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* Montjoie (aujourd'hui Monschau, dans le district de
Aachen en Allemagne) — † Paris (Belleville) 2 novembre 1845. Violoniste,
altiste, organiste et compositeur.
Fils de Paul Urhahn (1754-1824) et de Catharina
Weber (1753-1827), «simples citoyens», il est baptisé sous le prénom de
« Christian » le 16 février 1790. Sa maison de naissance est la
maison n° 164. Aujourd'hui démolie depuis peu. Il a une sœur, Christina,
née le 26 mars 1785, qui se marie à un dénommé Wilden. Sa sœur Anna Maria
Catharina, baptisée le 10 avril 1785 meurt le 20 août de la même année, et
son frère Joseph Arnold, baptisé le 12 février 1789, meurt le 28
octobre.

Extrait du registre des baptêmes de Monschau
En 1790, la bourgade de Monschau est en Allemagne
; elle devient française en octobre 1794. Les manufactures de tissages et
de mouchoirs y sont florissantes.
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Monschau aujourd'hui. La maison
natale de Christian était à l'emplacement
de bâtiment neuf sur la droite de la photo
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A la fin du XIXe siècle
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Il reçoit les premiers cours de violon de son père. Il
complète ses activités musicales au sein de la famille Scheibler,
fabricants de mouchoirs à Monschau qui compte des musiciens amateurs. Il
se produit très jeune dans des manifestations musicales et associatives à
Monschau.
Aidé par Ernst Scheibler, lui-même instrumentiste
(violoniste) qui joue souvent avec lui, il se produit dans des
concerts à Aachen, notamment en 1799 dans
La Création de Haydn, ou il tient le partie de piano dans les
récitatifs.
En été 1804, l'impératrice Joséphine vient en cure aux
thermes de Aachen (Aix-la-Chapelle). Elle remarque Christian Urhan lors
d'un concert pour lequel il fait un remplacement (
La Création de Joseph Haydn). Elle le recommande auprès de
Jean-François Lesueur. Christian Urhan quitte Monschau le 8 septembre 1804
et Aachen le 11. La même année il édite
Trois grandes Walzes pour le pianoforte, chez Simrock à Bonn.

A Paris il est l'élève de Lesueur chez lequel il
habite
En 1806, sa musique est jouée à Notre-Dame où Lesueur
est maître de chapelle. Il est violoniste surnuméraire de la chapelle
impériale où il est organiste en 1810.

Jean-François Lesueur
Il vit à Passy. En 1909, il est dégagé du service
militaire en raison de son activité musicale. En Automne de la même année,
il séjourne à Monschau, ainsi qu'à l'automne 1812, où il participe à un
concert de charité pour les pauvres de l'église réformée, à la demande des
Scheibler.
En 1814 il entre à l'Orchestre de l'Opéra comme
Violoniste. En 1823 il en est le premier violon. Il y joue également de
l'alto. A partir de 1819, il rompt tout contact avec sa famille et les
Scheibler.
De 1824 à 1837, il est membre du quatuor Baillot.
En 1827 il est nommé organiste de l'église
Saint-Vincent-de-Paul. En 1828, il est violon solo des Concerts du
Conservatoire.
En 1830-1831, il est altiste dans le quatuor d'Anton
Bohrer, qui fait connaître les derniers quatuors de Beethoven à Paris.
En 1836 il est violon-solo de l'Opéra de Paris.

Christian Urhan d'après une huile d'un peintre anonyme
(Schuppener, p. 7)
Il crée la partie d'alto solo dans
Harold en Italie à la demande de Berlioz et Meeyerber compose le
partie de viole d'amour solo de son opéra
Les Huguenots à son intention. Il fait connaître Schubert à Paris.
Il a comme filleul et élève le chanteur Julius Stockhausen.
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Julius Stockausen
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Personnage excessivement mystique, il est une figure
légendaire de son vivant. Il aurait demandé une autorisation à son évêque
pour jouer des opéras «hérétiques», et aurait joué en tournant le dos à la
scène pour ne voir ni les costumes ni les décors.
