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Emmanuel Maurice
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Emmanuel, Marie François Maurice, né à Bar-sur-Aube le 2 mai 1862 ; mort à Paris le 14 décembre 1938. Sa famille s'installe à Beaune en Côte-d'Or en 1869. Il suit des cours de piano avec un professeur nommé Ravazzi. Il passe son baccalauréat à Dijon et sur les conseils du marquis Charles d'Ivry (qui est compositeur), il s'inscrit au Conservatoire de musique de Paris en 1880. Il suit les cours de Savart en solfège, de Théodore Dubois pour l'harmonie, de Bourgault-Ducoudray pour l'histoire de la musique et la composition avec Léo Delibes. Il suit également des études classiques de philologie et d'histoire de l'art à la Sorbonne et à l'école du Louvre. Il obtient sa licence de lettres en 1887. Sa manière de traiter les rythmes et d'introduire les modes anciens lui vaut la censure de Léo Delibes, ce qui ne lui permet pas de concourir pour le Prix de Rome. Il prend alors des cours avec Ernest Guiraud et se lie avec Debussy. En 1896, il obtient son doctorat avec une thèse sur les danses dans la Grèce antique. En 1898, le Collège de France décide de créer une chair d'histoire de la musique pour Maurice Emmanuel, mais l'opposition de Berthelot ne permet pas de faire aboutir le projet. Jusqu'en 1904, il enseigne l'histoire dans le secondaire. Rémunéré comme maître de chapelle, ses recherches sur le plain chant conduisent à sa démission en 1906. Il est nommé professeur d'histoire de la musique au Conservatoire de Paris en 1909, en remplacement de Bourgault-Ducoudray. On compte Migot, Casadesus et Messiaen parmi ses élèves. De 1877 à 1938 il a composé 73 opus, mais n'en a conservé que 30. Catalogue des oeuvresPrincipaux éditeurs : Durand, Heugel, Lemoine, Salabert ; les manuscrits sont en possession de la famille Emmanuel.
Écrits
Œuvre éditorialeAvec M. TENEO, J.-P. Rameau, «Oeuvres complètes» (17) Paris 1913 ; (18) Paris 1924 Bibliographie
Discographie
Maurice Emanuel, Les symphonies, Suite française, Ouverture pour un conte gai. Orchestre philharmonique slovène sous la direction d'Emmanuel Villaume.Timpani 2010. Lire une présentation détaillée
Symphonie n° 1 en la majeur opus 18 : 01. Tranquillo molto - 02. Adagio molto - 03. Allegro con fuoco. Symphonie n° 2 en la majeur opus 25 (diteBretonne ) : 04. Allegro - 05. Scherzando - 06. Allegro Malinconico - 07. Finale. Le poème du Rhône opus 30 (orchestration Béclart d'Harcourt) : 08. Presque lent - 09. Allant -10. Sans traîner DocumentsPAUL LANDORMY, La musique française après Debussy. NrF Gallimard, 1943 (6e édition), p. 205-209 Une injustice à réparer. Il s'agit de Maurice Emmanuel, musicographe et compositeur éminent. Un maître, dans tous les sens du mot. Un maître écrivain et un maître penseur, un maître critique et un maître érudit, qui distribuait autour de lui l'enseignement le plus fécond, — et aussi un «créateur» qui laisse des oeuvres remarquables, — mais on ne s'en aperçut pas de son vivant. Des dons qui s'allient rarement : une intelligence lumineuse, un esprit d'analyse prodigieux, une extraordinaire puissance de réflexion qui dissocie les éléments de la réalité ou des créations de l'art, et en même temps ce mystérieux fonds de sensibilité et cet esprit de synthèse qui produisent les chefs-d'oeuvre.
