À propos du site

S'abonner au bulletin
Collaborations éditoriales

Biographies
Encyclopédie musicale
Discographies
Articles et études
Textes de référence

Analyses musicales
Cours d'écriture en ligne

Nouveaux livres
Périodiques

Petites annonces
Téléchargements

Vu et lu sur la Toile
Presse internationale
Forums et listes

Colloques & conférences
Universités françaises
Quelques bibliothèques
Quelques Institutions
Quelques éditeurs

Bulletin Officiel
Journal Officiel
Bibliothèque de France
Library of Congress
British Library
ICCU (Opac Italie)
München (BSB)
Deutsche Nationalbib.
BN Madrid
SUDOC
Pages jaunes
Presse internationale


proposer un texte      s'abonner au bulletin      retour à l'index par auteurs

 

HÉLÈNE DE MONTGEROULT,
La Marquise et la Marseillaise.

 
HÉLÈNE DE MONTGEROULT,
La Marquise et la Marseillaise.
Études, fantaisie, sonate & fugue
.
Bruno Robilliard, piano.
Hortus (48), Symétrie, 2006

Hélène de Montgeroult a été la plus grande virtuose française de la Révolution et de l'Empire. Elle a composé des oeuvres pour piano, des sonates et surtout des études qui annoncent le romantisme.

Née Hélène de Nervo, devenue par son mariage marquise de Montgeroult, première femme nommée professeur au Conservatoire de musique en 1795, elle a écrit le Cours complet, qui est alors en France la plus important méthode du piano forte

La « petite histoire » retiendra qu'elle a sauvé sa tête en improvisant sur la Marseillaise devant le redouté Comité de salut public pendant la Terreur.

Ce disque révèle ici une personnalité hors du commun qui appartient déjà au romantisme tant par sa redécouverte de l'œuvre de Bach, en précédant ainsi la génération incarnée par Schumann, Chopin, Mendelssohn et Liszt —  que par l'aspect visionnaire de sa conception du piano, fondée sur le modèle du chant, et de ses compositions.

Pour la première fois au disque, Bruno Robilliard fait entendre treize pièces pour piano extraites du Cours complet.

Symétrie édite la biographie Hélène de Montgeroult, la Marquise et la Marseillaise par Jérôme Dorival et en partition toutes les pièces du disque.

L'avis de jmw / musicologie.org

La musique d'Hélène de Montgeroult appartiendrait déjà au romantisme, serait visionnaire ?  Personnellement, je suis assez allergique à ce type de périodisation et d'anticipation, mélangeant les notions d'esthétique et d'histoire.

D'autre part, ce qui inspire le geste, les décisions musicales d'Hélène de Montgeroult, ce n'est pas une anticipation historique, mais une sensibilité et des idées musicales de son temps, avec elle. Sa musique est celle de sa propre histoire.

On y entend indéniablement Bach, on se dit que là c'est Schumann mais que ce n'est pas Schumann, que c'est ici Schubert, mais que ce n'est pas Schubert, ou encore Clementi sans que ce soit Clementi, ou encore, parfois, qu'il y a un pointe de la mélodie, voire de « mécanique » à la Scarlatti. Ce qu'on peut dire d'un compositeur comme Boëly (1785-1858), mais lui est de la génération suivante.

La musique de la marquise a une structure classique à la viennoise, mais chante (mélode) de manière particulière. Elle a le romantisme qu'on attribue aussi après coup, à Beethoven, ou en littérature à Jean-Jacques Rousseau.

C'est que cette musique chante. Hélène de Montgeroult l'écrit dans l'introduction de sa méthode de piano : « comment faire chanter, comment donner l'illusion du chant, à cet instrument qui y est si peu disposé » ?

C'est que cette musique est très expressive, elle est marquée d'une forte personnalité sans jamais être envahissante, ou s'imposer par l'esbroufe.

Cela ne suffit pas, esthétiquement, à définir le romantisme musical.

C'est un pendant esthétique français au contemporain Beethoven (1770-1832). Cela est très étonnant et de grande beauté.

Jean-Marc Warszawski
20 décembre 2006

©Références / Musicologie.org 2006