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Delibes Léo
1836-1891

Clément Philibert Léo

[catalogue des oeuvres] [bibliographie ] [discographie ]
[livret de Lakmé]

Né à Saint-Germain-du-Val (La Flèche), le 21 février 1836 — mort à Paris, le 16 janvier 1891.

Lorsque son père, employé au service postal meurt en 1847, sa mère, fille d'un chanteur de l'Opéra-Comique, s'installe à Paris. Il apprend la musique auprès de sa mère et de son oncle, Édouard Batiste, organiste à Saint-Eustache de Paris, et professeur de chant au Conservatoire.

Il entre au Conservatoire de Paris dans la classe de Tariot et obtient un second prix de solfège en 1849 et le premier prix en 1850. Par la suite il suit la classe d'orgue de François Benoist et celle de composition d'Adolphe Adam, celle de Felix Le Couppey et de François Bazin.

Il est choriste à l'église Saint-Marie-Madeleine, et participe au chœur des garçons lors de la création du Prophète de Meyerbeer, le11 avril 1849. En 1853, il est organiste à Saint-Pierre-de-Chaillot (il reste organiste d'église jusqu'en 1871) ; il est accompagnateur au théâtre Lyrique. La même année, Adolphe Adam lui obtient le poste de répétiteur adjoint au Théâtre Lyrique.

En 1856, sa première opérette bouffe, Deux sous de charbon, une asphyxie lyrique est créée aux « Folies-Nouvelle », établissement dirigé par Hervé. Cette œuvre apparaît à l'affiche 14 années de suite. Sa seconde oeuvre, Deux Vieilles gardes est créée avec un grand succès aux Bouffes Parisiens, le théâtre d'Offenbach..

Vers 1858, il écrit des critiques pour le journal « Le Gaulois » sous le pseudonyme d'Éloi Delbès.

De 1862 à 1871, il est organiste à Saint-François-Saint-Jean

En 1863 il crée au théâtre Lyrique Le Jardinier et son seigneur, un opéra comique, et comme chef de chœur, travaille sur le Faust de Gounod (dont il arrange les parties vocales), Les pêcheurs de perles, de Bizet et Les Troyens, de Berlioz.

De 1865 à 1872 il est accompagnateur, et obtient en 1865, le poste de deuxième chef de choeur à l'Opéra de Paris (sous la direction de Victor Massé).

Il compose son premier ballet en 1866, La Source, en collaboration avec Louis Minkus.

En 1868, il reçoit la médaille d'or de la ville de Paris, pour ses choeurs, En avant, et C'est Dieu

En 1869, il crée sa dernière opérette, La cour du roi Pétaud, au théâtre des Variétés.

Le 2 mai 1870, il crée le ballet qui lui assure la célébrité, Coppélia, ou La Fille aux yeux d'émail, d'après E. T. A. Hoffmann. Il marque avec cette œuvre le début de ce qu'on nomme le « ballet symphonique », c'est à dire que tout en suivant l'argument, la musique est également pensée pour le concert.

1870.

En 1871, il quitte ses emplois d'organiste, et ceux de l'Opéra. Il se marie avec Léontine Estelle Denain. Il se consacre entièrement à la composition.

En 1873 il compose un opéra-Comique Le roi l'a dit, comédie datant de l'époque de Louis XIV ; en 1876 il compose son second grand ballet, Sylvia sur un sujet mythologique ; il crée en 1880, à l'Opéra, Jean de Nivelle.

En 1881 il est nommé professeur de composition au Conservatoire en succession à Reber.

En 1882, il compose 6 pièces pour Le roi s'amuse, de Victor Hugo, et se rend à Bayreuth.

Son opéra Lakmé, est créé à L'Opéra de Paris, le 14 avril 1883.

Il est élu à l'Institut en 1884.

Documents

VUILLERMOZ ÉMILE, Histoire de la musique. Fayard, Paris 1949 (8e édition), p; 289-292

Né à Saint-Germain-du-Val, non loin de La Flèche, Clément- Philibert- Léo Delibes, petit-fils du célèbre baryton Batiste et neveu de l'organiste Edouard Batiste qui fut professeur au Conservatoire, vint de bonne heure à Paris pour se préparer à la carrière musicale. Élève de Bazin, d'Adam, de Benoist et de Le Couppey, il gagna courageusement sa vie comme accompagnateur, organiste de Saint-Jean-Saint-François et professeur de piano et aborda le théâtre en écrivant une série de petites opérettes pour les Folies-Nouvelles, les Bouffes-Parisiens, les Variétés et le Théâtre Lyrique. Offenbach, qui avait immédiatement compris ce qu'on pouvait attendre de ce jeune débutant, multiplia les commandes et l'on vit paraître successivement ces joyeuses fantaisies qui s'appellent Deux sous de charbon, les Deux vieilles Gardes, Six Demoiselles à marier, l'Omelette à la Follembuche, Monsieur de Bonne-Étoile, les Musiciens de l'orchestre, Mon ami Pierrot, le Serpent à plumes, le Bœuf Apis, l'Écossais de Chatou, la Cour du Roi Pétaud, la Fille du golfe ainsi que des opéras-comiques d'une tenue plus sérieuse, comme Monsieur Griffard et le Jardinier et son seigneur.