Il était né à Bar-sur-Aube le 2 mai 1862. Il tenait de son grand-père le goût de l'archéologie. Mais, dans sa famille, personne n'était musicien. En 1867, ses parents vinrent s'installer à Beaune, qui devint sa patrie d'adoption. Son grand-père, professeur au collège, le prépare au baccalauréat ès lettres et au baccalauréat ès sciences. Et cependant, il venait lentement à la musique en écoutant les chansons des vignerons, en chantant lui-même dans la maîtrise du collège, en tenant à l'occasion l'orgue du choeur et en recevant les leçons de piano d'un professeur italien qu'enthousiasmaient les aptitudes exceptionnelles de son élève. Un jour que le jeune Maurice s'était distingué par une exécution plus brillante encore que de coutume, son professeur, ravi, lui fit cadeau d'une canne qui avait appartenu au célèbre Padre Martini, le maître de Mozart et dont le jeune Mozart lui-même s'était amusé. La vocation se précisait. Maurice Emmanuel voulait se consacrer à la musique. La famille, un peu inquiète, demandait conseil à un châtelain des environs, le marquis d'Ivry, lui-même compositeur, auteur d'un opéra, les Amants de Vérone, représenté en 1864. Le marquis fit passer une sorte de petit examen au jeune musicien et eut bien vite fait de découvrir en lui une rare nature d'artiste. Voici Maurice Emmanuel qui part pour Paris. Il entre au Conservatoire, où il devient l'élève de Théodore Dubois, Léo Delibes, Guiraud et Bourgault-Ducoudray. Ici se place un événement singulièrement important dans la vie de Maurice Emmanuel, à la fois pour ce qu'il révèle de ses tendances d'esprit et de son caractère, et par les conséquences qu'il eut dans le développement ultérieur de sa carrière. Mais laissons-le raconter le fait et l'expliquer lui-même : « La cause de ma brouille avec Delibes, — Delibes, dont je fus l'élève pendant quatre années et à qui, malgré sa dureté pour moi, j'étais profondément attaché, — est assez singulière pour que, tout en m'en excusant, je la relate ici 1... Les chansons des vendanges, en Bourgogne, m'avaient en effet enseigné que les aèdes populaires parlent une langue musicale plus riche que celle des professionnels. Émerveillé, j'avais entendu et transcrit leurs trois modes majeurs, leurs trois modes mineurs, tous rejetés par les musiciens de métier à partir du XVIIe siècle, hormis un seul, le majeur moderne, devenu un tyran absolu. J'avais eu la naïveté d'avouer à Delibes mon enthousiasme, de lui exposer un plan d'études que je m'étais fabriqué et qui consistait à remonter à travers l'art liturgique du moyen âge jusqu'à la musique antique (Gevaert venait de la rendre actuelle), de façon à trouver dans ces musiques successives, non épuisées, de nouveaux moyens d'expression. Cette phrase malheureuse avait eu le don d'irriter mon maître. Mais son mécontentement s'exaspéra lorsque j'eus l'audace de lui soumettre, en classe, au lieu d'une cantate réglementaire, une sonate pour piano et violoncelle et un quatuor où les modes populaires étaient employés. Mon obstination à trouver belles ces vieilles gammes et à les croire utilisables dans l'art moderne polyphone me valut, de la part du musicien charmant mais fermé à toute tentative extra-classique, une sévérité qui se traduisit dans des notes d'examen et par le refus formel de me présenter au concours de Rome. De là, l'hospitalité que m'offrit la bonté de Guiraud et la nécessité de cacher à mon premier maître le secours tout paternel que je trouvai près du second. » Maurice Emmanuel fut, on le comprend, quelque peu découragé par l'exclusive prononcée contre lui par son maître Delibes. (Que fût-il advenu d'Emmanuel «prix de Rome») ? Nous le voyons alors, non pas abandonnant la musique, — il en était incapable, — mais se tourner momentanément vers les lettres, l'histoire et la critique. Il prend sa licence à la Sorbonne, et il écrit ses thèses de doctorat sur l' Orchestique grecque et l' Éducation du danseur grec (1895), qu'il avait illustrées