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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte —— La musique instrumentale de Beethoven à Schubert.

La musique instrumentale de Hyacinthe Jadin (1776-1800)

Puisque, chez les Jadin, la musique était une affaire de famille, il faudrait citer également l’aîné des deux frères, Louis-Emmanuel (1768-1853), qui fut un compositeur prolifique et fort estimable : certaines de ses œuvres, comme le quatuor no 2 en fa mineur, sont encore là pour en témoigner.

C’est cependant Hyacinthe qui, de loin, appelle le plus l’attention. Emporté à vingt-quatre ans par la tuberculose, ce brillant pianiste, qui, dès l’âge de dix-neuf ans, fut nommé professeur au tout nouveau Conservatoire de Paris, n’eut pas le temps de produire beaucoup : quelques concertos pour piano, des œuvres de chambre : trios et quatuors à cordes,

Hyacinthe Jadin, Trio à cordes opus 2, no1, en mi bémol majeur, I. Allegro moderato, par Ensemble Les Adieux.

 

Hyacinthe Jadin, Quatuor à cordes en ut majeur, Hyacinthe Jadin, Quatuor à cordes en ut majeur, opus 3, no 1, par Quatuor Mosaïques 3, no 1, par Quatuor Mosaïques

sonates pour violon et piano, et un nombre limité d’œuvres pour piano : neuf sonates divisées en trois recueils, un pot-pourri et un grand duo à quatre mains.

C’est dans cette musique de piano (et dans quelques-uns de ses quatuors) que se manifeste le mieux le tempérament assez singulier de ce musicien à la sensibilité « à fleur de peau », capable parfois d’une telle profondeur qu’avec Guy Sacre, on serait presque tenté d’en faire un (petit) Schubert français. Toutes conçues en trois mouvements, ses Sonates affectionnent les tonalités mineures et avec leurs humeurs changeantes, leurs passages tourmentés, leurs modulations expressives et leurs élans passionnés, véhiculent un sentiment étonnamment préromantique.

Des trois opus 4, 5 et 6, qui leur sont consacrés, il y a beaucoup à retenir, mais s’il fallait se limiter à une seule de ces sonates, ce serait certainement l’opus 4 no 2 en fa dièse mineur : c’est « la plus belle des sonates de Jadin. Qui la découvre en demeure longtemps impressionné ; puis s’interroge sur les raisons qui ont pu tenir cachée pareille musique… »1

Hyacinthe Jadin, Sonate pour piano opus 4 no 2 en fa dièse mineur, I. Allegro molto, II. Menuet, trio, Finale, allegro, par Jean-Claude Pennetier, 1986.

 

plumeMichel Rusquet
7 juillet 2020
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Notes

1. Sacre Guy, La Musique de piano, Robert Laffont, Paris 1998, p. 1507.

 


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Lundi 6 Juillet, 2020 23:50