Son emploi de chef des chœurs à l'Opéra lui donna l'occasion de composer une partie de la musique d'un ballet intitulé la Source. On lui en avait confié le deuxième et le troisième acte, le premier et le quatrième étant écrits par le compositeur austro-russe Minkous. Cette expérience fut démonstrative : les deux tableaux dus à la plume de Delibes écrasèrent ceux de son co-équipier. Son succès fut tel que, dès l'année suivante, on lui demandait d'écrire un divertissement pour la reprise du Corsaire de son maître Adolphe Adam : et ce fut le fameux « Pas des fleurs » qui fait encore partie du répertoire de nos orchestres de genre.

Trois ans s'écoulent et voici Coppélia ou la Fille aux yeux d'émail qui accompagne, à l'Opéra, une reprise du Freischutz. Nous sommes en 1870 : Edouard Lalo ne composera sa Namouna que douze ans plus tard. Delibes a donc créé de toutes pièces un genre nouveau, le ballet symphonique, le ballet dont la partition présente un intérêt musical constant et possède un équilibre parfaitement indépendant de l'anecdote et de la chorégraphie, le ballet dont la partition peut passer sans dommage du théâtre au concert. Jusqu'alors la musique de ballet n'était qu'un humble accessoire rythmique du spectacle de danse : Coppélia, tout en suivant minutieusement la pantomime et la composition chorégraphique, impose la pensée du musicien et donne une unité parfaite à l'action. L'innovation est capitale. Elle rayonnera sur toute l'Europe et orientera toute la production de Tchaïkowsky dont le Lac des Cygnes n'apparaîtra que six ans plus tard, suivi par la Belle au Bois Dormant et Casse-Noisette. Dans l'intervalle avait paru Sylvia ou la Nymphe de Diane qui achevait de consacrer la maîtrise et les droits d'antériorité du musicien français dans un genre où son adresse et sa souplesse n'ont jamais été dépassées. Il devait nous donner encore six Airs de danse dans le style ancien, d'une facture élégante et délicate pour le Roi s'amuse de Victor Hugo.

Après avoir triomphé dans l'opérette et le ballet, Léo Delibes, qui va occuper une chaire de composition au Conservatoire et le fauteuil de Reber à l'Institut, aborde le théâtre lyrique avec un petit chef-d'œuvre de grâce et d'esprit, Le Roi l'a dit, qu'il est scandaleux de voir exclu du répertoire de l'Opéra-Comique, puis avec Jean de Nivelle et, enfin, avec Lakmé qui n'a jamais abandonné l'affiche depuis sa création et constitue comme Manon, Carmen, Werther, la Bohème et la Tosca le pain hebdomadaire des directeurs de la salle Favart. La cantate Alger, la scène lyrique la Mort d'Orphée, l'opéra inachevé Kassya, terminé par Massenet, de nombreux chœurs, une Messe et de charmantes mélodies, achèvent de situer ce musicien de race qu'une mort subite frappa en pleine force mais qui joua dans l'histoire de la musique française un rôle dont l'importance n'a pas encore été reconnue.

Les critiques musicaux admettent volontiers l'intérêt que présentent dans l'évolution du spectacle de danse les partitions de Coppélia et de Sylvia, mais se montrent, en général, protecteurs ou dédaigneux dès qu'ils parlent de celle de Lakmé qui leur est infiniment supérieure. Rien n'est plus injuste. Le succès populaire de cet ouvrage les empêche d'observer la distinction aristocratique de son écriture harmonique, l'audace de ses enchaînements d'accords et de ses modulations, la virtuosité, de son orchestration qui sont d'un véritable précurseur. Écrite en 1883, cette musique devance les plus raffinés de nos stylistes. Sans les trouvailles exquises d'un Delibes il manquerait un maillon essentiel dans la chaîne qui relie Gounod à Fauré. Personne n'écrivait alors avec cette élégance et cette originalité. L'étude attentive de la partition de Lakmé est un enchantement pour les gourmets de l'harmonie, et des maîtres comme Fauré, Debussy et Ravel ont toujours proclamé leur admiration pour la finesse d'oreille de Delibes et l'importance de son apport dans le langage musical de son temps.