lui-même de ses dessins. Il se lie avec ses maîtres, Louis Havet, Gaston Paris, Maxime Collignon. Le recteur de l'Université de Paris, Louis Liard, l'envoie en mission en Allemagne et en Autriche. Il en rapporte de précieuses études sur la Musique dans les Universités allemandes (Revue de Paris, 1898) et sur les Conservatoires de musique en Allemagne et en Autriche (Ibid., 1900). Cependant, ses thèses avaient fait sensation. En 1898, il est nommé titulaire d'une chaire d'histoire de la musique au Collège de France. Le voilà, semble-t-il, consacré historien. Que deviendra le compositeur ?... Mais les choses ne vont pas tout droit. L'intervention d'un puissant personnage dans les affaires du Collège de France aboutit à la suppression des appointements attachés à la chaire d'histoire de la musique en faveur d'une nouvelle chaire scientifique. Voilà Maurice Emmanuel sans situation : il ne peut se payer le luxe d'enseigner sans traitement. Il revient à la musique. En 1905, il succède à Samuel Rousseau comme maître de chapelle à Sainte-Clotilde. Il veut, dans ces nouvelles fonctions, imposer ses idées, ne faire exécuter que le chant grégorien sans accompagnement ou bien des motets polyphoniques de la Renaissance. Il se heurte à l'incompréhension du curé, des vicaires et des paroissiens. Le premier vicaire, le chanoine Mugnier, seul ose l'encourager. Camille Bellaigne obtient en sa faveur l'approbation du pape. Néanmoins, fatigué de lutter, Maurice Emmanuel quitte Sainte-Clotilde en 1907. A point nommé, Bourgault-Ducoudray, professeur d'histoire de la musique au Conservatoire, lui laisse sa succession (1907). Le voici de nouveau historien, et, il faut bien le dire, dans des conditions à tous points de vue infiniment moins brillantes que celles qui lui étaient faites au Collège de France. Il ne quitta ses élèves du Conservatoire que pour prendre sa retraite en 1936. Cependant, il publiait des travaux de la plus haute valeur la monumentale Histoire de la Langue musicale (1911), l'étude sur l'art gréco-romain dans l' Encyclopédie de la musique de Lavignac, le recueil de XX Chansons bourguignonnes, le Chant d l'École, le Traité de l'accompagnement modal des Psaumes (1912), et puis ce petit ouvrage d'un intérêt capital, tant par les renseignements historiques inédits qu'il nous apportait que par le mérite exceptionnel d'une analyse infiniment pénétrante : Pelléas et Mélisande de Claude Debussy. Il publiait, en outre, de nombreux articles de revues : le Rythme d'Euripide a Debussy, César Franck, Anton Reicha, etc. La valeur précieuse de cette abondante littérature musicographique faisait oublier le compositeur, ou même l'empêchait de se faire connaître comme tel. L'homme de deux métiers n'est guère admis par le public. Pourtant Maurice Emmanuel avait composé deux quatuors, plusieurs sonates, un trio, deux symphonies et ces magnifiques ouvrages qui s'intitulent Prométhée enchaîné et Salamine. Il attend jusqu'en 1919 l'exécution du premier acte de Prométhée aux Concerts Lamoureux, et jusqu'en juin 1929 la représentation de Salamine à l'Opéra. Ce fut une révélation et l'on commença de s'apercevoir, — tout au moins dans le milieu des esprits attentifs, — que Maurice Emmanuel n'était pas seulement un excellent musicologue, mais qu'il était aussi un grand musicien. On s'étonna d'un homme, qui, à ce point, ne suivait pas la mode, se moquait de tous les snobismes, ne redoutait nullement d'être prodigieusement inactuel et arrivait à retrouver le secret d'une beauté antique : on l'admira. Mais le plus, modeste des artistes ne sut pas profiter de son succès, et si, de plus en plus, les connaisseurs se sont rapprochés de lui, si ses amis ont tout fait pour répandre la connaissance et le goût de ses oeuvres, il reste beaucoup à entreprendre pour qu'elles atteignent le grand public. Elles ont cependant de quoi lui plaire. Parti de la chanson populaire, l'art d'Emmanuel parle un langage que le peuple doit comprendre.
