musicologie

11 février 2020 —— Jean-Marc Warszawski.

Les solistes de l'Orchestre Les Siècles en quintette de cuivres

Les Siècles, Quintette de Cuivres, Fabien Norbert, Emmanuel Alamy, Matthieu Siegrist, Damien Prado, Sylvain Mino, œuvres de Paul Dukas, Claude Debussy, G., Antoine Simon, Victor Ewald. NoMadMusic 2019 (NMM 063).

Enregistré en décembre 2016 à la Maison de la Culture d'Amiens.

Les siècles, parce que ce quintette a vent joue sur des instruments d’époque, un répertoire composé au cours de plusieurs siècles. Pour ce cédé très « 1900 », des instruments manufacturés entre 1837 et 1930. Et bien sûr parce que ces musiciens sont solistes du fameux orchestre Les siècles, créé et dirigé par François-Xavier Roth.

Si le programme prélude et postlude avec des arrangements de la Fanfare pour précéder « La Péri  » de Paul Dukas  et La fille aux cheveux de lin de Claude Debussy, il est par sa conception, de plein air et printanier, pour le kiosque ou le bal, aussi pour faire rêver les amoureux entre valse  et polka, avec une brise venue de Russie, puisque le parisien Antoine Simon s’établit à Moscou, à l’âge de 21 ans, où il compose notamment des ballets pour le théâtre du Bolchoï et pour les cuivres. Sa démarche inspire des Russes de Russie comme Victor Ewald (1860-1935), ingénieur de profession, parallèlement formé au Conservatoire de Moscou, qui s’intéresse au folklore, aux ensembles amateurs et aux cuivres. Quant à G. (3 sérénades), on suppose qu’il s’agit de Louis Girard qui fut professeur d’harmonie et compositeur.

Donc un programme printanier, léger, parfois mélodramatique, mais on n’y croit à peine à la grosse voix,  flonflons dansants, appels guerriers. Les cuivres sont marqués par l’armée, impossible de passer outre la références. En paix ce sont les parades et les divertissements dans les kiosques du dimanche après-midi que Goethe appréciait, la guerre c’est la gloire et la mort, la marche victorieuse et la marche funèbre. La trompette est par ailleurs l’instrument du clown triste et de l’immortelle Gelsomina dans la Strada. Parmi ces pièces, la tendresse ne manque pas, voire le pathos qui touche, comme dans le quintette d’Ewald ou l’Andante con espressione de G.  Les instruments d’époque qui ne vibrent pas avec la souplesse, l’éclat et la brillance des nouveaux en rajoutent ainsi au caractère sépia un peu nostalgique un peu surréaliste. Et bien sûr les somptueuses harmonies et résonances dont seuls les cuivres sont capables.

Au souffle et aux pistons, passéiste, classique, jazzman, Fabien Norbert (trompette, cornet), son compère Emmanuel Alemany (trompette, cornet), sorti des conservatoires nationaux supérieurs de Lyon et de Paris, aux Siècles, mais aussi à l’orchestre de chambre de Génève, Matthieu Siegrist (cor), Damien Prado (trombone), Sylvain Mino, passé également par le Conservatoire national supérieur de Lyon, puis par des musiques militaires,  manie les gros calibres : tuba, ophicléide, saxhorn.

 

 Jean-Marc Warszawski
11 février 2020

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