Catalogue des oeuvres

Bibliographie

Discographie

Lakmé
Opéra en trois actes
Livret d'Édmond Condinet & Philippe Gille
Choeurs et orchestre du théâtre National de l'Opéra -Comique
Alain Lombard dir.
Mady Mesplé - Charles Burles - Roger Soyer – EMI 7494312, 1971 ( 2 v.)
Disque 1. Prélude - A l'heure accoutumée - Prière- Blanche Dourga - Scène- Lakmé, c'est toi qui nous protèges! - Duetto : Viens, Mallika - Scène : Miss Rose, Miss Ellen - Quintette & Couplets : Quand une femme est si jolie - Récit - Nous commettons un sacrilège -  Air : Prendre le dessin d'un bijou - Scène - C'est elle... les mains pleines de fleurs - Récit & Strophes - Les fleurs me paraissent plus belles - Récit - Ah! Mallika! Mallika! - Duo : D'où viens-tu ? Que veux-tu ? - Scène - Viens! lá! lá! - Entracte - Choeur & Scène du Marché- Allons, avant que midi sonne - Récit - Moi, j'adore ce tapage! - Airs de Danse - Introduction - Teràna - Rektah - Persian - Coda - Sortie - Récit: Voyez donc ce vieillard - Scène & Stances - C'est un pauvre qui mendie.. Lakmé ton doux regard se voile - Disque 2 : Récit- Ah! c'est de ta douleur - Scène & Lègende de la Fille du Paria (Air des Clochettes) Les Dieux inspirés - Scène- La rage me dévore - Scène des Conjurés - Au milieu des chants d'allégresse - Récit - Le maître ne pense qu'à sa vengeance - Duo - Lakmé! Lakmé! - Final : Dourga, entends nos voix - Entracte - Berceuse - Sous le ciel tout étoilé - Récit - Quel vague souvenir alourdit ma pensée - Cantilène - Ah! viens, dans la forêt profonde - Scène & Choeur - Là, je pourrai t'entendre - Descendons doucement - Scène - Vivant! - Duo - Ils allaient deux à deux - Final : C'est lui! C'est lui!

Lakmé
Opéra en trois actes
Livret d'Édmond Condinet & Philippe Gille
Choeur et orchestre du Capitolme de Toulouse
Michel Plasson dir.
Natalie Dessay - Gregory Konde - Jose Van Dam - Delphine Haidan - Franck Leguérinel - Patricia Petibon - Xenia Konsek - Bernadette Antoine - Charles Burles –   EMI 565669 (2 volumes)
Disque 1. Prélude - n° 1 introduction - A l'heure accoutumée - Prière- Blanche Dourga. - n° 1 bis Scène - Lakmé, c'est toi qui nous protèges! - no 2 Duetto : Viens, Mallika - Scène : Miss Rose, Miss Ellen - n° 3 Quintette & Couplets : Quand une femme est si jolie -  Récit - Nous commettons un sacrilège - n° 4 bis Air : Prendre le dessin d'un bijou. - n° 4 bis  Scène - C'est elle... les mains pleines de fleurs - n° 5 Récit & Strophes - Les fleurs me paraissent plus belles  - n° 5 bis Récit - Ah! Mallika! Mallika! - n° 6 Duo : D'où viens-tu ? Que veux-tu ? - n° 6 bis Scène - Viens! lá! lá! - Entracte - n° 7 Choeur & Scène du Marché- Allons, avant que midi sonne.. - n° 7 bois Récit - Moi, j'adore ce tapage! - n° 8 Airs de Danse - Introduction - Terâna - Rektah -  - Persian - Coda - Sortie - Récit: Voyez donc ce vieillard - n° 9 Scène & Stances - C'est un pauvre qui mendie.. Lakmé ton doux regard se voile - Disque 2 : N°9 bis - Récitatif, Ah, c'est de la douleur - N°10 - Scène & légende de la fille du Paria (air des clochettes) - N°11 - Scène, la rage me dévore - N°12 - Scène & chæur, Au milieu des chants - N°12 bis - Récitatif, Le maître ne pense qu'à sa vengeance - N°13 - Duo, Lakmé ! Lakmé ! - N°14 - Finale, O Dourga, toi qui renais - Entr'acte - N°15 - Berceuse, sous le ciel tout étoilé - N°15 bis - Récitatif, quel vague souvenir - N°16  Cantilène, Lakmé ! Lakmé ! Ah vien dans la forêt profonde - N°17 - Scène & choeur, Là je pourrais t'entendre - N°18 - Scène, Vivant ! - N°19 - Duo, Ils allaient deux à deux - N°20 - Finale, c'est lui

Coppélia
Avec Jules Massenet , Le Carillon
Orchestre de la Suisse romande
Richard Bonynge, dir.
enregitré en 1969 (Coppélia) et 1983 (Le Carillon) — BIEM/Stemra 425 473(2 v.)
Volume I. Acte 1 : Prélude et Mazurka - Valse Lente - scene - Mazurka - scene - Ballad of the  Ear-of-Corn - Theme slave varie - ungarian Dance, Sortie - Finale - Entr'acte et valse. Acte 2 : 11. scene -   12. scene - 13. Musique des automates - 14. scene - 15. Chanson à boire - 16. Valse de la poupée - 17. scene - 18. Boléro -  19. Gigue -  20. Finale -Volume II.  Acte 3 : Marche; Divertissement - La Cloche - Valse des heures - L'Aurore - La Prière - La Travail - Noces villageoises - La Discorde et la guerre - La Paix - Danse de fête - Galop Final - Massenet, Le Carillon. 01. scene - 02. Dialogue sentimenal - 03. Danse flamande

  Jean-Marc Warszawski
Page révisée le 13 janvier 2005
Page révisée le 20 août 2007
Page révisée le 22 juin 2008
12 mars 2009

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Vendredi 23 Mars, 2018