Catalogue des œuvres
- 2de grande sonate pour piano et violon par Mayseder & Urhan
(opus 40 de Mayseder)
- Donec gratus eram tibi, pour chant
- Duo romantique pour piano à quatre mains dédié à Meyerbeer
[version pour piano et violon peut-être : «E. et M» Second Duo romantique
pour violon et piano opus 2. (Staatsbibliothek Berlin)]
- Duo romantique pour piano à quatre mains dédié à Beethoven
[version pour piano 2 mains]
- Elle ne m'aime plus, romance
- Études d'expression. Mélodies de Franz Schubert pour alto et
piano
- Grand Trio en mi bémol mineur op. 50 de Mayseder,
arrangement (Public Library, New York)
- Grand Trio en sol majeur de Mayseder, arrangement (Public
Library, New York)
- Horace et Lydie pour chant avec piano
- Hymne de l'enfant, romance avec piano et alto
- La Prière pour piano
- La Romanesca, air de danse du XVIe siècle, en la mineur
[plusieurs versions]
- La Salutation angélique pour piano à quatre mains
- La Soeur de Charité, Romance chant-piano
- L'ange et l'enfant pour mezzo-soprano ou Baryton avec alto ou
violoncelle
- L'audition ou l'ange et le musicien, composition vocale
- L'Automne, romance avec piano et violon
- Le Chant du repos, cantate
- Le Déserteur et son chien, romance
- Le Petit limouzin et son chien, pour chant et piano
- Le Soir, romance avec piano et alto
- Les lettres pour piano (L'Absence, Souvenir d'un temps
meilleur, Orage, Désir du ciel)
- Les Regrets d'un solitaire, Cantate pour soliste et chœur
- Les Regrets pour piano seul ou à deux voix
- Quintette extrait des œuvres de Schubert
- Quintette romantique en ré, dédié à Victor Hugo
- Quintette romantique pour cordes en fa, dédié à Louis
Baillot
- Sainte-Cécile, romance pour voix avec accompagnement de piano
et violoncelle [travaillé collectivement : Panseron, voix et piano ;
Franchomme, violoncelle ; Habaneck, violon ; Urhan,
alto].Staatsbibliothek, Berlin
- Serenade, Trio à cordes op. 8 de Beethoven arrangé pour piano
et violon (Public Library, New York)
- Six romances de Dotzauer pour violon, alto et piano
- Trois Grandes Walzes pour piano, dédiées à Amalie
Scheibler
- Une larme ou consolation, romance avec piano et alto
- Une romance à deux notes (chant)
- Variations brillantes sur un thème danois de Mayseder pour alto
et piano
- Variations en sol sur un thème de Mercadante de Mayseder.
- Variations sur un thème de Meyerbeer pour piano et alto
Bibliographie
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- FÖRSTER AUGUSTIN WILHELM (REMACLUS),
Christian Uhran ein sonderausgepräger Kunstfürst une Heilskämpfer.
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629 ; (27) 1906, p. 120, 428, 659
- —,
Lebensbilder berühmter Eifelsöhne. III: Christian Uhran. Dans
«Eifelvereinsblatt» (8) 1907, p. 48-52
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- KNEIN HERMAN,
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Chritian Uhran. Zum 200. Geburtstag des bedeutenden Musikers aus
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Christian Urhan. Dans «Der Eremit am Hohen Venn. Mitteilungen des
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Wallen zu Jesus im Tabernakel. anmutungen aus einem alten deutschen
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Julius Stockhausen : der Sänger des deutschen Liedes. Dans «
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Document
LEGOUVÉ ERNEST,
Soixante ans de souvenirs. J. Hetzel, Paris 1887, (II), p.
117-123
Dans les premières années du règne de Louis-Philippe,
on pouvait voir tous les jours, vers les six heures, passer sur le
bouvevard des Italiens, un petit homme, voûté, je pourrais dire bossu,
enveloppé dans une longue redingote bleu clair, et son attitude
méditative, son front penché, ses yeux toujours tournés vers le sol, son
teint plombé, son long nez à la Pascal, sa figure d'ascète du moyen âge,
faisaient dire à ceux qui le rencontraient : Qu'est-ce que c'est que cet
homme-là ? La surprise redoublait, quand on voyait ce personnage
cénobitique s'arrêter au coin de la rue Marivaux et entrer au Café
anglais. La surprise devenait de la stupéfaction, si vers les sept heures,
on l'apercevait quittant le Café anglais, se dirigeant du côté de la rue
Le Peletier, entrant à l'Académie royale de musique par la porte des
artistes, et enfin allant prendre place parmi les musiciens de
l'orchestre. Qui était-ce ? C'était en effet une sorte de moine du
quatorzième siècle, égaré dans le Paris du dix-neuvième et à l'Opéra;
c'était Urhan, à qui son père et sa mère avaient donné, comme par
prévision, le prénom de Chrétien.
