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mercredi 23 mars 2016

 

L'Assemblée Nationale étend le travail artistique gratuit à l'ensemble des structures privées et subventionnées

23 mars 2016, Syndicat français des artistes interprètes ——

 

Depuis des années le SFA et le SNAM-CGT négocient pour permettre l'exposition la plus large de la pratique artistique en amateur, sans qu'elle s'oppose aux artistes professionnels.

Dans cet esprit nous avons obtenu une dernière séance de concertation au Ministère de la culture le samedi 19 mars 2016. Nous avons rappelé notre proposition permettant aux groupements d'artistes pratiquant en amateurs de pouvoir donner des représentations de leurs spectacles sans aucune limitation, avec une billetterie pour financer les activités de ces groupements (y compris caritatives) et le coût des spectacles. Dans ce cadre, ces activités seront réputées non lucratives et les artistes pratiquant en amateurs ne seront pas rémunérés.

Ce n'était pas suffisant pour le ministère de la culture, le gouvernement et les députés !

L'article adopté cette nuit précise que toutes les structures de création, production, diffusion, d'exploitation de lieux de spectacles, peuvent engager des artistes dans un cadre lucratif sans les rémunérer soit parce qu'elles sont conventionnées pour accompagner les pratiques en amateurs, soit parce que leurs statuts prévoient cet accompagnement.

C'est le travail gratuit étendu à toutes les entreprises et associations de spectacle. Mais au-delà de cette situation à tout le moins révoltante, il est un aspect autrement plus insupportable. Comment peut-on imaginer en effet que sur un même spectacle à but lucratif (faisant l'objet d'une exploitation commerciale) certains artistes soient dûment payés et d'autres pas ? Tous seront touchés quelle que soit leur discipline artistique. Nous assistons déjà à la disparition des chœurs professionnels. Celle des compagnies chorégraphiques, dramatiques et musicales est en route.

Alors que le gouvernement et le ministère ont lancé des négociations et proposé un fonds d'aides à l'emploi, ils viennent de créer l'esclavage moderne : le travail artistique gratuit pour toutes et tous et surtout des bénéfices substantiels sur l'exploitation de ce travail gratuit. Pour les artistes, en conséquence, c'est la fin de leur protection sociale : plus de droits à l'assurance maladie, à l'assurance chômage, à la formation continue, à la retraite, etc.

Nos syndicats se sont toujours prononcés contre la carte professionnelle et le numerus clausus. Or avec une telle législation, aucun artiste ne sera en mesure de se faire reconnaître comme un professionnel et seuls nos employeurs auront la capacité d'en décider.

Dans le vacarme de cette nuit des dupes il n'est pas étonnant que nous n'ayons toujours pas entendu la moindre réaction des employeurs sur le travail gratuit alors même que certains d'entre eux bénéficient de crédit d'impôts !

Les artistes interprètes ne se laisseront pas mépriser, attaquer, fragiliser, anéantir sans réagir.

D'ores et déjà le SFA et le SNAM-CGT ont décidé de mettre fin à toutes les négociations conventionnelles engagées dans le spectacle vivant. A quoi peuvent-elles, d'ailleurs servir puisque les conventions ne pourront plus être appliquées ?

SFA

 

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