Je revois Emmanuel. Je revois l'homme simple, droit, loyal, sincère. Je le revois, grand et mince, et, malgré les maux dont il a souffert, solide, robuste, énergique, et, quand il le fallait, — quand il fallait souffrir, — d'un courage surhumain. J'entends sa voix claire, nette, son langage précis, sans fausse minutie, et qui devenait éloquent à l'occasion, par la force même de sa précision, — à la Descartes. Je retrouve son regard affectueux et je sens encore le chaud contact de son amitié. 1 - Avant-propos d'une étude sur Pelléas et Mélisande (Paul Mellottée éditeur) Jean-Marc Warszawski
L'association Comité d'honneur : Pierre BRUNEL ; Jacques et Hélène BRUNSCHWIG ; Marc COPPEY ; Henri DUTILLEUX ; Billy EIDI ; Jean GALLOIS ; Marie-Catherine GIROD ; Henry-Louis de LA GRANGE ; Noël LEE ; Nicolas MEEÙS ; Guy SACRE ;Thomas Daniel SCHLEE ; Jacques VIRET ;Jean-François ZYGEL Maurice Emmanuel : qui est-ce ? Un jeune compositeur indépendant : Inspiré dès l'enfance par les chansons populaire sa Bourgogne natale, il subit leur influence, comme il le reconnaît lui-même : «Ces rustiques mélodies, à une plusieurs voix, me causaient autant de surprises que de joie. Il m'a fallu de longues études, voire des luttes dangereuses contre l'art officiel, pour soupçonner nature de cet art primesautier.» Jeune provincial «monté à Paris», il est l'élève au Conservatoire Bourgault-Ducoudray, Dubois et Delibes ; il y côtoie Debussy et Dukas. Mais Delibes, agacé par les audaces de son élève qui voulait employer les modes populaires, le chasse de sa classe de composition et lui interdit se présenter au Concours de Rome en 1889. Emmanuel se met alors à composer des oeuvres plus conventionnelles pendant quinze ans, avant de retrouver son style personnel : celui des Sonatines pour piano, de la Sonate en trio pour flûte, clarinette et piano, ou des Trente Chai bourguignonnes. Un helléniste remarqué Détourné de la voie musicale, il songe un moment faire carrière dans les lettres, ce qui l'amène à soutenir brillamment une thèse de doctorat à la Sorbonne, La Danse grecque antique, en 1896. Esprit curieux par nature il découvre durant ses études littéraires toutes ressources de l'art grec, et s'en inspire tout au long vie, depuis la Suite sur des Airs populaires grecs (1907) jusqu'aux deux chefs-d'oeuvre que sont Prométhée enchaîné (1919) et Salamine (1929). Un défenseur du plain-chant En novembre 1904, il est nommé maître de chapelle Sainte-Clotilde. Il tente d'y réformer l'interprétation plain-chant, «un art admirable pour nous qui somnmes modernes, et que Bach, Beethoven, Wagner, César Franck ont formé à une langue musicale tout autre. » Mais sous la pression des paroissiens, il doit quitter son poste en 1907. De cette expérience, et de la fréquentation des ouvrages son maître François-Auguste Gevaert, naîtra en 1913 le «Traité de l'accompagnement modal des psaumes». Un grand professeur d'histoire de la musique Successeur de Louis-Albert Bourgault-Ducoudray au Conservatoire en 1909, il fut très apprécié de ses élèves parmi lesquels ont figuré Yvonne Lefébure, Olivier Messiaen, Jehan Alain, Manuel Rosenthal, et Henri Dutilleux. Autorité internationalement reconnue, il fut non seulement un conférencier recherché, mais publia de nombreux ouvrages théoriques, dont certains sont encore des références de nos jours : Histoire de la langue musicale (1911-1928), Pelléas et Mélisande de Debussy (1926), Antoine Reicha (1937). Un « honnête homme » Amoureux de la littérature, des beaux-arts, intéressé par les sciences, fervent botaniste, Emmanuel refusa toujoi de s'enfermer dans les limites d'une seule discipline. cultiva des amitiés diverses, sans jamais faire partie d' groupe ou d'une école. Esprit libre, respectueux de l'art passé, mais profondément attaché à l'innovation musicale Maurice Emmanuel ne tendit, sa vie durant, qu'à une sel et même chose : «l'utilisation de toutes les forces qui ne s'épuisent pas, et la recherche de neufs moyens d'expression.» Naissance de l'association Ces dernières années, la musique de Maurice Emmanuel (1862-1938) a été servie par de prestigieeux interprètes, qui attirent ainsi l'attention du public sur les oeuvres de ce grand compositeur français. Par ailleurs, au printemps 2004, une journée d'études consacrée «Maurice Emmanuel compositeur» a été organisée à la Sorbonne. De nombreux musicologues et des étudiiants en musicologie y ont pris part devant un auditoire attentif. Il était donc nécessaire de créer une association qui entretînt et développât l'intérêt suscité par ces manifestations. Objectifs de l'association
Membres du bureau : Anne EICHNER-EMMANUEL, présidente ; Sylvie DOUCHE, vice-présidente ; Christophe CORBIER, secrétaire général ; Bernhardt EICHNER, trésorier Association Loi 1901, fondée en mai 2004 - 30 rue
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