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Si on avait mis en face Bernard Lubat,
il aurait fallu couper ce livre au couteau, comme les
Londoniens rapent avec le brouillard. Parce que ça
tchatche épais, plus gras que l'huile d'olive,
ça joue sur les mots, les déforme, rebondit,
formule, varie sur « moi je », je suis bien
du midi, et je vous parle de mon instrument qui a un
gros cul, un long cou et une toute petite tête,
et que j'ai ramené de l'arrière à
l'avant-scène, et avec lequel j'ai enregistré
plus de 120 disques, et j'en ai fait un instrument de
femme. Là, on ne peut être qu'attentif.
Les questions ayant été retirées,
ces entretiens sont un long monologue, par lequel Joëlle
Léandre nous fait pénétrer dans
ses convictions musicales, ses envies, les galères
de transport et de mauvais hôtels, les rencontres
qui changent des choses, parfois beaucoup. On ne s'arrête
donc pas au portrait intime, on décrit, de
son point de vue, la traversée de plusieurs mondes
musicaux, la montée aux paradis de l'improvisation,
on explique choix absolu d'être, définitivement
et en permanence, dans la créativité,
jamais deux fois de suite pareille.
Jean-Marc Warszawski 10
juilet 2008
Voir
la présentation par Franck Medioni, dans le site
de l'éditeur
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