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Nicolas-Jean Lefroid de Méreaux
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Voltaire a de grandes ambitions dramatiques quand il travaille au livret de Samson, un opéra, qui doit être mis en musique par Jean-Philippe Rameau. Il veut utiliser les ressorts du genre avec des symbolisations philosophiques plutôt que biblico-mythologiques. Il est naturellement censuré, et la musique de Rameau est perdue. Il faut attendre 40 ans, pour que Nicolas-Jean Lefroid de Méreaux mette sur le métier de sa musique une partie du texte de Voltaire. L'oratorio est créé au Concert-Spirituel, le 25 mars 1774. Il est repris plusieurs fois, dont en 1778 en présence de Voltaire en personne. Certes, la partie du texte utilisée fait l'impasse sur ce qui peut fâcher les autorités. Le cœur du sujet, la lutte de esclaves hébreux victimes de l'oppression religieuse n'est pas sans évoquer les aspirations contemporaines. L'air Peuple, éveille-toi, romps tes fers, n'est pas retenu. Ce texte est repris par Gossec 1791, comme hymne révolutionnaire. La pièce s’achève par l’hymne du peuple, à la gloire du héros et au repos bien mérité du guerrier. Ce n'est donc pas le peuple lui-même qui est honoré par le célèbre Sonnez, trompette, organe de la gloire, entonné par le chœur final. Mais le compositeur utilise habilement l'opposition entre les deux peuples. Partition pour chœur (1 à 6 voix) et orchestre (bois, cuivres et cordes). |