Chrétien Urhan avait deux cultes. La foi et la musique
se partageaient son âme et sa vie. Il suivait tous les offices,
s'astreignait à toutes les pratiques, jeûnait tous les jours jusqu'à six
heures, ne mangeait jamais gras, dînait d'une tasse de lait et d'un peu de
poisson, au Café anglais, et était premier violon à l'Opéra. Comment
s'était-il décidé à s'asseoir à ce pupitre ? Ce ne fut pas sans de grands
troubles de conscience. Son mysticisme lui faisait un crime de concourir à
l'interprétation d'œuvres frappées d'anathème par l'Église, d'être partie
active dans cet ensemble de tentations et de séductions; mais d'un autre
côté, il croyait en Glück, en Mozart et en Rossini presque autant qu'en
Dieu, et il adorait non seulement la musique religieuse, mais la musique
dramatique. Cesser d'entendre, cesser de jouer
Orphée,
la Vestale,
Guillaume Tell,
les Huguenots... l'aurait mis au désespoir. Comment faire ? Il
s'en tira par un permis et un compromis. Le permis lui fut accordé par
l'Archevêque de Paris, qui ne put s'empêcher de sourire quand Urhan vint
lui demander l'autorisation de jouer du violon à l'Opéra. Le compromis fut
une affaire entre sa conscience et lui. Il se promit, et il se tint
parole, de jouer en tournant le dos à la scène. C'était toujours ses yeux
de sauvés. Il ne se permettait jamais de regarder ni un artiste, ni un
décor, ni un costume; la chose allait encore dans les morceaux où tout
l'orchestre joue, mais il était premier violon, comme tel, il accompagnait
seul certains pas de ballet; ces pas sont comme un duo entre
l'instrumentiste et la danseuse; dans un duo, il faut que les deux
artistes se regardent, l'échange des regards est leur seul trait d'union.
Urhan n'en avait cure! Au début du morceau, il prenait son instrument,
comme on prend son chapelet, et les yeux fermés, il exécutait l'air du
ballet, consciencieusement, religieusement, avec expression, mais sans
s'occuper de la danseuse. Manquait-elle de mesure ? tant pis pour elle,...
Urhan continuait toujours. Elle serait tombée sur la scène, qu'Urhan, je
crois, aurait été jusqu'au bout.
Toutes ses actions étaient marquées à ce même coin de
singularité. Je l'ai vu plus d'une fois, entrer chez ma femme, qu'il
aimait beaucoup, s'asseoir au coin du feu, y rester un quart d'heure sans
prononcer une parole, puis se levant, lui dire : "Adieu, chère madame
Legouvé, j'avais besoin de vous voir." Une de ses vieilles amies, à qui il
écrivait assez souvent, m'a montré une lettre de lui, où les lignes
s'interrompaient tout à coup, pour faire place à une phrase musicale,
après laquelle il ajoutait : "
Les paroles ne pouvaient pas rendre ma pensée, alors je vous ai écrit
en musique." Enfin, un jour, il vint me raconter comment, la veille,
se promenant dans une allée très solitaire du bois de Boulogne, il avait
entendu une voix, qui lui avait dit : "
Écris ceci"; comment cette voix s'était mise à lui chanter un
air, comment il avait noté cet air sous la dictée de cette voix, et alors,
me tendant un papier de musique, il me dit : "Voici ce morceau, mais comme
il n'est pas de moi, je ne veux pas m'en attribuer le mérite, et je
l'intitulerai
Transcription." Ainsi fit-il. Le morceau parut sous ce titre, et
avec une petite préface explicative. Mais le plus piquant, c'est qu'il me
demande instamment d'écrire dans un journal un article sur cette mélodie.
"Mais surtout, ajouta-t-il, ayez bien soin d'en indiquer l'origine." Mon
embarras fut très grand, je ne voulais pas le refuser, je l'aurais
affligé; je ne voulais pas plaisanter sur sa version, je l'aurais blessé;
je ne voulais pas avoir l'air d'y croire, j'aurais été ridicule. A force
de chercher, je m'en tirai à sa satisfaction, et, paraît-il, à mon
honneur. Mais un seul journal consentit à publir mon récit miraculeux, la
Gazette de France.
En général, de telles excentricités prêtent à rire.
