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Beethoven, Bizet et Tanguy par l'orchestre de Caen

Église Saint Pierre de Caen le 26 juin 2013.

Par Alain Lambert

 

Dans le cadre du Festival d'orgue de Caen, deux soirées, ces mardi et mercredi, étaient données à l'Église Saint-Pierre de Caen avec en (grand) point d'orgue, après l'entracte, la création mondiale du concerto pour orgue d'Eric Tanguy, commandé par l'organiste Stephane Béchy pour l'orchestre de la ville natale du compositeur.

Avec à sa tête Vahan Mardirossian, la première partie nous a permis d'entendre, de façon impressionnante, dans cette acoustique aux résonances très particulières, très bien maîtrisées par l'Orchestre et son chef, l'ouverture de Coriolan de Beethoven, avec sa violence tumultueuse et ses échappées mélodiques apaisées. Une tempête sous un crâne pour reprendre les mots d'Hugo. Quelle force, et quelle douceur en même temps, dans cette répercussion en écho faisant penser au tonnerre, dans une ambiance de fin de journée et de soleil se projetant dans les vitraux.

Suit la première symphonie de Bizet, composée à 17 ans, et en quatre semaines, en 1855. Les deux mouvements d'ouverture et de conclusion, proches de la musique dite légère, encadrent un adagio somptueux, prémahlérien par moments, avant une magnifique fugue en prélude au retour du thème. Et un troisième mouvement claironnant au début, mais dont les multiples variations montrent une maturité de compositeur étonnante.

L'orchestre de caenL'orchestre de Caen en répétition le 25 juin.

Puis nous basculons deux siècles plus tard, dans le futur de la musique moderne et synthétique d'Éric Tanguy, ce qui doit vouloir dire post moderne peut être.

Je n'avais pas été très séduit par le concerto pour voix et orchestre sur Sénéque il y a quelques années, où le texte présentant le philosophe comme un stoïcien le jour et un viveur la nuit, était d'une telle subtilité insondable que j'en avais presque oublié d'écouter la musique.

Le concerto pour orgue et orchestre ne m'a pas paru plus convaincant, brouillon et (dode)cacophonique, avec ses ruptures orchestrales constantes, et ses grondements d'orgue caverneux, bien assumés cependant par l'organiste, l'orchestre et son chef, tous irréprochables.

Stéphane BéchyStéphane Béchy

On avait l'impression d'une bande originale, référence très à la mode dans la musique savante actuelle, pour un film style Alien ou Prométhéus, pour qui l'étiquette spectrale pourrait avoir ce sens.

Une belle prestation des musiciens donc, avec le plaisir de redécouvrir les grandes oeuvres du passé, mais aussi de découvrir les oeuvres à venir, qui se cherchent encore dans un héritage post moderne difficile à assumer, quand tout semble avoir été exploré, ou presque, dans le siècle précédent.

Alain Lambert

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