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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte : la musique instrumentale en Allemagne de Beethoven à Schubert.

Variations pour piano et divers instruments de Ludwig van Beethoven

La musique de chambre de Ludwig van Beethoven.

Connaissant le penchant de Beethoven pour l’art de varier un thème, on ne s’étonnera pas qu’il ait livré quelques cahiers de variations associant le piano et un ou deux autres instruments. Mais, en général, il ne faut pas s’attendre à trouver de réalisations majeures dans des partitions qui sont avant tout des exercices ou des œuvres de circonstance. C’est notamment le cas des douze variations sur l’air « Se vuol ballare » des Noces de Figaro de Mozart (WoO 40), écrites pour violon et piano, et dans une large mesure, de trois séries destinées au violoncelle et au piano : les douze variations sur un thème de Judas Macchabée de Haendel (WoO 45), les sept variations sur le duo « Bei Männern, welche Liebe fühlen » de La Flûte enchantée de Mozart (WoO 46), et même si celles-ci ont eu droit à un numéro d’opus,  les douze variations sur « Ein Mädchen oder Weibchen » de la même Flûte enchantée (opus 66).

L’intérêt s’élève avec les deux séries de variations écrites pour violon, violoncelle et piano. Ce sont d’abord les quatorze variations sur un thème original (opus 44), où se manifeste notamment une grande fantaisie des figurations et des échanges entre instruments. Ce sont surtout les fameuses dix variations sur « Ich bin der Schneider Kakadu » de Müller (opus 121a). Il est vrai que, contrairement aux autres séries évoquées qui, toutes, relèvent de la « première manière » du compositeur, ces dix variations d’une forte originalité font figure d’œuvre de haute maturité puisqu’elles furent vraisemblablement écrites en 1815-1816. « Un puissant adagio assai, dans lequel on entend le « motif » conducteur, introduit l’énoncé mélodique. Celui-ci se prête à dix variations unies en un ensemble solidement construit, avec ses jeux contrapuntiques plaisants et ses variations de couleurs instrumentales subtiles et variées. Tantôt le clavier tient une partie soliste, tantôt violon et violoncelle chantent en duo à l’exclusion du piano, et tantôt ils évoluent solitaires sur accompagnement agissant du clavier. Doit se remarquer en particulier la neuvième variation (adagio espressivo), qui aborde la tonalité de sol mineur, déjà perçue dans l’Adagio introductif ; le thème y trouve une formulation particulièrement chaleureuse, émouvante. »195

Ludwig Beethoven, Variations pour piano, violon et violoncelle, opus 44, sur la mélodie « Ja, ich muss von ihr scheiden », extraite de Das rote Käppchen, Singspiel de Karl Ditters von Dittersdorf, par le Beaux Arts Trio.

 

Ludwig van Beethoven, Variations en sol majeur opus 121a, « Kakadu »,sur l'air « Ich bin der Schneider Kakadu » de l'opéra Die Schwestern von Prag de Wenzel Müller, par Eugene Istomin, Isaac Stern et Leonard Rose.

En marge de ces divers cahiers, mentionnons pour son charme subtil une partition tardive (1817 ou 1818) mais d’ambition très modeste : les Dix thèmes et variations sur des airs nationaux pour flûte (ou violon) et piano (opus 107), inspirés par des chants populaires du Tyrol, de Russie et d’Ecosse, série à laquelle on peut rattacher un autre cahier (opus 105) réunissant six Thèmes et variations similaires.

 

plumeMichel Rusquet
6 décembre 2019

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Notes

195. Tranchefort François-René, Guide de la musique de chambre, Fayard, Paris 1998, p. 110.


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