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Les situations collectives
dans le parcours d'apprentissage
du musicien

dirigé par François Madurel

les situations collectives

Madurel François (direction), Les situations collectives dans le parcours d'apprentissage du musicien. Ædam Musicæ & ADDM 53, Château-Gontier 2012 [375 p. ; ISBN 978-2-919046-07-2 ; 25 €].

Ce titre a provoqué en moi quelque appréhension. Le souvenir d'un Haut conseil de l'Éducation musicale (qui je crois n'existe plus aujourd'hui), au cours duquel Didier Lockwood expliquait depuis la tribune comment il avait formé ses enfants à la musique, par la pratique (ce qui est mieux que les conservatoires), puis la publication de son célèbre rapport, les établissements qui poussent de plus en plus les professeurs à faire du chiffre, la transformation des hautes écoles musicales (dans toute l'Europe) en universités, et inversement, la transformation (en France) de l'université en école professionnelle qui laisse la musicologie moribonde, tous ces ballons d'essai contradictoires touchant l'enseignement de la musique dans l'Éducation nationale, montrent que la bureaucratie bruxelloise se penche sur la question, et qu'il y a danger d'assainissement donc d'assassinat.

Mais François Madurel nous rassure presque :

    [L'Occident] se trouve confronté à un trivial problème de coût de formation. Ce contexte particulier incite à la plus grande réserve et exige une analyse rigoureuse des faits. Des arrières-pensées économiques existent sans doute, ici ou là, visant à améliorer le rendement d'établissements budgétivores. Cet aspect ne saurait échapper à un lecteur averti. Cependant, dans ce tour d'horizon, on fera le pari d'un intérêt réel et d'une réflexion approfondie, dégagés de la pression conjoncturelle. [p. 42].

On passera sur « Le trivial coût », parce qu'il s'agit en fait d'investissement dans la civilisation, et que cela sonne bizarrement au moment où la spéculation financière pille sans vergogne les richesses publiques.

Ce livre, actes d'un colloque, est un ensemble de réflexions croisées sur l'enseignement par des pratiques collectives (opposé au face-à-face professeur-élève ou à la tradition maître-élève), et la vie musicale amateur, ce qui n'est pas sans contradiction, puisque tous les enfants sont amateurs, et que définir « amateur » n'est pas une problématique simple.

Il devrait intéresser toute personne concernée par l'enseignement publique et les pratique musicales citoyennes, mais aussi les décideurs territoriaux, si souvent imbus de leurs préjugés, leurs certitudes libérales (la rap dans les cités, Mozart salle Pleyel, c'est tout bénef), et embrouillés par la perception qui leur semble contradictroie de l'élitisme et du populaire.

Ce livre s'ouvre sur de « libres propos », plutôt les évidences et le bon sens (j'ose dire cartésien, la vérité comme évidence), d'Alain Savouret, qui vaut un feuilletage attentif, d'autant que c'est plaisant.

 

Jean-Marc Warszawski
19 février 2013

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