffoleau, Olivier Gardon, extrait de « Louis Vierne, The Complete Chamber Music », Timpani, 2006.

 

À la naissance Louis Vierne est aveugle. Une opération pratiquée alors qu’il est âgé de 6 ans, lui permet une vision partielle. Il prend ses premières leçons de solfège et de piano. Au gré des engagements de son père journaliste, la famille est à Paris en 1880. Louis Vierne intègre l’Institut des jeunes aveugles, où il suit les cours de solfège, d’harmonie, de piano et de violon. Remarqué par César Franck qui devient son professeur d’harmonie, on le dirige vers des études d’orgue. Il est admis dans la classe d’orgue de Charles-Marie Widor au Conservatoire supérieur de Paris, devient rapidement son assistant et son remplaçant à la tribune de l’église Saint-Sulpice à Paris. Deux ans après avoir obtenu son Premier prix, quand Alexandre Guilmant remplace Widor, Vierne continue son assistanat (bénévole) pendant 19 ans, en ayant comme élèves Marcel Dupré ou Nadia Boulanger, espérant en toute logique obtenir le poste dès la prochaine vacance. Mauvais calcul. Il enseignera par la suite à la Schola Cantorum, puis à l’École César Franck. En 1900, il remporte le concours ouvert pour le poste d’organiste du grand orgue de Notre-Dame. Victime d’une attaque cérébrale, il meurt à la console de son instrument au cours d’un récital.

Surtout connu pour sa musique liturgique et ses symphonies, ce quintette est pourtant l’un de ses chefs-d’œuvre, d’une grande originalité harmonique et tendu de bout en bout d’une force expressive peu commune.

J’édifie, en ex-voto, un quintette de vastes proportions dans lequel circulera largement le souffle de ma tendresse et la tragique destinée de mon enfant. Je mènerai cette œuvre à bout avec une énergie aussi farouche et furieuse que ma douleur est terrible et je ferai quelque chose de puissant, de grandiose et de fort, qui remuera au fond du cœur des pères les fibres les plus profondes de l’amour d’un fils mort... Moi, le dernier de mon nom, je l’enterrerai dans un rugissement de tonnerre et non dans un bêlement plaintif de mouton résigné et béat.

Lettre de Louis Vierne du 10 février 1918 à son ami Maurice Blazy.

Pour son frère René, décapité par un obus, Vierne écrira Solitude, un poème pour piano.

 

 

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