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16 janvier 2015, par Alain Lambert.

Michel Supéra et Éric Comère « Vents d'Est... en Ouest »

Vents d'Est... en Ouest., Michel Supéra (saxophones), Éric Comère (accordéon), quatuor Joachim, Olivier Talpaert (contrebasse). Digistyle 2015.

Deux musiciens qui naviguent, ou planent, selon les vents insufflés par leurs instruments, entre classique et musiques improvisées, dans la tradition explorée par Astor Piazzolla au siècle dernier, où la trame écrite en s'inspirant des musiques populaires, laisse une large place à l'improvisation. Entre jazz, blues et tzigane pour Michel Supéra, saxs alto ou soprano et Éric Comère, accordéon et compositions.

Un clin d'oeil en passant au jazz musette avec la valse Indifférence de Tony Muréna et Joseph Columbo, ou au blues mi-cajun mi-brésilien avec Léo, estante num instante d'Hermeto Pascoal.

Évocation, en ouverture, sonne d'ailleurs comme un hommage au grand maître argentin, où l'accordéon évoque le bandonéon, et quand le saxo se lance dans le tango en virevoltes légères, avant de retrouver la gravité mélancolique propre aux trottoirs de Buenos Aires.

Obsession, L'au-delà... Les instruments changent de registre, de l'improvisation ébouriffée à la méditation lente, avant de survoler la Seine avec Indifférence, puis de basculer vers l'est.

Inspiration bulgare (qu'on peut visionner sur Internet accompagné par l'orchestre de Douai), une pièce en quatre mouvements, accompagnée ici par le quatuor Joachim et le contrebassiste Olivier Talpaert. L'introduction lente, comme un appel lointain des deux instruments, sur fond d'archets, nous amène en Bulgarie, dans un allegro où les cordes déploient un contrepoint aérien avant de scander le solo de l'accordéon. Le Largo laisse la place  au soprano songeur, que les cordes viennent recouvrir avant la reprise de l'allegro dans un court final.

L'Égérie d'un soir vient promener sa solitude crépusculaire dans une géographie presque classique, où les deux instruments, l'un n'étant que l'ombre de l'autre, multiplient les fioritures avant de clore le thème. Et de céder la place au blues brésilien déjà cité, hommage à un autre grand maître.

Un beau disque éolien, une invitation à l'humeur vagabonde, qu'on peut se procurer auprès de Michel Supéra.

On pourra entendre les deux musiciens  en concert à Rouen le 23 janvier.

plume 14 Alain Lambert
16 janvier 2016

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