Mais personne n'a jamais pensé à rire d'Urhan. Peu d'hommes, dans son
temps, ont été plus comptés. La sincérité de sa foi, l'austérité de sa
vie, l'ardeur de sa charité (il donnait tout ce qu'il gagnait)
commandaient à tous le respect et la considération; on sentait en lui ce
que les hommes honorent le plus, et le plus justement, un caractère. Sa
dignité d'artiste était proverbiale. Cette dignité ne venait pas seulement
du respect de lui-même, mais du respect de son art. J'en puis citer une
preuve frappante. Le marquis de Prault, amateur de musique fort
intelligent, avait institué dans son hôtel du faubourg Saint-Honoré, des
matinées de quatuors et de trios d'instruments à cordes, dont il avait
confié l'organisation et la direction à Urhan. Urhan y jouait les premiers
violons. Un jour, une jeune duchesse... (la mode était aux matinées du
marquis de Prault, tout le beau monde était enchanté d'avoir l'air d'aimer
la musique sérieuse), une jeune duchesse donc, tout étincelante d'élégance
et de beauté, arrive, au milieu d'un morceau, et après avoir fait son
petit fracas, s'asseoit et engage tout bas quelques menus bavardages avec
sa voisine. Urhan frappe sur son pupitre un petit coup sec, arrête net le
quatuor, met son archet sous son bras, regarde en l'air en attendant que
le bruit ait cessé, et une fois le silence rétabli, recommence gravement
le morceau
da capo. Je vous réponds qu'après ce jour-là, personne n'a plus
fait de bruit aux matinées du marquis de Prault. La séance finie, j'allai
le féliciter de son attitude : "Jamais, me répondit-il avec calme, je ne
souffrirai qu'on manque de respect, devant moi, à un chef-d'œuvre." Ce
n'était pas pour lui qu'il avait été froissé, c'était pour Beethoven.
Urhan était un virtuose de second ordre. On comptait à
Paris dix violons plus habiles que lui, mais il rachetait cette
infériorité relative d'exécution, par une qualité aussi rare que précieuse
: il avait du
style. Le style tenait chez Urhan à sa connaissance profonde de
tous les maîtres, comme à son religieux et inflexible respect pour leurs
œuvres. Il ne permettait pas plus d'en altérer le caractère en les
exécutant, que de faire du bruit en les écoutant. lui-même eut plus d'une
fois maille à partir avec lui à ce sujet. Dans l'organisation des concerts
du Conservatoire, dont il fut un des premiers et des plus utiles
auxiliaires, si Habeneck voulait opérer quelques coupures, ou supprimer
quelques instruments dans une symphonie, Urhan protestait, résistait, et
un jour une partie de contrebasses ayant été mise de côté, dans la
Symphonie avec chœurs, Urhan signala cette impiété dans un article, et
signa l'article.
Il avait une autre qualité plus personnelle encore. En général, les
adorateurs du passé sont dédaigneux du présent. Leur admiration pour les
vieux maîtres se complique de mépris pour les nouveaux. Leur culte est un
culte jaloux, étroit, exclusif. Ils se construisent une sorte de petit
Olympe, d'où ils ne sortent pas et où ils ne permettent pas d'entrer. Chez
Urhan, l'amour des maîtres d'autrefois n'avait d'égal que la passion pour
les maîtres d'aujourd'hui et même de demain. C'était un dépisteur. Il y
mettait une ardeur d'apôtre. C'est à lui que nous devons l'apparition de
Schubert en France. Schubert est quelque peu oublié aujourd'hui; il n'en a
pas moins fait une révolution musicale parmi nous. Il nous a montré qu'on
pouvait écrire des chefs-d'œuvre d'une page. On pourrait l'appeler, à un
certain point de vue, le La Fontaine de la musique; il a fait tenir autant
de pensée dans quelques mesures que La Fontaine dans quelques vers. Avant
Schubert, les grands compositeurs dramatiques, Mozart, Glück, Rossini,
Auber, Hérold, Halévy, dédaignaient les courtes compositions qu'ils
abandonnaient aux faiseurs de romances. Schubert a tué la romance et créé
la mélodie, où, depuis lui, Réber, Gounod, Massenet, Delibes, ont créé
toute une série de petits chefs-d'œuvre charmants.
Eh bien, c'est Urhan qui a introduit le premier lied de
Schubert en France :
Adieu; c'est lui qui, avec une constance et une ardeur sans
égales, a trouvé pour l'auteur du
Roi des Aulnes, un traducteur, un éditeur et un public. Enfin,
dernier trait qui complète cette figure, quand Liszt eut l'idée de donner
aux œuvres intimes de Beethoven, l'éclat de ses grandes compositions
symphoniques, quand il organisa pour l'exécution des sonates, des duos et
des trios, ses admirables séances à la salle Érard, qui prit-il pour
auxiliaires ? Batta comme violoncelle, et comme violon, Urhan.
On ne reverra plus de musiciens pareils à Urhan. Il est
de la race des artistes mystiques du moyen âge. Quand je le regardais
jouer du violon à l'orchestre de l'Opéra, il me semblait voir Fra Beato
Angelico peignant dans sa cellule. C'est bien à propos de lui, qu'on peut
se servir de ce mot dont on abuse :
le ciel de l'art; car pour lui l'art et le ciel ne faisaient
qu'un.
Jean-Marc Warszawski
2 mars 2006
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